ALEAS réemploie 100 personnes grâce au réemploi


Les structures de l'économie sociale et solidaire sont à l’honneur ce mois-ci. En Haute-Vienne, l’association A.L.E.A.S. a été pionnière en commençant son activité dès 1981, et n'est pas prête de s’essouffler.

2 employés à l'atelier boisCorinne Merigaud | Aqui

Quatre personnes sont employées à l'atelier bois mis en place depuis un an et demi.

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Publication PUBLIÉ LE 24/11/2022 PAR Corinne Merigaud

L’Association limousine emplois activités services a le vent en poupe, boostée par la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire du 10 février 2020. Les structures oeuvrant dans l’ESS peuvent bénéficier de fonds. D’autre part, les collectivités territoriales ont obligation d’acquérir, dans le cadre de leurs appels d’offres, des biens issus du réemploi ou de la réutilisation comprenant un certain pourcentage de matières recyclées (décret du 9 mars 2021). De plus, elles doivent réduire la part des déchets destinés à l’enfouissement ou à l’incinération, la préservation des ressources de la planète étant l’un des enjeux. Des réglementations qui dynamisent les structures de l’économie circulaire comme A.L.E.A.S.

Fondée en 1981 par des travailleurs sociaux, elle favorise le retour à l’emploi de publics en difficulté d’insertion. En quatre décennies, elle a multiplié les initiatives pour atteindre cet objectif. Au point qu’aujourd’hui, elle s’appuie sur deux dépôts vente, trois ressourceries et trois friperies à Limoges et Saint-Junien, la première datant de 2005, pour remettre en selle des publics éloignés de l’emploi. « La seconde vie de l’objet et le réemploi sont au coeur de nos activités remarque Stéphane Gourier, le directeur, l’association est conventionnée par l’État et propose une insertion par l’activité économique et un accompagnement socio-professionnel. »

« L’activité de l’atelier bois monte en puissance »

L’association, forte de 39 permanents, emploie une centaine de personnes par an généralement sous contrat de 24 h (jusqu’à 30 h) dans le cadre de chantiers d’insertion. Depuis trois ans, une entreprise d’insertion spécialisée dans l’éco-rénovation a même été créée. « A partir de matériaux écologiques, les personnes fabriquent des isolants biosourcés. Ils réemploient aussi des matériaux de déconstruction et fabriquent des objets pour l’agencement.»

L’association ne manque pas d’idées pour réutiliser des objets dont personne ne veut comme les armoires et buffets de nos grands-mères. Après démontage, le bois est récupéré et 4 employés les transforment en mange-debout, têtes de lit, portails, distributeurs de gel hydroalcoolique, boîtes à livres, guichets, etc. « Nous avons démarré l’atelier bois depuis un an et demi en investissant 25.000 € grâce à France Relance, une scie à format, une raboteuse, une dégauchisseuse et une ponceuse, détaille-t-il. Les deux encadrants ont mis en place des tâches simplifiées, faciles à exécuter par des gens non qualifiés. L’activité monte en puissance avec des commandes pour des collectivités ou particuliers. » En fonction de leur projet professionnel, des salariés pourront se former à la menuiserie à l’AFPA ou chez les Compagnons.

Stéphane Gourier, directeur de l’association, déborde de projets.

640 tonnes collectées en 2021

Un espace matériaux de construction a aussi été aménagé à « La Troc » en zone nord pour commercialiser des produits neufs et occasion issus du second œuvre : carrelage, bloc-portes, sanitaires… « Cela devrait se développer en 2023 ou 2024 mais pas à Limoges, faute de place pour faire un petit Castorama annonce-t-il. Le déchet est devenu une ressource. Nous allons collecter d’autres matériaux, pourquoi pas le plastique, et les transformer ce qui créera de nouveaux métiers. Seules les structures d’insertion et d’économie circulaire peuvent faire cela, soutenues par un marché porteur. »

Quelque 640 tonnes d’objets ont été collectées l’an dernier grâce aux apports volontaires ainsi que dans les déchetteries. Des bennes réemploi sont mises à disposition par Limoges Métropole et le Syded. En outre, des employés sensibilisent le public au réemploi pour donner une seconde vie à des objets qu’ils voulaient jeter. « Nous avions détourné 300 tonnes en 2020 et on attend 700 à 800 tonnes cette année estime-t-il, à cela, il faut ajouter les objets apportés dans nos dépôts-vente. » Une filière d’avenir qui semble loin d’avoir atteint sa vitesse de croisière.

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