« Nous voulons apparaître comme une université multi-sites »


« Le projet de coordination territoriale de l'Université est cours de d’écriture » indique Isabelle Klock-Fontanille, présidente de l’Université de Limoges

Isabelle Klock-Fontanille, présidente de l’Université de LimogesCorinne Merigaud

Isabelle Klock-Fontanille, présidente de l’Université de Limoges

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Publication PUBLIÉ LE 30/08/2022 PAR Corinne Merigaud

A la tête de l’Université de Limoges depuis janvier 2021, Isabelle Klock-Fontanille fait le point sur les dossiers qui ont émaillé le début de sa mandature. Projet de coordination territoriale, crise sanitaire, conflit ukrainien, situation financière, projet d’école vétérinaire, les premiers mois ont été intenses et le rythme ne devrait pas faiblir au second semestre.

@qui! :  Où en est le projet de coordination territoriale ?

Isabelle Klock-Fontanille : Il est en cours de construction après la fin de la Communauté d’universités et d’établissements Léonard de Vinci en décembre 2021. Il fait partie du contrat de site pour avoir un territoire maillé par l’enseignement supérieur. Le défi est de nous positionner par rapport à Bordeaux, Pau, La Rochelle et la future coordination de Poitiers en cours de finalisation. Ce contrat de site dans lequel figure notre projet, sera signé au 1er janvier. Nous sommes en train de le rédiger autour de trois actions. Il s’agit de réfléchir ensemble pour qu’il y ait une complémentarité dans les formations et pas de concurrence, y compris à l’échelle régionale.

Le deuxième axe concerne la création d’un pôle innovation que nous pourrions mettre au service de la coordination territoriale, par exemple, pour répondre ensemble à des appels à projets internationaux ou régionaux. Autre exemple, nous avons une fondation partenariale et on peut imaginer qu’elle serait commune à l’Université, au CHU, à l’école d’ingénieurs 3 IL et à l’école d’arts ENSA.

Le troisième axe vise à mettre en commun des projets autour du développement durable et de la responsabilité sociétale. Le service de santé universitaire, qui va évoluer en service de santé aux étudiants, pourrait mutualiser avec nos partenaires pour offrir des services à l’ensemble des étudiants du territoire. Au final, l’idée est d’avoir une structure souple.

Des campus connectés

@! : On parle de Limoges mais qu’en est-il des autres sites de l’Université en Limousin ?

I. K-F. : Nous avons une politique de sites volontariste. Nous voulons apparaître comme une université multi-sites. On ne considère plus qu’il y a Limoges et ses antennes mais Limoges et quatre sites Egletons, Tulle, Brive et Guéret avec des spécialités et un lien étroit avec leur territoire. Des campus connectés, label du ministère, permettent ainsi aux étudiants qui n’ont pas accès à l’enseignement supérieur d’accéder à des formations à distance qui ne sont pas forcément dispensées à Limoges. L’Université donne accès aux mêmes services à tous. C’est le cas pour un rugbyman du CAB ou des mères de famille en reconversion qui ne peuvent se déplacer. C’est porté par Tulle et Brive et un projet est en cours à Guéret porté par le Département.

@! : La situation financière de l’Université était tendue lors de votre élection, comment a-t-elle évolué ?

I. K-F. : Nous étions dans un plan de retour à l’équilibre financier, nous avons eu une inspection générale des finances et la Cour des Comptes. Un an et demi après, tous les indicateurs sont au vert ce qui nous permettra de sortir de ce plan fin 2022. Le plafond d’emplois avait été dépassé. Nous avons beaucoup travaillé durant un an sur ce problème et, fin 2021, le Ministère a rehaussé ce plafond d’emplois. Aujourd’hui, il y a 1630 personnes titulaires sur la dotation de l’État, des enseignants, enseignants chercheurs et personnels divers et un nombre fluctuant d’emplois sur fonds propres en fonction des ressources provenant de l’apprentissage et des projets de recherche. La situation reste cependant fragile. Nous avons eu aussi en 2021 l‘évaluation du Haut conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur. Nous avons reçu leur rapport qui est très positif. 

Le nombre d étudiants va augmenter légèrement à la rentrée soit un total d’environ 18 500.

@! : J’ai envie de vous demander comment vont les étudiants après cette crise ?

I. K-F. : La crise a été gérée correctement mais on commence à voir apparaître les conséquences sur les étudiants et personnels qui sont en souffrance. Le nombre de consultations psychologiques et psychiatriques est très important chez les étudiants. Je suis impressionnée par le nombre de personnels qui font des malaises. On doit rester très attentif surtout face à une nouvelle flambée car nos étudiants sont fragiles. Ils se sont accrochés, il n’y a pas eu plus de décrochages, mais il y a une grosse inquiétude sur la valeur de leur diplôme. Le point positif est la prise de conscience du collectif, beaucoup de personnels BIATSS se sont investis dans l’institution.

@! : A cela il faut ajouter la guerre en Ukraine…

I. K-F. : Vingt-quatre étudiants Ukrainiens étaient présents avant le conflit et autant de Russes. Quelques uns sont arrivés depuis et d’autres arriveront à la rentrée. Au début du conflit, j’ai organisé deux réunions distinctes avec les étudiants puis j’ai réuni des représentants de la Préfecture, du CROUS, de l’association Audacia mandatée pour gérer les réfugiés pour leur délivrer un message commun en indiquant tous les contacts utiles.

Nous avons répondu aussi au programme « Pause » du Collège de France pour accueillir des collègues. Une professeure de l’Université de NURE à Karkiv est arrivée avec son mari, ses enfants et parents soit dix personnes. Nous avons eu un peu de financement de l’État, nous avons rénové et meublé des appartements de fonction à l’IUT. Il y a eu un élan de solidarité des personnels qui ont fourni le nécessaire pour aménager les logements et l’Université a aussi participé.

Ecole vétérinaire : “un projet qui a un sens pour le territoire”

@ ! : Quelle est votre position sur le projet d’école vétérinaire à Limoges ?

I. K-F. : Ce projet porté par la Région nous intéresse car il est cohérent avec notre pôle santé et le concept « One health ». Nous n’avons pas la santé animale, ce serait un troisième pôle santé. Depuis deux ans, nous accueillons la semaine d’intégration des élèves vétérinaires. Nous devrions accueillir la 6ème année de l’école vétérinaire en septembre 2023 à la Faculté de pharmacie. A plus long terme, nous attendons une école publique dédiée aux gros animaux, projet cher à Alain Rousset. Je n’ai pas encore conscience de la place que pourra avoir l’Université. Je suis en train de mettre en place un comité constitutif avec tous ceux qui sont intéressés. Nous créerons un événement au printemps dans ce sens. Avec ce comité, je veux que ce projet ne soit pas lié à des personnes mais qu’il soit porté par l’institution et acté pour ne pas revenir dessus car il a un sens pour le territoire.

@ ! : De nouveaux cursus sont-ils proposés pour cette rentrée ?

I. K-F. : Une nouvelle formation d’ingénieur génie civil ouvre à Egletons, deux masters STAPS sont également accrédités et une formation en orthoptie est également proposée où il y a pénurie de spécialistes. Les effectifs augmentent légèrement avec l’école d’infirmières IFFSI soit un total de 18 500 étudiants et un taux d’étrangers autour de 13 % qui devrait baisser.

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