W!fe tend la main aux victimes de violences en milieu rural


L’association W!fe vient en aide aux victimes en milieu rural.

L’association W!fe vient en aide aux victimes en milieu rural.W!fe

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Publication PUBLIÉ LE 07/12/2021 PAR Corinne Merigaud

Pour la première fois sur le département de la Haute-Vienne, une association vient en aide aux victimes de violences conjugales et intrafamiliales en zone rurale. Les bénévoles de W!fe assurent des permanences pour répondre aux appels de détresse de femmes, d’enfants et même d’hommes. L’association dispose depuis un mois de deux logements qu’elle met à disposition des victimes en cas d’urgence, le temps de trouver une solution pérenne.

La parole ne se libère pas facilement pour les victimes de violences conjugales et intrafamiliales lorsqu’elles habitent dans un village ou une petite commune rurale où tout le monde se connaît. Qui prévenir ? A qui se confier ? Depuis le mois de mars, les victimes peuvent contacter l’association W!fe (violences, viol, danger, femmes, enfants) basée à Saint-Léonard de Noblat, la seule reconnue en milieu rural sur le département.L’association écoute les victimes, leur apporte du soutien, les oriente vers des professionnels de santé, du secteur social et de la justice. Elle les accompagne également dans leurs démarches juridiques et administratives pour sortir de l’enfer qu’elles subissent au quotidien, parfois depuis plusieurs années.

Fondatrice de l’association Valérie, travailleur social, a connu cette spirale de la violence jusqu’au coup de trop. « Je suis arrivée avec ma fille dans un logement à Saint-Léonard voilà trois ans sous ordonnance de protection, raconte-t-elle avec pudeur, j’avais poussé la porte de France Victimes 87 en juillet 2018 et Madame Boisseau, la directrice, a su m’écouter. Aujourd’hui, je suis reconnue en tant que victime mais au lieu de rester dans mon rôle de victime, j’ai voulu prendre en compte les difficultés que l’on peut rencontrer en milieu rural. Je suis allée voir les acteurs qui m’ont sauvée pour créer une association en milieu rural où il n’y a rien ».

Les commerçants et artisans de Saint-Léonard ont compris sa démarche et une dizaine se sont portés volontaires pour recueillir la parole des victimes. Ainsi, une victime peut entrer dans un bar, un bureau de tabac, une pharmacie, un magasin de décoration pour se confier. Ces lieux sont en quelque sort des refuges pour donner l’alerte en toute discrétion. « Les commerçants et les artisans sont proches des gens. Souvent, ils les connaissent, bien souligne-t-elle. Pour les victimes, c’est plus facile de se confier en entrant chez un commerçant qui pourra nous prévenir comme ce fut le cas pour deux femmes qui ne connaissaient pas notre association ».

Deux logements pour un accueil d’urgence

Une permanence téléphonique est assurée tous les jours (tél.: 06 28 29 18 20) par la dizaine de bénévoles qui entoure désormais Valérie. Depuis quelques jours, l’association dispose de ses propres bureaux situés 10 rue Pasteur avec un accueil assuré tous les jours et le week-end en cas d’urgence. Soutenue par la Préfecture, elle a également reçu le soutien de nombreux professionnels locaux comme France Victimes 87 et l’association de réadaptation sociale du Limousin. 

Deux logements sont mis à disposition des victimes en cas d’urgenceW!fe

Deux logements sont mis à disposition des victimes en cas d’urgence

Depuis le 1er novembre, les victimes peuvent être prises en charge en urgence grâce à deux logements loués à un propriétaire sensibilisé à cette cause. « Un logement a été occupé deux jours après par une maman et sa fille de trois ans, révèle Valérie, les personnes peuvent y rester trois semaines et c’est renouvelable une fois, le temps de trouver une solution durable ».

Neuf mois après sa création, l’association a pris en charge une quinzaine de personnes, dont trois hommes, puisqu’elle s’adresse aussi à la gent masculine. « Je ne pensais que nous accompagnerions autant de gens confie-t-elle, nous les rassurons, nous leur expliquons les démarches à entreprendre et nous leur conseillons de porter plainte. Ce sera le début de leur parcours judiciaire. Nous les orientons aussi vers les professionnels concernés ».

Une convention sera prochainement signée avec un cabinet médical de Linards, une commune proche où deux victimes se sont déclarées en une semaine. Une sophrologue installée sur place propose également un accompagnement pour préparer les victimes à une audience et les aider dans leur reconstruction. La zone d’intervention de W!fe a tendance à s’élargir au-delà de la communauté de communes de Noblat avec des victimes de violences qui résident à Aureil ou Saint-Vitte-sur-Briance.

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