Réchauffement climatique : “N’accusez pas le jardinier”


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Réchauffement climatique : "N'accusez pas le jardinier"

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Publication PUBLIÉ LE 30/11/2015 PAR Jean-Jacques Nicomette

Une vache broute, rumine et pète. Ce qui relâche du méthane dans la nature, un gaz à effet de serre ayant une influence sur le réchauffement climatique. En un an, les vaches françaises émettraient ainsi autant de gaz que 15 millions de voitures, a-t-il été estimé.
Cette manière réductrice de voir les choses est déplorée par Maryvonne Lagaronne, en charge de la commission bovins viande de la Chambre d’agriculture et Marc Dupouy, le président de la section bovine de la FDSEA. Car c’est vite oublier « l’impact réel que l’élevage des ruminants a sur notre environnement ».

« Un telle activité est en étroitement liée au sol. La production de fourrage exige en effet l’entretien de prairies ayant un impact très positif sur le stockage du carbone “.  Ce qui compense largement , affirment-ils,  les conséquences des rejets animaux.
Dans le sud-ouest, Basques et Béarnais connaissent bien cette réalité. “Un élevage peut être alimenté à 90% par les productions d’une exploitation. Chez nous, on est même bien au-delà grâce à la pâture et aux conserves d’hiver (foin, ensilage) ».
Bref,  « l’élevage a toute sa place dans l’environnement » assurent les exploitants.

Des efforts, depuis des annéesDans un département où 70% du territoire est en herbe,  les efforts déployés depuis des années par la profession pour faire évoluer ses pratiques, sont également soulignés.

« La gestion des fumiers de nos vaches permet par exemple de réduire de manière notable les épandages en engrais minéraux. De même,  on revient à des ensemencements de prairie plus équilibrés en légumineuses comme le trèfle et la luzerne, qui fixent efficacement l’azote de l’air. Car on sait que ce dernier contient 78% de diazote et 20% d’oxygène ».

Sans parler des innovations développées dans d’autres domaines : « En France, des milliers d’exploitations ont mis en place des générateurs photovoltaïques et 54% de la matière première destinée à la méthanisation est issue de l’élevage ».

Un même constat est établi pour les haies que l’activité agricole permet de préserver dans les paysages de bocage. « 700 000 kilomètres de haies sont entretenus tous les jours dans notre pays par les éleveurs. Imaginez le travail !  Moi, à Sauveterre-de-Béarn, j’en ai 45 kilomètres » dit Maryvonne Lagaronne.

L’impact des zones vulnérables« La communication émotionnelle pratiquée autour du réchauffement climatique ne prend pas assez en considération un diagnostic réel » constatent en fait les agriculteurs, qui ont avancé cette année tout un argumentaire dans le cadre de l’opération « Vache verte ». « On ne parle pas assez du puits carbone que représente l’agriculture, ni du fait que plus de 90% des gaz à effet de serre ne proviennent pas de cette activité ».

Alors que 219 000 actifs travaillent en France dans la filière « ruminants », il y a pourtant urgence à changer les regards, s’inquiète Bernard Layre, le président de la FDSEA, très remonté contre la multiplication des tracasseries administratives, mais aussi contre les freins que la révision des zones vulnérables a mis au développement agricole.

Des zones où, explique-t-il, le taux de nitrate admis par litre d’eau est passé de 40 à 18 milligrammes. « Ce qui nécessite des investissements très importants en matière de stockage des effluents, alors qu’en lisière de bois le taux naturel de nitrate est de 25 à 35 milligrammes par litre ! ».

Une déprise inquiétanteDe là à s’inquiéter de l’avenir de la profession, il n’y a qu’un pas. « Dans certains secteurs des Pyrénées-Atlantiques, la déprise sur l’élevage est deux fois et demi plus importante que la normale. Depuis dix ans, le canton d’Arzacq a par exemple perdu 15% d’éleveurs. Sans renouvellement des générations, les terres les moins intéressantes risquent d’être abandonnées et le paysage va changer ». Reste à savoir qui l’entretiendra.

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