Un rallye en sud Haute-Vienne pour découvrir la bio


Une quinzaine d’élus et de futurs agriculteurs ont découvert la ferme bio « Lou Gabissou », avant de se rendre à Coussac-Bonneval où la cantine municipale sert 25% de bio dans ses menus

Dans le cadre du ralye bio territoire, une quinzaine d’élus et de futurs agriculteurs ont découvert la ferme bio Lou Gabissou à Saint-Yrieix la percheCorinne Merigaud

Dans le cadre du ralye bio territoire, une quinzaine d’élus et de futurs agriculteurs ont découvert la ferme bio Lou Gabissou à Saint-Yrieix la perche

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Publication PUBLIÉ LE 01/10/2021 PAR Corinne Merigaud

Partir à la découverte des hommes et des femmes qui font la bio, voilà la démarche du rallye bio territoires, le 29 septembre en sud Haute-Vienne organisé par la Fédération régionale d’agriculture bio, Agrobio 87, Manger bio local et la Région. Une quinzaine d’élus et futurs agriculteurs ont visité la ferme « Lou Gabissou » qui produit des céréales et oléagineux transformés en farine, pâtes et huile. Ils ont ensuite découvert la démarche bio initiée par la commune de Coussac-Bonneval qui porte un projet de régie agricole puis la CUMA d’abattage et de transformation d’éleveurs implantés autour de Saint-Yreix-la-Perche. Enfin, le rallye s’est achevé au bistrot épicerie de Saint-Jean-Ligoure qui se fournit en produits bio et locaux.

A la ferme « Lou Gabissou », les abeilles accueillent les visiteurs mais Tiphaine de Tienda et son père Régis n’ont pas le temps de s’occuper de la récolte du miel confiée à un apiculteur local. Leurs journées sont bien remplies avec 50 ha de grandes cultures à gérer pour une production de blés modernes et anciens, sarrasin, petit épeautre, tournesol, cameline, triticale, maïs doux et 4 ha de chanvre prochainement récoltés pour la première fois.

Rachetée en 2018 par les deux associés, l’exploitation compte une seconde ferme de 10 ha située à 4 km qui appartenait à son grand-père, 25 ha achetés à quelques kilomètres où pâturent 30 brebis limousines. Tiphaine valorise une partie de la production en farine, pâtes et huile. Une auberge est ouverte le dimanche pour déguster les produits de la ferme. L’agricultrice a élaboré son projet d’installation durant ses études d’ingénieur agronome avec des idées plein la tête que la réalité s’est chargée de pondérer. « J’avais beaucoup d’idéaux mais je me suis heurtée à la réalité financière et à la pratique avoue-t-elle, trois ans après, je suis tout de même contente car on se rapproche de ce que j’avais prévu ». Les deux associés se partagent les tâches, Régis produit, Tiphaine transforme sur place, un salarié à 80 % les seconde et le recrutement d’un apprenti est prévu.

 Conserver les qualités nutritionnelles

La rotation des cultures sur l’ensemble des parcelles et l’incorporation de prairies leur permettent de se passer d’intrants et de lutter contre les mauvaises herbes. « Mon père a transformé son outil pour couper l’herbe moins profondément explique-t-elle, en bio, il faut tester et s’adapter au sol, c’est plus complexe et technique ». Après la récolte, le blé tendre est stocké en cellules ventilées, trié et brossé, une étape primordiale pour retirer la poussière, « la garantie d’une qualité technologique et sanitaire » assure la jeune femme. Les grains sont moulus sur la meule en granite d’un moulin Astreia pour conserver toutes leurs qualités nutritionnelles. Une partie de la farine est commercialisée (boulangers, épiceries, Biocoop, marchés), le reste est utilisée pour les pâtes de blé tendre. Les oléagineux sont pressés à froid pour produire de l’huile de tournesol, cameline et bientôt de chanvre. Les tourteaux sont vendus à un éleveur de chèvres. « Les prochains objectifs sont de développer le réseau de magasins et de changer le packaging » annonce la dynamique cheffe d’entreprise.

A la ferme Lou Cabissou, les blés anciens et modernes sont moulus sur pierre

Plus de bio à la cantine

A Coussac-Bonneval (1350 habitants), la municipalité a développé la bio dans les menus servis aux 80 écoliers avec notamment de l’agneau élevé sur place. « Un employé communal gère notre troupeau de 18 brebis limousines précise Thierry Chibois, conseiller, nous avons converti en bio 5 ha de notre réserve foncière de 17 ha et planté un verger d’arbres fruitiers et de petits fruits rouges voilà un an pour servir les fruits aux enfants ». Un choix responsable guidé par la loi Egalim qui impose aux restaurants collectifs publics d’atteindre 50 % de produits durables et de qualité dont 20 % en bio d’ici le 1er janvier 2022. « Le premier palier pour être certifié écocert est atteint avec 25 % de bio depuis le 1er janvier et 27% de produits locaux contre 3 % en 2018 ».

Le verger bio de Coussac-Bonneval planté voilà un an

La prochaine étape est double : mettre en place un potager bio et une régie agricole. « Il faut que le projet mûrisse pour qu’il soit durable au-delà du mandat assure-t-il, la réflexion est en cours avec différentes pistes que ce soit au niveau de la communauté de communes ou en installant un jeune qui fournira la cantine ». D’ici février, celle-ci sera modernisée grâce à un investissement de 35.000 € soutenu par France Relance (30%) et la dotation d’équipement des territoires ruraux (50%) pour l’achat de matériels de cuisson et de refroidissement moins énergivores.

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