Un nouvel écrin pour l’art contemporain au FRAC-Artothèque


Le FRAC-Artothèque Nouvelle-Aquitaine va s'installer dans un nouvel écrin au centre-ville de Limoges. Un atout pour accueillir le public, selon sa directrice.

Le bâtiment de la rue Charles Michels avant sa réhabilitationJean-Louis Vey

Le bâtiment de la rue Charles Michels avant sa réhabilitation

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Publication PUBLIÉ LE 24/01/2022 PAR Corinne Merigaud

Au printemps 2023, le public pourra découvrir le nouvel écrin du FRAC-Artothèque Nouvelle-Aquitaine situé dans l’hyper-centre de Limoges au 17 bis, rue Charles Michels. Pour réhabiliter cette ancienne imprimerie, la Région, l’Etat et l’Europe ont investi 6,3 millions d’euros, hors acquisition du bâtiment. Cet outil exceptionnel mettra à disposition des particuliers des oeuvres d’art qu’ils pourront exposer dans leur salon.

L’important chantier de réhabilitation devrait sublimer le charme de cette imprimerie qui fut dirigée par les frères Plainemaison jusqu’en 1909. Transformée en magasin de tissus puis repris par une enseigne de prêt à porter, ce bâtiment de 2 000 m² s’apprête à connaître une nouvelle vie. Le coût des travaux s’élève à 6,3 millions d’euros pour cet immeuble acquis par l’ex Région Limousin en 2014. L’opération inscrite au contrat de plan (1,7 million d’euros) bénéficie de fonds européens FEDER à hauteur d’un million.

Bâtiment industriel, remarquable, sa charpente métallique de type Eiffel et sa façade en pierres de taille le dotent de volumes adaptés aux expositions. Implanté dans une rue piétonne du centre-ville de Limoges il doit accroître le rayonnement de la création et de l’art contemporain en Nouvelle-Aquitaine et au delà.

La plus grande collection empruntable de France

Le chantier du clos et du couvert est désormais achevé, ce qui a permis de renforcer les structures du bâtiment, de reprendre le mur en pavé de verre au nord, de rénover la verrière et d’isoler la toiture. Actuellement, les travaux portent sur l’aménagement intérieur avec quatre niveaux et sur la façade. Cette nouvelle implantation permettra au FRAC-Artothèque de quitter des locaux peu adaptés avec ses caves voûtées afin d’attirer plus de visiteurs. « C’est le seul FRAC-Artothèque de France qui sera en hypercentre ce qui nous rendra plus visible assure Catherine Texier, la directrice, cela nous permettra d’accueillir plus facilement du public dans un lieu très lumineux et ouvert avec l’entrée gratuite. Un kaléidoscope de propositions sera présenté à partir du printemps 2023. » 

Catherine Texier, directrice générale du Frac-Artothèque Nouvelle-AquitaineFrédérique Avril

Catherine Texier, directrice générale du Frac-Artothèque Nouvelle-Aquitaine

Cette ouverture s’articule autour du projet élaboré conjointement entre le FRAC et l’Artothèque afin de mutualiser leurs moyens et missions, ce qui en fait une particularité sans équivalent dans l’Hexagone, avec deux collections qui appartiennent à la Région. « Il s’agit du plus grand ensemble d’œuvres disponibles au prêt en France précise la directrice, la collection du FRAC compte 1 600 pièces prêtées pour être exposées dans des espaces publics. Celle de l’Artothèque est forte de 4 600 pièces empruntables par des particuliers ou des collectivités. » Les conditions d’emprunt vont évoluer, le prêt restera gratuit pour les étudiants, demandeurs d’emploi et bénéficiaires des minimas sociaux mais sera payant pour les autres publics. Par exemple, il sera possible d’emprunter trois œuvres pendant trois mois pour 66 € et une collectivité payera 200 € d‘abonnement par an puis 10 € par œuvre.

 Un café lecture, une boite magique et des oeuvres rares

L’aménagement du bâtiment offrira une palette de propositions ; « l’atrium central accueillera une première exposition des sculptures ou œuvres spectaculaires conçues par des artistes pour ce lieu, poursuit Catherine Texier. Sur les coursives seront présentées des expositions d’œuvres de la collection qui seront renouvelées ». A l’entrée côté cour, la facade haute de 13m sur 6m permettra de montrer des pièces en 2 D. Une boîte sera installée pour proposer des programmes numériques immersifs en lien avec la collection ou des œuvres commandées. Dans cet espace interactif en 3 D, les visiteurs pourront interagir pour appeler des contenus.

Au-dessus de cette boîte, des œuvres de petits formats seront exposées ou des artistes se produiront sur cette scène ouverte. Au rez-de-chaussée une salle fermée de 50 m², disposant de l’agrément musée international, pourra accueillir des œuvres rares et précieuses demandant des conditions réglementées en termes de lumière, température et hygrométrie. Un café lecture avec des rencontres d’artistes, des projections cinéma, ateliers et conférences complétera l’aménagement. « L’idée est de renouveler toujours les propositions remarque la directrice, le public pourra assister aux accrochages depuis les coursives pour créer de l’interaction. »

La façade panoramique du Frac-Artothèque sera connectée et équipée de volets mobiles pilotables pour diffuser des images fixes, animées ou interactives. Une innovation à l’image de la boîte immersive. 

Le projet de réhabilitation piloté par le cabinet d’architectes Jakob+MacFarlane avec une boîte immersive innovanteAlexandre Tabaste

Le projet de réhabilitation piloté par le cabinet d’architectes Jakob+MacFarlane avec une boîte immersive innovante

Des rencontres entre l’art et l’entreprise

Créée l’an denier, l’association « Le collège des ami-e-s du FRAC-Artothèque » propose d’ores et déjà une série d’événements comme des cours d’histoire de l’art en lien avec la BFM de Limoges et l’ENSA ou encore l’achat d’œuvres encadré par un groupe d’apprentis collectionneurs. Elle compte déjà 80 adhérents pour un objectif de 200 à l’ouverture.

Par ailleurs, un partenariat avec la CCI 87 a été signé pour mener à bien un programme « Artistes et savoir-faire » lancé voilà quelques mois dans l’optique de créer des œuvres contemporaines en s’appuyant sur les savoir-faire du territoire, par exemple, en matière d’ameublement, de maroquinerie, tapisserie, tannerie… « Un artiste va hybrider le savoir-faire de deux ou trois entreprises donnant lieu à des rencontres improbables et originales espère la directrice, le choix des artistes et des entreprises est en cours d’étude pour un démarrage de la production en juin. » Ce projet s’inscrit dans le cadre des 40 ans du FRAC en 2023 et débutera par la projection d’un film réalisé par Julie Chaffort.

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