Pourquoi la production de bio baisse dans la région ?


Malgré son statut de deuxième région bio de France, la Nouvelle-Aquitaine fait face à une légère baisse de sa production d’agriculture biologique. Quelles en sont les raisons ?

personnes de dos dans une prairieBio Nouvelle-Aquitaine

La part des arrêts sur le nombre total de fermes bio était d'environ 5 % en 2021, soit 1% de plus qu’en 2020.

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Publication PUBLIÉ LE 25/10/2022 PAR Manon Gazin

“On perd des fermes chaque année”, regrette Marie Griffaton, présidente de la FDSEA, syndicat majoritaire à la Chambre d’agriculture, lors d’une conférence de presse ce jeudi 13 octobre à l’occasion du Mois de la Bio. En Nouvelle-Aquitaine, la part des arrêts sur le nombre total de fermes bio était d’environ 5 % en 2021. Soit 1% de plus qu’en 2020. “Et ces arrêts vont augmenter en 2022, d’après ce qu’on peut percevoir sur le terrain”, souligne la présidente. Certains sont totaux (dans le cas de départs à la retraite ou de reconversions professionnelles).

D’autres sont des arrêts de certifications : “Dans ce cas, les producteurs choisissent de ne plus être certifiés bios”, explique Marie Griffaton. “De janvier à fin août 2022, nous avons enregistré 570 nouveaux engagements, contre 908 en 2021, principalement dans la viticulture et la grande culture”, explique de son côté Sylvie Dulong, co-présidente de Bio Nouvelle-Aquitaine. “Les fruits et légumes ont été très impactés cette année. Parfois, on a été obligés de jeter”, ajoute Marie Griffonton.

Un manque important de moyens de communication


Selon Sylvie Dulong, ces chiffres peuvent s’expliquer par un manque de important de communication de la part de ces fillières : “ll n’y a pas suffisamment de moyens pour piloter l’agence Bio et communiquer sur ce qu’est la Bio et quels en sont les intérêts”, explique-t-elle. “48% des Français ne comprennent pas pourquoi le bio est plus cher. L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), a 30 millions d’euros pour accompagner la transition énergétique, et il n’y a aucun moyen sur la transition alimentaire”. Et Philippe Leymat, président d’Interbio Nouvelle-Aquitaine de glisser: “Le Rapport de la Cour des comptes estime que l’Agence Bio devrait multiplier par cinq son personnel pour répondre aux besoins de communication”.


La réforme de la Politique Agricole Commune (PAC), qui entrera en vigueur au 1er janvier 2023, ainsi que des investissements matériels accentués par la crise du Covid et du pouvoir d’achat, freinent également la relance de la production. “Il y a moins de demande de conversion à cause des
aléas climatiques. C’est un mode de production qui nécessite d’être accompagné techniquement”, explique Sylvie Dulong, avant d’ajouter : “Si on est déjà en difficulté financière, convertir en bio n’est pas la solution”.

“Il faut déjà pouvoir investir”

“Au-delà du fait que ça ne va pas les sauver, il faut déjà pouvoir investir”, ajoute Marie Griffonton. “En viticulture, la conversion nécessite trois ans, pendant lesquels on utilise un système de production qui coûte plus cher et qui ne nous garantit aucun résultat avant trois, voire quatre ans”. Enfin, la crise au sein du marché n’arrange rien : “Pourquoi se mettre des surcoûts quand on va au final vendre le produit au même prix ?”, regrette Marie Griffonton. “Il y a eu beaucoup de conversions tant que le marché tirait. Mais maintenant qu’il est saturé… Certains se sont même convertis pour au final se déconvertir, car qu’ils n’ont plus d’acheteurs en face”.

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