Une pompe solaire pour alimenter des abreuvoirs


Comment abreuver du bétail quand la sécheresse se répète chaque été ? Au GAEC Val du Taurion, à Saint-Laurent-les-églises, les deux associés ont opté pour trois forages dont le dernier est raccordé à une pompe solaire.

panneaux solaires dans un champCorinne Merigaud | Aqui

La pompe solaire alimente six abreuvoirs répartis sur plusieurs parcelles.

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Publication PUBLIÉ LE 28/10/2022 PAR Corinne Merigaud

Jérôme Duprat et Jean-Marc Alibert, deux éleveurs naisseurs engraisseurs de Limousines sont installés depuis 2005. Avec 16 hectares dédiés aux plants de pomme de terre de consommation dont 2 ha en vente directe, ils élèvent aussi 135 mères vaches inscrites au Herd-Book sur 180 ha de SAU. Des animaux qui ont, évidemment, besoin d’eau.

« La source qui alimente trois villages est captée à 5 km de là, raconte Jérôme Duprat, avec la sécheresse des années précédentes le débit a baissé et un jour, on n’a plus eu d’eau. On a réparé comme on a pu mais il fallait refaire 250 m de canalisations à 8 m de profondeur et traverser une départementale. Le devis de 2019 s’élevait à plus 100 000 €, trop cher. »

Deux forages amortis en 3 ans

Ils se raccordent au réseau de la commune dont le captage n’est pas suffisant pour alimenter les 800 habitants. Une solution transitoire qui ne pouvait s‘éterniser en raison du coût prohibitif 1,45 € /m³ plus l’abonnement sans oublier la rareté de la ressource. D’ailleurs, la commune se fait livrer l’eau dans des citernes depuis cet été.

L’année suivante, ils font creuser leurs deux forages à 42 et 47 m, dans deux villages, avec des débits de 4 m3/heure et 0,5 m3/heure. Raccordés au réseau électrique pour alimenter leur réseau d’abreuvoirs. L’investissement est de 15 000 euros. Trois ans après, ils sont déjà amortis.

Au printemps, l’entreprise CMT fondations est revenue forer une troisième fois sur une nappe située à 30 m offrant un débit de 1,5m3/heure. Un troisième forage avec pompe solaire qui alimente six abreuvoirs depuis le mois de juin. La décision s’est imposée face aux épisodes de sécheresse.

De l’eau tous les jours et une facture allégée

« Cela fonctionne très bien depuis l’installation en juin remarque Jérôme, il faut bien définir la source au départ, mesurer le débit et estimer si cela vaut le coup ou pas car 0,5 c’est la limite. Les animaux ont eu de l’eau tous les jours, je n’ai fait aucune intervention depuis, juste clôturé les panneaux solaires pour les protéger des animaux. C’est du temps et du GNR économisés.» 

Une facture annuelle allégée de 24 jours pour transporter l’eau, 915 € de carburant et 3 941 € d’eau. A noter que les 1 300 mètres de tuyaux ont été posés à la sous-soleuse « cela réduit le coût et c’est plus rapide, deux jours seulement » mentionne-t-il.

Le forage a été réalisé à 35 m et offre un débit de 1,5 m3/heure.

 

« 70 dossiers de financement en deux ans »

La Chambre d’agriculture les a accompagnés pour le montage du dossier de financement. Chaque année, elle organise son rallye abreuvement pour montrer aux agriculteurs les solutions mises en place par leurs confrères. Des solutions qui font de plus en plus d’adeptes.

« Depuis deux ans, c’est énorme calcule Marina Simonet, conseillère agricole, nous avons reçu 70 dossiers de financement puisque la pompe solaire et le forage sont subventionnés à 40 % par la Région. Et tout le monde ne monte pas un dossier… Avec les sécheresses à répétition, les éleveurs ont peur qu’on leur dise que les habitants seront prioritaires sur les animaux quand l’eau manquera. » Un scénario loin d’être de la science-fiction…

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