Roland Cayrol et la présidentielle:”Oui, les dés sont jetés”


Devant les Amis d'Aqui!, le politologue Roland Cayrol a dénoncé l'absence de volonté politique de lutter contre l'abstention.

Roland Cayrol, Alain Rousset et Jean Petaux lors du débat des Amis d'AquiAqui.fr

Roland Cayrol, Alain Rousset et Jean Petaux lors du débat des Amis d'Aqui

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Publication PUBLIÉ LE 04/03/2022 PAR Cyrille Pitois

Le pronostic du politologue et sondeur Roland Cayrol est direct : oui, Emmanuel Macron sera réélu au printemps. Les législatives qui suivront seront à peine plus difficiles que la dernière fois pour la Macronie. Une prédiction révélée devant l’association des Amis d’Aqui! au moment même de la publication de la lettre du Président de la République confirmant sa candidature.

« Oui, les jeux sont faits » répond Roland Cayrol à la question que lui pose l’association des Amis d’Aqui! dans la grande salle des délibérations du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, à Bordeaux.

« Macron a eu un coup de génie politique en 2016 et 2017, en lançant le concept -et gauche et droite- . Et non pas -ni gauche ni droite- de nos amis centristes. Il a fait un thème de campagne avec ce que disaient les Français. »

Trois crises qui l’ont plutôt servi

Roland Cayrol ne nie pas les difficultés d’un mandat qui enchaîne les crises : les Gilets jaunes, le Covid avec sa posture du “quoiqu’il en coûte”,  puis la crise Ukrainienne « pour laquelle il se lance dans une recherche quasi éperdue d’une solution diplomatique ». Un succession de difficultés, « mais finalement ces gestions de crise l’ont plutôt servi, » analyse Roland Cayrol. 

Alors que le sortant n’a pas encore commencé sa campagne, l’observateur le prévient toutefois. « On n’est pas réélu sur un bilan. Par rapport aux autres candidats, il semble donner le plus de garanties. Mais ça ne suffit pas, il faut un projet. Les Français n’attendent pas une idéologie. C’est fini l’élection autour d’un mot en isme : libéralisme, socialisme… Les Français veulent savoir à quoi peut ressembler la France de demain. » Roland Cayrol aimerait bien qu’Emmanuel Macron descende dans l’arène et se confronte à la dizaine d’autres candidats dans un grand débat d’avant le premier tour pour dire son projet sur le nouveau mandat qu’il brigue.

Le doublé présidentielle-législatives 

Roland Cayrol n’a donc guère de doute sur l’issue de l’élection présidentielle. « Je fais un pronostic et il n’est pas difficile. » Mais il prévient tout de même le candidat Macron contre quelques travers. « Le combat du second tour risque d’être plus difficile qu’on ne croit. Ce type symbolise le mépris. Dans la campagne éclair qu’il doit mener, il doit écarter tout comportement qui peut ressemble à du mépris. Au risque de provoquer des choses graves dans les mécaniques de reports de voix. »  

Sur les législatives qui suivront, Roland Cayrol envisage la même dynamique. « Tout le monde me dit que ça va être plus dur pour Macron aux législatives. Mais je ne vois pas pourquoi les mêmes causes ne reproduiraient pas les mêmes effets. On n’aura pas une assemblée hostile. Et si La République En Marche n’était pas majoritaire, on aurait une majorité fractionnée. Pour le fonctionnement démocratique, ce serait plutôt une bonne chose, un peu comme les Allemands. Mais je n’y crois pas: celui qui gagnera la présidentielle gagnera aussi les législatives. »

Rien n’est fait contre l’abstention

Et si l’abstention venait jouer les trouble-fêtes et semer la surprise ou la dispersion dans les résultats ? Roland Cayrol n’y croit pas vraiment. Même si il prévoit une abstention record autour de 35%, ces non votants se répartissent équitablement entre tous les camps. « C’est vrai qu’on va sans doute en prendre une louche de plus par rapport au quinquennat précédent. Mais c’est d’abord un phénomène de ras le bol. On n’y croit plus. La suspicion que les politiques pensent plus à leur carrière qu’à leurs concitoyens… »

En réalité, ce n’est pas aux abstentionnistes que Roland Cayrol fait procès, plutôt aux politiques eux-mêmes : « Notre pays ne fait rien contre l’abstention. Il y a 5 millions de personnes en âge de voter qui ne sont pas inscrites sur les listes électorales, et 7 millions qui sont mal inscrites, en gros qui ne vivent pas dans la commune où elles sont inscrites. On les met en dehors du système électoral et le pouvoir politique ne fait rien pour que ça change. C’est le seul pays démocratique dans cette situation quand d’autres ont opté pour l’inscription automatique ou d’autres dispositifs. »

Un prix Joël-Aubert pour les futurs journalistes

Profitant de l’assemblée générale des Amis d’Aqui, Roland Cayrol a rendu hommage à Joel Aubert, journaliste et fondateur du média, décédé en 2021. « Il a été un vrai ami, un homme inspirant. Le personnage, l’ami, le journaliste a compté et je ne peux pas imaginé qu’il ne continue pas à compter. La presse, les médias et internet sont des lieux choisis pour la démocratie. Je suis heureux de la solution trouvée qui permet de continuer à faire vivre et progresser Aqui! dans une nouvelle formule que je ne manquerai pas de promouvoir », a indiqué Roland Cayrol en faisant allusion à la reprise du titre et de son équipe par le groupe de presse Keyop de l’entrepreneur bordelais, Guillaume-Olivier Doré. 

L’association des Amis d’Aqui! lance le prix Joël-Aubert, qui récompensera deux jeunes étudiants ou étudiantes en journalisme. Un hommage au fondateur d’Aqui, à sa vision du journalisme et à son attachement à former les jeunes à ce beau métier. Le prix sera remis chaque année au cours du Salon de l’agriculture de Nouvelle-Aquitaine.

Lire sur Aqui! la lettre du Président de la République confirmant sa candidature à un nouveau mandat

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