Dermatose : nombreux axes routiers toujours bloqués, on fait le point sur la mobilisation dans le Sud-Ouest ce mercredi 17 décembre

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Ce mercredi 17 décembre 2025, le sud-ouest fait face à une situation exceptionnelle sur ses routes. Depuis plusieurs jours déjà, la mobilisation des agriculteurs s’intensifie contre la gestion de l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Malgré les récentes annonces gouvernementales, la colère des agriculteurs reste vive. Plusieurs axes demeurent totalement bloqués, entraînant d’importantes conséquences pour la circulation régionale et nationale. Les principaux axes concernés, comme l’a64, l’a63, l’a10 et l’a89, subissent encore des barrages massifs et des actions spectaculaires.

Pourquoi la mobilisation autour de la dermatose prend-elle autant d’ampleur ?

Les éleveurs de bovins du sud-ouest affrontent une crise sanitaire inédite depuis la détection de la dermatose nodulaire contagieuse en France. Cette maladie infectieuse, qui touche surtout le bétail, alimente anxiété et frustration chez les exploitants. La région représente un bastion incontournable de l’élevage national, rendant chaque décision prise à Paris particulièrement scrutée sur le terrain.

Malgré le lancement de la campagne de vaccination de 750 000 bovins et l’élargissement de la zone vaccinale à de nouveaux départements, beaucoup jugent ces mesures insuffisantes. Ils dénoncent des délais trop longs et des dispositifs mal adaptés à leurs réalités quotidiennes. Ce sentiment de ne pas être entendus explique largement l’ampleur actuelle de la colère des agriculteurs et la multiplication des blocages routiers stratégiques.

Quelles sont les principales autoroutes bloquées dans le sud-ouest ?

La journée est marquée par une dizaine de points névralgiques où la circulation reste très difficile voire totalement interrompue. Quatre infrastructures majeures sont particulièrement touchées : l’a64 reliant Toulouse à Bayonne, l’a63 vers l’Espagne depuis Bordeaux, l’a10 entre Paris et Bordeaux, et l’a89 entre Lyon et Bordeaux.

Au-delà de ces axes principaux, de nombreuses routes secondaires subissent également des mobilisations ou des filtrages organisés par les syndicats agricoles. Ces actions syndicales persistantes compliquent sérieusement le quotidien de milliers d’usagers, forçant chacun à revoir son itinéraire ou à renoncer aux déplacements. On observe désormais de multiples campements d’éleveurs aux abords des grands pôles routiers.

Comment identifier les zones de circulation perturbée ?

Des panneaux temporaires préviennent les automobilistes en amont des obstacles. Sur certains tronçons, la visibilité immédiate des barrages et des déversements, comme le fumier ou le lisier laissé par les manifestants, rend le passage impossible même pour les véhicules prioritaires. Ces installations entravent non seulement la circulation locale mais impactent aussi le trafic de transit.

Les portails d’informations routières et les radios locales relaient régulièrement les nouvelles zones de congestion, aidant tant bien que mal à contourner les points noirs. Cependant, entre blocages évolutifs et nouveaux barrages improvisés, il demeure difficile de prévoir la durée exacte des embouteillages, ce qui accroît le climat de tension dans toute la région.

Quels types de barrages et actions syndicales sont utilisés ?

Les méthodes de blocage routier varient selon les groupes d’éleveurs. On retrouve fréquemment :

  • des camions stationnés traversant toute la chaussée, formant un verrou total ;
  • des barricades avec bottes de paille ou pneus usagés ;
  • le recours au fumier ou au lisier, utilisé pour marquer la contestation sur l’asphalte ;
  • des feux de palettes installés pour protester visiblement et rappeler les revendications collectives.

Au-delà des routes, certains représentants syndicaux intensifient la pression sur les gares et voies ferrées, provoquant retards et ralentissements notables sur les lignes comme Bordeaux-Marseille ou Toulouse-Narbonne.

Des campements d’éleveurs organisés pour tenir sur la durée

Face à l’absence de réponse jugée satisfaisante par le gouvernement, de nombreux agriculteurs entendent poursuivre leur mobilisation bien au-delà des journées classiques de manifestation. Des campements d’éleveurs émergent dès l’entrée des grands échangeurs, souvent équipés de tentes, braseros et stocks de provisions pour affronter nuits et intempéries.

L’objectif affiché consiste à maintenir la pression sur les pouvoirs publics jusqu’à l’annonce de mesures réellement concrètes. Les échanges entre différentes délégations syndicales alimentent cette stratégie d’endurance et révèlent une organisation logistique solide. Les images de familles d’éleveurs réunies autour de petits foyers témoignent d’une détermination peu commune dans ce type de mobilisation agricole.

Quel impact pour les voyageurs et les habitants du sud-ouest ?

Le quotidien des usagers de la route est profondément bouleversé. Entre accès fermés, déviations multiples et immobilisation forcée sur certains secteurs, chaque trajet devient un défi, qu’il s’agisse de déplacements personnels, professionnels ou scolaires. L’économie locale souffre aussi, bon nombre de commerces rencontrant des difficultés d’approvisionnement ou une chute de fréquentation.

Le fret routier et ferroviaire n’est pas épargné par cette paralysie temporaire. Les perturbations sur les grands axes compliquent la distribution des biens, renforçant indirectement la visibilité du mouvement. Sur place, regroupements spontanés et distributions de tracts accompagnent parfois les bouchons, histoire de sensibiliser davantage les riverains aux revendications des éleveurs de bovins.

Comment les autorités répondent-elles à cette mobilisation persistante ?

Pour l’heure, la seule annonce officielle – la vaccination large des animaux et l’extension de la zone concernée – n’apporte pas de réel apaisement. Du côté préfectoral, une surveillance accrue vise chaque rassemblement, avec une tentative de dialogue permanent pour éviter tout débordement regrettable.

Certains médiateurs instaurent des rondes discrètes afin de rassurer transporteurs et riverains. Cependant, le rapport de force mis en place par les agriculteurs repose sur un soutien massif au sein des filières régionales. Rien n’indique, en ce mercredi soir, une diminution prochaine de la mobilisation ou la levée rapide des autoroutes bloquées.

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