Ours brun : en l’absence de Stratégie pyrénéenne pour la Biodiversité l’Etat français risque une condamnation de la Cour européenne.


Frédéric Salein

Ours brun : en l'absence de Stratégie pyrénéenne pour la Biodiversité l'Etat français risque une condamnation de la Cour européenne.

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Publication PUBLIÉ LE 13/07/2011 PAR Olivier Darrioumerle

« Nous avons une responsabilité : l’homme n’a pas à choisir les espèces qu’il protège mais il doit déterminer quels équilibres il souhaite atteindre. Ces équilibres ne sont pas un choix scientifique, c’est un choix politique. À nous de le trouver » . C’est par ces mots que Chantal Jouanno avait conclu son discours à Toulouse le 26 juillet 2010. Elle annonçait sa Stratégie pyrénéenne pour la Biodiversité. L’objectif de cette stratégie était d’associer les Pyrénéens à la protection de toutes les espèces pyrénéennes pour faire du massif une richesse. En évitant de cristalliser la question de la biodiversité sur l’ours elle espérait désamorcer les conflits. Mais pour sceller cet accord elle engageait tout le monde en faveur d’un plan de conservation de l’ours en continuité des travaux débutés en 2008 par Nathalie Kosciusko-Morizet, alors secrétaire d’État à l’environnement, dans le cadre du « Groupe National Ours » dans les Pyrénées, sur le modèle du « Groupe National Loup » qui existe dans les Alpes. « Première évidence, nous devons avoir un plan de conservation des ours crédible. Dans le même temps, deuxième évidence, les conditions sociales ne sont pas réunies pour une nouvelle opération massive de réintroduction d’ours. Mais entre accepter l’extinction et une réintroduction imposée, il y a une marge », avait-elle déclarée, promettant dans le même temps le remplacement de chaque ours mort accidentellement.

Une condamnation européenne menacerait le soutien à l’agriculture.
Chantal Jouanno annonçait qu’il n’y aurait pas de politique de réintroduction, mais le lâcher d’une ourse en remplacement de Franska. «  l’objectif qui doit être poursuivi est de conserver une population viable, c’est-à-dire qui se reproduit naturellement sans besoin d’introduction. » Pour mettre en place sa stratégie, Chantal Jouanno avait créé le 26 juillet 2010, un Comité de suivi de la biodiversité avec la commission permanente du Comité de massif et des organismes de l’Etat ainsi que des experts. Les communautés autonomes espagnoles et un représentant d’Andorre y ont aussi été associés. Mais dès la séance inaugurale, le 26 juin, trois associations de protection de l’environnement ont claqué la porte. Le président du Comité de massif, François Maïtia, va s’assurer que« cette facherie n’est pas définitive. »  Bruno Genty, président de France Nature Environnement, craint d’être embarqué dans des discussions sans engagements : « Nous souhaitons marquer notre forte inquiétude et notre désaccord avec cette politique de valse hésitation. Notre mouvement, avec la SFEPM, va donc quitter la séance. Cette décision n’est pas dans nos habitudes et représente un geste fort de notre part». Pour François Maïtia, président du Comité de massif : « il ne faut pas perturber la patrimonialisation de nos ours pour des motifs idéologiques. Ce seront bientôt les ours des Pyrénéens. Laissons faire la Nature, je crois qu’il y aura une croissance naturelle de la population ursine.» C’est à travers cette stratégie que la Commission européenne jugera de la bonne transposition de la directive Habitats, dont l’objectif est d’assurer la conservation des espèces d’intérêt communautaire tel que l’ours. Une condamnation n’entraînerait pas simplement une amende que l’Etat aurait à payer. Elle menacerait l’ensemble des crédits européens pour les Pyrénées. Lors de son discours du 26 juillet 2010, Chantal Jouanno n’hésitait pas à mettre en garde les Pyrénéens de la mauvaise transposition d’une directive européenne.

photo : Frédéric Salein / Flickr

Olivier Darrioumerle

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