Bordeaux: Vincent Feltesse ouvre des pistes pour les municipales


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Bordeaux: Vincent Feltesse ouvre des pistes pour les municipales

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Temps de lecture 5 min

Publication PUBLIÉ LE 30/01/2018 PAR Romain Béteille

Chacun son pré carré

Après sa défaite contre Alain Juppé en 2014, Vincent Feltesse avait confirmé catégoriquement qu’il serait « maire de Bordeaux en 2020 ». À l’aube d’une année 2018 qui s’annonce déjà riche pour lui, il est un peu plus mesuré sur la question. Reste que son ambition ne fait aucun doute, la grande inconnue se situant dans la manière dont il va s’y prendre au niveau des alliances  politiques éventuelles. Si Alain Juppé (d’ailleurs toujours pas officiellement candidat à sa propre succession…) a semblé récemment avoir fait le deuil de son parti historique en déclarant ne plus payer ses cotisations, Feltesse s’acquitte toujours des siennes au PS, même s’il se pose encore des questions sur l’avenir de la formation et sur ce qu’elle peut encore bien lui apporter. « J’ai toujours ma carte au PS, on va voir comment les choses évoluent. Je suis dubitatif depuis des années sur l’adaptation de la forme du parti. On ne peut pas me reprocher de ne pas avoir fait bouger le PS ces dernières années. J’ai effectué un cycle complet et je suis dans une période où je regarde un peu ce qui se passe ». L’ancien conseiller de François Hollande n’aura pas que l’actuel maire de Bordeaux comme potentiel adversaire, les responsables girondins d’En Marche ayant récemment présenté une « feuille de route 2018″ dans la même perspective (mais aussi celle de la Grande Marche pour l’Europe » en mars). Mais pour l’heure, « pour remporter la bataille politique, il faut remporter la bataille des idées ».

Juppé a son « Bordeaux 2015 », Vincent Feltesse a depuis juillet 2015 l’association BMQ (Bordeaux Métropole des Quartiers) composée d’environ deux cent adhérents qui planchent à raison d’une réunion mensuelle, sur les grandes propositions à sortir lors d’un éventuel programme dans les deux années à venir. Pour l’aider dans son ordre de marche, le socialiste a aussi « Cogîtons Bordeaux », une grande rencontre publique organisée en octobre dernier et « pas qu’avec des gens de gauche » pour réfléchir au Bordeaux de demain. Cette manifestation va d’ailleurs bénéficier d’une seconde édition à Pâques autour des « solutions » à envisager pour le futur de l’agglomération. Une mise en lumière qui s’accélère pour Vincent Feltesse, ce que ce dernier justifie pleinement. « Notre sentiment, malgré le fait que les élections ne soient pas encore pour tout de suite, c’est qu’il y a besoin qu’on se remette à réfléchir sur la suite. Si la « métropole millionnaire » paraît être rentrée un peu dans les cartons, la « décennie bordelaise » est plus que jamais éclairée dans la vitrine. « Bordeaux cartonne, c’est une ville en pointe au niveau national, on a le sentiment que c’est vraiment « the place to be ». La question, c’est comment on passe d’une décennie à l’autre ? ». Si la réponse ne se trouvera pas dans une boule de cristal, les pistes données il y a quelques semaines sont visiblement toujours d’actualité. 

Relocalisation

Avec quelques variantes. La course de fond démarrée par le conseiller régional passera aussi par l’écrit : une maison d’édition créée pour l’occasion par son association va publier un livre au printemps. Les publications de ses « Cahiers de l’avenir (après un premier en juin sur « habiter Bordeaux » et un second en décembre sur l’école), vont se concentrer notamment sur la mobilité lors de leur prochaine occurrence, sujet faisant évidemment les gros titres depuis plusieurs semaines, et pas forcément pour les bonnes raisons. Les projets de l’actuelle mandature ont beau s’enchaîner (pont Simone Veil, Musée de la Mer, extension du tram), l’avenir se situe plutôt sur le maintien d’une telle dynamique à l’horizon de la prochaine. « Ce serait une catastrophe que de passer d’un discours ambitieux à un discours malthusien et frileux sur l’avenir. Globalement, nous avons fait le plus facile en appliquant la même stratégie que d’autres métropoles. Mais attention à l’image que nous renvoyons de nous mêmes. Les entreprises viennent car elles pensent qu’on est un territoire dynamique sur lequel elles peuvent avoir des opportunités et bénéficier d’une cohésion dans le travail des politiques locaux. Si, à un moment, on commence à avoir un discours frileux, on est plus aussi attrayants que ça ». Sans savoir réellement à quoi ce dernier fait référence, on a quand même quelques idées… 

Si Alain Juppé risque d’hésiter avant de reprononcer des voeux à Saint-Augustin, la priorité définie par Vincent Feltesse et les idées formulées par son association, c’est bien les quartiers. Il l’a redit, le soir même, au Centre social Paul Bert où il présentait ses voeux, annonçant « qu’à partir du printemps, des vacances de Pâques, nous proposerons nos analyses concernant les huit quartiers de Bordeaux. »

L’enjeu des boulevards », déjà énoncé lors de sa campagne en 2014, est plus que jamais d’actualité, en tout cas bien davantage que le serpent de mer du grand contournement qui est pour lui « Notre Dame Des Landes », comprenez par là qu’il « ne se fera jamais ». « On a le sentiment que l’on perdra quelque chose si on ne se penche pas sur la question des boulevards, qui bénéficient encore d’un réseau foncier important et sont un lieu de mobilité et structurant pour les commerçants ». Les espaces naturels viennent ensuite, via l’évocation d’une « Opération d’Intérêt Nature » copiant le modèle et l’acronyme des OIM de la métropole mais qui serait d’avantage conçu comme un « espace partagé » qui relierait le parc des Jalles. Pour les quartiers politiques de la ville, le socialiste propose implicitement d’arrêter de les considérer comme des « gens à aider ». Aux Aubiers, au Grand Parc, à la Benauge, il y a avant tout, selon lui, un « enjeu de développement économique. Emmaüs Connect, c’est bien, mais ces habitants ont aussi de la créativité et la création d’entreprise est souvent une solution. Il faut mettre le paquet pour faire évoluer l’image de ces quartiers et avoir une dynamique économique partagée sur la ville, sans créer une nouvelle ségrégation ».

Enfin, Vincent Feltesse propose aussi de s’occuper des quartiers du « Bordeaux des familles. Tous les quartiers n’ont pas la même vocation. Bacalan, Nansouty… doivent être des quartiers apaisés et tranquilles où les enfants peuvent aller à l’école sans difficultés en marchant, où la vie associative est plus dense ». Pour la métropole, enfin, pas grand-chose à déclarer si ce n’est un éventuel « nouveau pacte métropolitain et extra-métropolitain », histoire de multiplier les coopérations entres bassins comme Bordeaux a pu le faire avec Libourne. « L’important, c’est le « sur-mesure ».  Le sur-mesure, c’est aussi l’idée du costume que Vincent Feltesse est en train de tailler à sa future campagne au travers de son « think thank » et de l’association BMQ comme semble bien l’envisager le maire de Bordeaux avec son « objectif 2050 » lancé cette année. Quand on lui demande s’il va s’y associer, la réponse a le don de faire sourire : « Est-ce qu’Alain Juppé acceptera de participer à mes réflexions, c’est plutôt comme ça que la question se pose ». Question de point de vue.

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