Le taux du livret A suscite une attention croissante au sein de l’épargne populaire française. Depuis plusieurs mois, une décollecte record vient renforcer les débats sur son attractivité, alors que le contexte macroéconomique met en lumière des alternatives plus performantes telles que l’assurance-vie ou certains placements structurés. Le scénario d’une baisse du taux début 2026 s’inscrit ainsi dans un paysage où l’inflation faible et la concurrence sur l’épargne deviennent plus marquées.
Évolution récente du taux du livret A et perspectives pour 2026
Depuis février 2023, le taux du livret A a été maintenu à 3 %, puis il a connu une diminution notable pour s’établir à 1,70 %. Cette évolution reflète la conjoncture actuelle, caractérisée par une inflation très faible, évaluée à seulement 0,9 % sur un an selon les données officielles. Selon plusieurs experts, une nouvelle baisse du taux est anticipée dès février 2026, avec un rendement théorique compris entre 1,40 % et 1,50 %.
Les modalités de calcul du rendement du livret A reposent principalement sur l’évolution de l’inflation et des taux interbancaires, qui demeurent stables autour de 1,90 %. L’absence de remontée de l’indice des prix à la consommation explique ce repositionnement. Comme le souligne un analyste de marché : « Il est devenu fréquent de voir un décrochage entre le rendement du livret A et celui d’autres supports face à une inflation faible ».
Pour se tenir informé sur les taux actualisés, notamment ceux du LDDS et du LEP, vous pouvez consulter les prévisions sur les taux d’intérêt applicables aux principaux livrets.
Conséquences directes sur l’épargne des ménages et dynamique de collecte
La perte d’attractivité du taux du livret A entraîne un désintérêt croissant chez les épargnants. Ce phénomène se traduit par une accélération de la décollecte, particulièrement marquée lors des derniers mois de 2025. En octobre 2025, 3,81 milliards d’euros ont été retirés des livrets A, soit l’un des pires résultats depuis la crise financière de 2009.
Ce mouvement s’accompagne d’une réallocation importante de l’épargne des ménages vers des produits jugés plus rémunérateurs. Désormais, de nombreux épargnants privilégient l’assurance-vie, notamment les fonds en euros dont le rendement prévu pour 2025 atteint environ 2,60 %. Il est à noter que cette tendance ne signifie pas une baisse globale de l’épargne, mais bien une modification de la destination des flux financiers.
Facteurs expliquant la décollecte record
Différents éléments expliquent cette décollecte record observée sur le livret A. D’abord, la corrélation entre la baisse du taux et l’inflation faible réduit mécaniquement l’intérêt porté à ce produit. Ensuite, la stabilité des taux interbancaires prive le livret A de tout effet d’aubaine à court terme. Enfin, un climat d’anticipation sur les marchés incite les ménages à rechercher des opportunités de placements plus attractifs.
Un économiste précise : « Le livret A, traditionnel refuge en période de turbulences, souffre aujourd’hui de la comparaison défavorable avec des placements dynamiques. La perception d’une productivité moindre conduit les détenteurs à arbitrer rapidement leurs investissements, ce qui alimente la décollecte record ».
L’évolution de l’épargne populaire
L’analyse des comportements actuels montre que, malgré la désaffection pour le livret A, les ménages continuent d’épargner mais orientent davantage leur argent vers des solutions sécurisées offrant un meilleur rendement, comme l’assurance-vie ou les comptes à terme. Les fonds en euros bénéficient ainsi largement de cette réaffectation.
Toutefois, l’encours du livret A conserve une place significative dans la structure de l’épargne, en raison de sa liquidité immédiate et de la garantie de l’État. Le défi actuel réside dans le maintien de sa compétitivité, face à l’émergence de nouveaux produits d’épargne concurrentiels.
Certaines personnes en situation de précarité financière peuvent aussi se demander s’il est possible de bénéficier simultanément de différentes aides sociales, comme le cumul RSA et AAH.
Rôle du gouvernement et enjeux pour le financement du logement social
Face à cette situation, le ministre de l’Économie dispose de leviers d’action. Il est justifié de rappeler que le gouvernement peut décider de geler le taux du livret A afin d’éviter une perte d’attractivité trop prononcée. Cette mesure vise à préserver l’intérêt général lié au financement du logement social.
L’annonce officielle concernant l’ajustement du taux est attendue pour mi-janvier 2026. Selon un représentant ministériel, « la décision tiendra compte de la nécessité de garantir un équilibre entre pouvoir d’achat des ménages et financement des infrastructures sociales ». À ce stade, aucune orientation définitive n’a été confirmée.
Impact potentiel d’une nouvelle baisse du taux sur le secteur social
Une nouvelle baisse du taux pourrait fragiliser la collecte indispensable à la construction et à la rénovation des logements sociaux, mission historique du livret A. Actuellement, plus de 60 % des encours collectés servent à financer des projets immobiliers à vocation sociale. Un affaiblissement supplémentaire du rendement du livret A risquerait donc de provoquer une raréfaction des ressources et une hausse du coût de financement public.
En revanche, certains acteurs considèrent qu’une gestion pragmatique du taux permettrait de limiter l’érosion sans compromettre les besoins essentiels du secteur social. La question centrale demeure la capacité du gouvernement à éviter un déséquilibre durable dans le circuit de financement de l’habitat populaire.
Comparaison avec d’autres évolutions réglementaires
D’autres pays européens connaissent également des difficultés similaires sur leurs produits d’épargne réglementée. En France, le dialogue constant entre autorités monétaires et partenaires bancaires vise à adapter le dispositif aux mutations économiques, tout en préservant l’essence sociale du livret A.
Les expériences étrangères montrent que la flexibilité dans l’ajustement des taux constitue un levier essentiel pour limiter les effets négatifs d’une baisse du taux et soutenir l’attractivité des placements destinés au grand public.
Panorama comparatif des taux et choix préférés des épargnants
À la lumière des tendances actuelles, les épargnants français orientent davantage leur capital vers les contrats multi-supports et l’assurance-vie, souvent jugés plus rémunérateurs. Ainsi, la hiérarchie des produits favoris évolue rapidement, influencée par les performances passées et celles projetées pour les années à venir.
- Taux du livret A en février 2026 (prévision) : entre 1,40 % et 1,50 %
- Taux interbancaires à 12 mois mi-2025 : environ 1,90 %
- Rendement moyen attendu des fonds en euros en 2025 : 2,60 %
- Inflation annuelle courant 2025 : 0,9 %
- Décollecte record en octobre 2025 : 3,81 milliards d’euros
Les stratégies de diversification de l’épargne des ménages reposent désormais sur la comparaison des différents taux servis, l’évolution constante de la réglementation, et l’accès à un conseil financier personnalisé. Des paramètres tels que la fiscalité ou la durée de blocage jouent aussi un rôle important dans le choix final des investisseurs particuliers.







