Le melon du Haut-Poitou : début de récolte d’un produit


Les premiers melons du Haut-Poitou viennent d'être récoltés. L'occasion de découvrir cette IGP incontournable de nos étés. Il y en aura jusqu'à début octobre.

De fin juin à début octobre, c'est la pleine saison pour les melons du Haut-Poitou. Ils ont obtenu leur IGP en 1998Syndicat des producteurs de melons du Haut-Poitou et Aqui.fr
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Publication PUBLIÉ LE 29/06/2022 PAR Julien PRIVAT

Ça sent déjà l’été. Les premiers melons du Haut-Poitou pointent déjà le bout de leur nez. Cette année, les producteurs espèrent récolter de gros volumes, car l’an passé le melon a subi quelques déconvenues. Notamment à cause d’un champignon et du mauvais temps qui étaient au rendez-vous. 

Le Melon dans le Haut-Poitou, c’est une longue histoire. Les premières cultures, dans cette région-là, remontent à 1856. Un jardinier de l’époque eu l’idée saugrenue de cultiver le melon en pleine terre. Retour en 2022, aujourd’hui, le melon du Haut-Poitou, ce sont 12 producteurs répartis sur 4 départements (le Maine-et-Loire, l’Indre-et-Loire, les Deux-Sèvres et la Vienne). 

Les premiers melons du Haut-Poitou ont pointé le bout de leur nez.Syndicat des producteurs de melons du Haut-Poitou et Aqui.fr

Les premiers melons du Haut-Poitou ont pointé le bout de leur nez.

Le tout sur 1 250 hectares de production pour 25 000 tonnes de melon – c’est l’objectif pour la récolte 2022. « 2022 se présente mieux que 2021. Nous avons été tracassés par le temps avec peu de pluie et un peu de sécheresse. Mais heureusement que des gouttes sont tombées la semaine passée. La mise en place est correcte. Les dernières plantations vont avoir lieu début juillet. Cette année s’annonce donc précoce et qualitative », explique, tout sourire, Julien Godet, producteur du Prieuré de la Dive à Cizay-la-Madeleine (Maine-et-Loire), président du Syndicat des producteurs de melons du Haut-Poitou.

25 variétés de melon

Ce cucurbitacée, star de nos étés, évolue et se développe particulièrement bien dans les sols argilo-calcaires du Poitou. « Cette terre est bénéfique aux 25 variétés de melons qui poussent sur toute la zone », indique Camille Raimbault, Animatrice Responsable Qualité au Syndicat des producteurs de melons du Haut-Poitou. Tout commence par le semi des graines sous serre. Elles lèvent rapidement en quelques jours. Au bout de 15 jours à 3 semaines, elles deviennent des plants qui sont semés dans les champs d’avril à début juillet. « Il faut 90 jours pour qu’ils arrivent ensuite à maturité », poursuit Camille Raimbault. La robe des melons s’éclaircit et la naissance du pédoncule est légèrement craquelée. Ces derniers sont cueillis à la fraîche, le matin. Une option qui permet de garantir une meilleure conservation. Puis ce qu’on retient surtout de ce fruit : sa chair ferme, orangée, juteuse, chargée d’arômes. Un fruit sucré et parfumé qui ravit les fins gourmets. 

La récolte du melon du Haut-Poitou se déroule de fin juin à début octobre. Le melon du Haut-Poitou permet environ 2000 emplois directsSyndicat des producteurs de melons du Haut-Poitou et Aqui.fr

La récolte du melon du Haut-Poitou se déroule de fin juin à début octobre. Le melon du Haut-Poitou permet environ 2000 emplois directs

Le melon du Haut-Poitou a lancé sa saison jeudi dernier. Une soirée dans un cadre idyllique, l’abbaye du pin à Béruges (à l’Ouest de Poitiers). L’occasion de faire un point sur l’année écoulée, de goûter le melon fraîchement ramassé et de découvrir des produits de notre région, la Nouvelle-Aquitaine. « Depuis 3 ans, nous avons eu l’idée en association avec l’AANA (NDLR : Agence de l’Alimentation Nouvelle-Aquitaine) de mettre à l’honneur d’autres produits régionaux sous Siqo (NDLR : signes officiels de la qualité et de l’origine) », précise l’animatrice du Syndicat des producteurs de melons du Haut-Poitou. En 2019, c’était le beurre AOP Charentes-Poitou qui était mis en avant. Cette fois-ci, c’est un produit qui se marie bien avec le melon : le jambon de Bayonne. « Le mélange jambon et melon s’est fait naturellement, sourit Julien Godet. C’est évident dans l’esprit des consommateurs. C’est pour cela que nous avons proposé à des producteurs d’être présents à notre soirée de lancement de campagne ».  

Le jambon de Bayonne, c’est aussi du Poitou

Le jambon de Bayonne est d’ailleurs produit dans la Vienne. Un quart des porcs qui servent à faire ce jambon où la salaison de 9 à 12 mois se fait du côté de Bayonne, est originaire de l’ex région Poitou-Charentes. Parmi les producteurs, Yves Debien. Il est installé à Sèvres-Anxaumont. « On travaille beaucoup sur la qualité de notre jambon. Sur mon exploitation, 95% de la nourriture est produite sur place. On fait attention au bien-être animal. On n’utilise pas d’antibiotique ». Avec trois producteurs de la Vienne, ils ont été intronisés par l’Académie des maîtres du melon du Haut-Poitou. Ces derniers s’engagent donc à promouvoir le melon du Haut-Poitou. « Sans oublier le jambon de Bayonne », sourit Yves Debien. 

Le jambon de Bayonne était invité au lancement de la campagne du syndicat des producteurs de melons du Haut-PoitouSyndicat des producteurs de melons du Haut-Poitou et Aqui.fr

Le jambon de Bayonne était invité au lancement de la campagne du syndicat des producteurs de melons du Haut-Poitou

Le melon du Haut-Poitou est le premier à avoir obtenu son IGP (indication géographie protégée) en 1998. En France, il y a seulement deux autres melons sous IGP : celui du Quercy et de la Guadeloupe. « Le melon de Cavaillon est très connu. Cependant, il n’est pas sous IGP », confie Camille.  La filière est tout de même en train de s’organiser pour tenter d’obtenir ce précieux label. En attendant, le Haut-Poitou profite de cette reconnaissance. Chaque année, ce sont 25 000 tonnes produites. De quoi se régaler, avec ce fruit estival par excellence.  

Une année encore avec du plastique… 

Le syndicat du melon du Haut-Poitou s’est emparé au début de l’année 2022 d’une problématique. Avec la loi AGEC (Anti-gaspillage pour une économie circulaire), la fin des emballages plastiques était normalement programmée. Malheureusement, l’année passée fut un calvaire pour les producteurs qui n’ont pas écoulé la production escomptée. Ils se sont donc retrouvés avec des restes d’emballages plastiques. « Grâce à l’appui des députés de la Vienne, Sacha Houlié, Françoise Ballet-Blu et Nicolas Turquois, nous avons pu rencontrer la ministre de la transition énergétique, Barbara Pompili. Nous avons donc le droit d’utiliser les vieux rouleaux, sans en imprimer de nouveaux, et jeter les anciens. On a fait preuve de bon sens », commente Julien Godet, le président du syndicat.  Vous verrez donc pour la dernière année, du plastique sur le melon du Haut-Poitou. 

Sur le petit écran et à la radio, vous risquez d’entendre parler du melon du Haut-Poitou. Des spots publicitaires sont programmés. De quoi nous donner envie sans doute de déguster un melon de notre région. La saison s’annonce sous les meilleurs hospices pour les producteurs. « J’espère que nous allons réaliser une bonne saison. Nous avons besoin que 2022 soit réussie, aussi bien sur le plan moral que financier », conclut Julien Godet. Les derniers melons sont disponibles jusqu’à fin septembre, voire début octobre. A ce moment-là, le melon du Haut-Poitou participera  au Salon Fruit Attraction à Madrid, pour conquérir sans doute un peu l’Espagne, histoire de défier les melons ibériques qui envahissent parfois un peu trop les étals de nos supermarchés à l’heure des circuits courts.

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