Une rencontre citoyenne marquée par les événements du 31/12


La première rencontre citoyenne a été marquée par le rappel des événements survenus dans la nuit du 31 décembre.

RC la ramade St HilaireEmmanuelle Diaz | Aqui

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Publication PUBLIÉ LE 31/01/2022 PAR Emmanuelle Diaz

Quatrième des huit rendez-vous prévus et premier de l’année 2022, la rencontre citoyenne qui s’est tenue, il y a quelques jours, à l’espace Brassens-Camus, a avant tout été marquée par les événements qui ont impacté la ville de Lormont le soir du 31 décembre. Des actes délictueux sur lesquels Jean Touzeau, maire de la commune, est longuement revenu avant de s’entretenir avec les habitants des quartiers Saint-Hilaire et la Ramade.

C’est dans une ambiance pour le moins particulière que s’est ouverte la première rencontre citoyenne 2022 de la ville de Lormont. Une session d’entrée de jeu, fortement marquée par les événements survenus sur le territoire de la commune durant la nuit de la Saint-Sylvestre.  Les faits ? Tout commence avec un vol de mortier et de feux d’artifices à Saucats -dont une partie a rapidement été retrouvée par la police- et dont l’utilisation a par la suite dérapé, occasionnant des dégâts notables et causant la stupeur de nombreux habitants. « Les pétards et les fusées, ce soir-là, c’était autre chose que de la fête. J’ai eu l’impression qu’on était dans une sorte d’état de siège », raconte un résidant de la rue François Rabelais. Jean Touzeau, maire de la commune, confirme : « Nous avons vécu un 31 décembre et un 1er janvier comme nous ne l’avions jamais vécu dans notre ville et il faut que les coupables soient sanctionnés » a déclaré l’élu qui a demandé que tous les éléments d’images et de témoignages puissent être rassemblés et transmis à la police.

« Lormont est une commune particulièrement compliquée, explique Nicolas Pérez, chef de la division des Hauts de Garonne -Police Nationale. La configuration urbaine rend les enquêtes extrêmement difficiles. Il faut qu’on travaille ensemble. Il est important pour nous d’avoir des informations et il y a plusieurs façons pour vous de les faire remonter: par Thierry Rodulfo (direction pôle sécurité-tranquillité publique et prévention de la délinquance) ou par François Chaponnay (délégué police population et expert de la médiation) ». A noter que depuis un an, le commissariat de Cenon gère l’intégralité de la rive droite. Cette réforme s’est accompagnée d’un renforcement des services et de la création d’une brigade anticriminalité entièrement dédiée à ce secteur. « Il est important qu’on soit extrêmement solidaires. L’heure est à se rassembler pour qu’on puisse faire face à une difficulté qui a progressé dans notre ville comme dans tous les territoires, au cours de ces dernières années. Il est important d’apporter des réponses concrètes et collectives », a expliqué le maire.

“Parler des problèmes, dialoguer”

Concernant les incivilités et la délinquance autour du quartier de St Hilaire, l’édile reconnaît que c’est compliqué et difficile. « Domofrance et les différents acteurs tels que les services de police sont mobilisés. Le problème est identifié : c’est une question de trafic de stupéfiants », précise-t-il. « L’esplanade Saint-Hilaire est en devenir permanent. Elle a beaucoup évolué au cours de ces dernières années. On a enlevé les jeux pour enfants car c’était un lieu de trafic et on a travaillé avec des associations. Le but étant que les habitants puissent utiliser au mieux cet espace, qu’ils se l’approprient. J’ai la volonté de parler sur ces problèmes, de dialoguer, d’échanger avec respect [….] et je souhaite de rester dans ce qui fait la force de la ville de Lormont : le respect des différences, des diversités, des autres et faire en sorte qu’on puisse essayer de porter l’action publique et d’apporter des réponses publiques adaptées », poursuit-il.

Dans ce cadre, l’élu envisage d’aborder l’ensemble des mesures qui sont à amplifier sur le plan de la sécurité, mais aussi le travail avec la justice pour une meilleure prise en compte d’un certain nombre de faits, ainsi que toutes les actions de prévention sur lesquelles la ville de Lormont est « extrêmement mobilisée » (chantiers école, chantiers formation, chantiers de réinsertion, commune labellisée « cité éducative », Maison de la justice et du droit….). « La citoyenneté est un élément déterminant, explique le maire. La mobilisation contre ces trafics de stupéfiants qui irriguent beaucoup de territoires ne peut être que collective pour essayer de faire en sorte d’endiguer ce fléau. ». Rappelant la nécessité d’amplifier les forces de police, il a également précisé que très souvent, à Saint-Hilaire, les faits délictueux se produisaient la nuit, le soir ou le dimanche après-midi, c’est à dire à des moments où l’action publique est « légèrement affaiblie ».

Des réalisations et des points à éclaircir

Malgré un contexte difficile, Jean Touzeau a tenu à rappeler un certain nombre de points positifs concrétisés au cours des derniers mois, tels que le renforcement de la police municipale (pratiquement doublée en l’espace d’un an avec des ASVP qui l’accompagnent), la poursuite des efforts avec Médianimation, la Maison de la justice et du droit, la mise en place des 30km/h ou encore, le travail sur les cheminements doux et les voies vertes. Autre projet majeur évoqué : le lancement prochain de la concertation sur le téléphérique entre Buttinière et l’autre côté de la Garonne. Une initiative dont Lormont est « partie prenante ».

Cette soirée a, comme d’habitude, également été l’occasion pour les habitants de faire remonter un certain nombre de problèmes, tels que les difficultés de ramassage des déchets en raison de mauvais stationnements de particuliers. Un comportement dénoncé par l’élu : « notamment sur ce secteur, on voit bien que l’absence de citoyenneté de quelques uns nuit à cette action globale au niveau de notre ville », a-t-il précisé.

Concernant les problèmes de circulation et de stationnement, entre autre place Lucie Aubrac, Philippe Quertinmont, adjoint au projet de ville, politique de la ville et urbanisme a noté que tout était en phase de régularisation dans le cadre d’une rétrocession à Bordeaux Métropole (opérateur principal mais possédant peu de voiries) pour qu’il puisse intervenir de façon plus pragmatique et rationnelle. Concernant la Ramade et les difficultés dues à un grand nombre de multipropriétés, il a annoncé qu’une réunion été prévue début février avec l’ensemble des opérateurs et bailleurs concernés (Domofrance, Claisienne) de façon à avancer sur ces sujets car « c’est à partir de ces questions de propriété, des responsabilité des voiries et des trottoirs qu’on avance concrètement sur le sujet du stationnement et de la propreté ».

Quant à la reconquête de friches à la Ramade : « Ce qui pénalise énormément c’est qu’un certain nombre de propriétaires préfèrent bloquer le foncier et le laisser en friche plutôt qu’ouvrir la porte à des projets de développement économique et rentrer dans une opération qui pourrait apporter de l’emploi aux habitants du quartier », a déploré Jean Touzeau.

Enfin, pour ce qui est du projet d’école maternelle de la Ramade : elle est programmée dans le cadre du programme d’investissement et doit être construite par la Métropole.

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