Métropole 2018: Digérer la Grande Vitesse


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Temps de lecture 2 min

Publication PUBLIÉ LE 05/01/2018 PAR Joël AUBERT

La naissance, elle-aussi à très grande vitesse, de nouveaux quartiers, au Lac ou aux Bassins à flot et, d’une manière générale, la forte pression de l’investissement dans l’immobilier sur l’ensemble de l’agglomération, ne pouvaient pas ne pas créer des tensions, à commencer par une flambée des prix. Une manière de revers, source de réactions parfois épidermiques comme ces slogans invitant les nouveaux bordelais venant de Paris à y retourner, plus politiques aussi, face au choc ressenti par certains, élus ou citoyens, bousculés dans leur for intérieur par ce boom d’une cité dans laquelle ils ont du mal à se retrouver. Et où les équipements publics sont parfois, inévitablement, décalés par rapport aux constructions nouvelles. De là à renier le renouveau…

Alain Juppé, le président de la Métropole, sentant le danger, est monté au créneau lors du dernier conseil de la fin d’année : »La ville de Bordeaux a perdu 100 000 habitants entre le début du 20ème siècle et le début des années 90. Est-ce que c’est ce que l’on veut retrouver ? Une ville qui se vide de ses habitants ? Nous avons transformé la ville qui est devenue une des agglomérations les plus attractives de France; les difficultés de mobilité et les tensions sur le logement en sont les contreparties. Il faut les affronter de façon positive pour trouver des solutions et ne pas passer son temps à dénigrer Bordeaux. Vincent Feltesse a raison : une image, ça met du temps à se construire mais ça peut se dégrader et se casser beaucoup plus vite.. » Des propos, en manière de consensus, entre le maire de Bordeaux et celui qui le précéda à la tête de cette Communauté urbaine qui allait devenir Métropole. Un avant goût du futur débat municipal? Certains se l’imaginent déjà. D’abord, parce qu’il semble de plus en plus vraisemblable que l’ancien premier ministre sera candidat à sa propre succession, dans deux ans. Celle qu’il avait adoubée, Virginie Calmels, vient de choisir le théâtre national auprès du nouveau président des Républicains et, de toute façon, n’avait pas réussi à s’incarner dans une ville qui reste imprégnée davantage de l’héritage de « l’Esprit des Lois » que du spectacle médiatique… Ensuite parce que l’ancien conseiller de François Hollande qui n’avait pas craint d’affirmer, malgré sa rude défaite de 2014, qu’il serait maire de Bordeaux en 2020, active ses réseaux en tentant de retrouver les faveurs des élus socialistes de la ville.

Quels qu’en soient les acteurs principaux, et sous quelles étiquettes, le prochain rendez vous démocratique bordelais et métropolitain n’échappera pas à une manière de bilan et, surtout, à la définition de quelques objectifs prioritaires pour améliorer la vie quotidienne d’une agglomération vers laquelle convergent des dizaines de milliers de personnes qui y travaillent, étudient, consomment, viennent s’y cultiver. Et, ceci, dans un environnement fortement dépendant des contraintes de circulation liées au trafic routier international qui traverse Bordeaux et la Gironde. Vaste chantier qui ne peut plus attendre où l’Etat aura certes sa part mais où les collectivités territoriales, Métropole, Région, Département, Communes hors métropole, doivent se mettre autour d’une table pour définir, chacun avec ses compétences et ses moyens, une politique d’aménagement du territoire de nature à rééquilibrer les activités et les déplacements. Ce n’est qu’à ce prix que Bordeaux pourra digérer le saut à grande vitesse qu’elle a fait en moins de vingt ans. Aqui.fr et sa rubrique « Métropole » entendent être au coeur des débats à venir.

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