Un rallye abreuvement en six étapes du nord au sud


Le rallye abreuvement a fait étape sur l’exploitation de Lionel Lebrun à Saint-Vitte-sur-Briance.

Le rallye abreuvement a fait étape sur l’exploitation de Lionel Lebrun à Saint-Vitte-sur-Briance.Corinne Merigaud

Le rallye abreuvement a fait étape sur l’exploitation de Lionel Lebrun à Saint-Vitte-sur-Briance.

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Publication PUBLIÉ LE 18/10/2021 PAR Corinne Merigaud

Six fermes de la Haute-Vienne ont ouvert leurs portes, la semaine dernière, pour montrer leurs solutions d’abreuvement au cours du rallye organisé par la Chambre d’agriculture. La recherche de l’autonomie en eau reste un problème pour faire face à l’agrandissement des exploitations, au manque de main-d’œuvre et au changement climatique au moment où les cours d’eau sont de plus en plus souvent à sec.

« Moi j’y crois mais mon mari, pas du tout » lance Caroline, une éleveuse de brebis et vaches de Saint-Méard venue en voisine à Saint-Vitte-Briance sur l’exploitation de Lionel Lebrun. Bien qu’elle ait très peu de parcelles sans eau, elle voudrait améliorer ses conditions de travail. « Je voudrais arrêter de traîner l’eau, nous avons une source dans la cour, je cherche un système d’abreuvement pour alimenter des parcelles et les bâtiments, une pompe solaire fixe ou bien mobile ».

Comme cette agricultrice, ils étaient une dizaine à découvrir la pompe solaire installée, voilà deux ans, sur la ferme de Lionel Lebrun. Il élève une centaine de vaches allaitantes sur le GAEC familial « Du sol aux animaux » et exploite de nombreuses parcelles de pâturage. Les ressources en eau tarissent l’été, l’obligeant à traîner la tonne à eau pour abreuver ses bêtes. «J’ai racheté une parcelle au-dessus d’un chemin public et pour l’alimenter, il fallait une pompe solaire ou un bélier hydraulique mais la source n’était pas assez forte pour le bélier ».

Une pompe solaire a été installée sur son captage qui alimente la parcelle située 38 m au-dessus. Son coût de revient est de 8 000 € HT avec un surcoût d’environ 3 500 € pour raccorder d’autres parcelles. Environ 20 ha de pâturage sont équipés en abreuvoirs auxquels il faut ajouter sept points d’abreuvement. Ainsi, le réseau d’alimentation a été étendu aux bâtiments et parcelles alentours « C’est un peu coûteux sur 20 ha et cela ne vaut pas le coup sur 1 ou 2 ha ajoute-il, ça a bien fonctionné les deux étés, je n’ai pas eu de soucis, l’eau remonte vite et les vaches boivent moins ». Le matériel a été financé à 40 % par la Région soit une subvention de 3 100 €.

Un coût de transport non négligeable

L’abreuvement devient un challenge pour les éleveurs confrontés à des sécheresses à répétition. Avec une consommation de 100 l par jour et par bovin allaitant, l’abreuvement représente un coût important. « Dans un quart des exploitations, c’est une heure par jour en été pour transporter l’eau, en moyenne 2 280 € par an, soit 16 € par bovin et pour 11,5 % d’entre elles, cela dépasse 5 000 € par an détaille Jean-Emmanuel Vernon, chargé de mission à la Chambre d’agriculture. Un puits filtrant avec un bac revient entre 2 000 € et 3 000 € et un forage avec pompe entre 7 000 € et 9 000 €, un investissement qui s’amortit très vite. Et quand il traîne de l’eau, l’agriculteur ne fait pas autre chose. » 

La pompe solaire alimente la parcelle située 38 m au-dessus.

Cette pompe solaire innovante a été conçue par la société Base située à Canéjan (Gironde) après deux ans de R&D. Une centaine a été mise en service. « Nous dimensionnons et commercialisons des solutions d’abreuvement solaires de grande capacité jusqu’à 100 vaches et 50 m de profondeur précise Damien Fradin, responsable de projet, nos pompes peuvent être installées sur un puits, un forage ou toute autre source avec une arrivée d’eau régulière, abondante et peu chargée en impuretés ». Les kits sont installés par les agriculteurs. Le seul frein est le risque de gel des flotteurs pour ceux qui font du plein air, limité cependant à quelques jours par an.

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