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L'ÉDITO

 par Joël AUBERT Joël AUBERT
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17/10/2008

Allez Bernard Laporte! Ressaisissez-vous et allez donc voir “Zizou”

La question n’est pas de chercher, comme le dit Fadela Amara, des « excuses » à des gens qui ne sont, d’ailleurs, pas tous très jeunes mais de réfléchir, avant de décréter. Arrêter un match international dans un stade justement surchauffé, c’est courir le risque de graves incidents et même pire. Les supporteurs viennent là, excités, avec l’espoir suprême de voir les siens terrasser le dragon, « transportés » par une bouffée nationaliste à la mesure d’un passé d’autant moins oublié qu’il est cultivé. Il ne faut pas connaître grand chose au football pour ignorer cette vérité, dont Zinedine Zidane avait tiré son universelle supériorité : le ballon rond, sur tous les stades du monde, est bien plus qu’un jouet, une sorte d’arme que l’on croit pacifique et qui, pourtant, permet de dribbler l’adversaire et de le laisser, interdit, les fesses dans le gazon, tandis que le peuple, en délire, applaudit l’exploit.
Il faut beaucoup d’éducation, et notamment l’apprentissage du respect de l’autre, pour aller au-delà du geste et ne pas s’enflammer. Pourquoi d’ailleurs ne pas demander à un enfant du Maghreb et de France, ce Zizou tant aimé, qui, avec ses mots de tous les jours, est capable de pédagogie, de travailler à ce beau chantier du respect de l’adversaire, lui qui a craqué un jour de finale de Coupe du Monde, sous l’insulte d’un joueur italien ? En attendant, prions Bernard Laporte, s’il est possible qu’il entende ceux qui l’ont vu aboyer, lui le gamin de Gaillac, derrière la mêlée de Bègles, championne de France en 1991, de réfléchir avant de parler. Faire jouer ces matches-là, en province, dites-vous Monsieur le Secrétaire d’Etat ? Sembler donc, en quelque sorte, fuir les travées sulfureuses du Stade de France ? Ce coin du « 93 » qui serait le lieu géométrique de « l’anti-France » ? Une « zone de non droit » comme dirait votre président ? Cette proposition est pire qu’un pis aller; elle est l’expression de ce qu’il y a de plus désolant dans la mentalité française, une manière de faux rebond sur ces terrains de « province » qui sont d’autant plus paisibles (c’est à voir) qu’il est de bon ton, depuis les cercles parisiens, de les évoquer avec ce qu’il faut de condescendance. Vous nous faites penser, vous le gamin de Gaillac, qui aimiez bien mettre le nez dans la « tortue » bèglaise, à l’expression de notre professeur d’humanité qui nous apprenait dans les années 60, non loin du stade Grimonprez de Lille, si chère au LOSC, à bannir ce mot« hideux » de province qui scandalisait André Malraux. Ce mot, source de toutes les vanités du vieil Etat jacobin. Comme s’il fallait toujours, et sans cesse, ressasser les « deux France ».
Allez Bernard ! Remettez le maillot à damiers et demandez plutôt à Zizou de vous donner un coup de main.

Joël Aubert

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