LGV GPSO : la Région lève la barrière du financement


Lors de la séance plénière du 7 février, le vote en urgence d'une "avance" régionale au financement de la LGV GPSO a sans surprise nourri le débat.

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Publication PUBLIÉ LE 09/02/2022 PAR Solène MÉRIC

C’était la délibération qui, plus encore que celle du vote du budget, risquait d’amener le débat, vif, sur les bancs des élus régionaux, réunis en séance plénière lundi 7 février. Et ça n’a pas manqué. Le vote de la délibération engageant la Région à avancer 225,5 M€, pour boucler le plan de financement de la LGV GPSO, en supplément de sa part de 710 M€ déjà actée, a divisé. Sur le fond mais aussi cette fois, sur la forme.

« Nous avons, en quelque sorte, un éléphant au milieu de la pièce. Il sort sans crier gare, à chaque fois en procédure d’urgence deux jours avant la plénière, et c’est un vrai problème démocratique ». Voilà le problème sur la forme, selon la synthèse imagée de Nicolas Thierry, président du groupe écologiste à la Région. L’éléphant bien sûr, c’est le dossier LGV GPSO.


“Démocratiquement un peu limite”
Ce « problème démocratique » souligné par l’ensemble des groupes d’opposition, du RN à EELV en passant par LR et l’inter-groupe Centre et indépendants, c’est l’absence, du fait de l’urgence, de la saisine de la commission Transports en amont de la plénière. « C’est démocratiquement un peu limite » a aussi signalé Geneviève Darrieussecq pour le groupe Centre et indépendants.

Mais s’il y avait urgence, c’est qu’en l’état du plan de financement de la LGV, après plusieurs défections de collectivités à participer au plan de financement proposé par l’Etat, le risque était grand que ce dernier ne soit pas validé par le Conseil d’Etat au 15 février prochain. Sans plan de financement bouclé, pas de création de l’établissement public chargé de piloter le projet. Autant dire, une sacrée 
« limitation de vitesse », dans la réalisation du projet de LGV, relancé depuis quelques mois sous l’impulsion du premier ministre.

“Garanties” versus “belles promesses”
Or, évidemment, en premier et inlassable défenseur de cette ligne, Alain Rousset ne voulait pas courir le risque d’un coup d’arrêt de plus dans ce dossier au long cours. 
« Il ne faut pas passer à côté de l’histoire et de la transition écologique » a-t-il exhorté à la tribune, sans oublier d’être rassurant sur les conditions de cette avance. « Les garanties sont là » appuie-t-il face à certains conseillers régionaux pas toujours convaincus. « Naïveté» ou encore « belles promesses du Gouvernement », ont notamment été pointées du côté d’Edwige Diaz et du RN.

Des doutes aussi partagés par EELV dont le président de groupe s’étonne également de l’absence d’incidence de ces avances sur les autres politiques régionales, ironisant autour d’une une stratégie du 
« ”quoi qu’il en coûte” pour un projet destructeur de l’environnement » ou d’un « tour de passe-passe [qui] va faire le lit d’années difficiles pour nos territoires et notre région. »

Le président de la Région assure quant à lui que l’avance sera remboursée 
« en priorité » par le biais des retours de la fiscalité, et des futurs péages ferroviaires. Des « bonnes fortunes » qui pourraient au total se monter entre « 800 millions et 1 milliard d’euros», a-t-il prédit avant d’ajouter que de nouvelles contributions pourraient bien être bientôt actées par certaines collectivités nouvelles ou revoyant à la hausse leur première contribution, citant par exemple les Départements de Charente ou Charente-Maritime.

“La grande serpillère régionale”
Mais même du côté des partisans du projet, si Geneviève Darrieussecq appelle à « un vent d’optimisme », certains élus de son propre groupe, à l’image de Jean Dionis du Séjour ne le sont pourtant pas tant que ça. Favorable au projet et à l’avance de la Région, il alerte pourtant sur les 
« méchantes sorcières » qui rodent toujours autour de ce genre de grands projets : des coûts supplémentaires, des retards de chantiers ou pire encore, promet-il, « le poison de la division ». Comprendre, le désengagement de certaines collectivités au passage « de la grande serpillière régionale » qui éponge les contributions manquantes…

Agacé, Alain Rousset se fâche : « c’est vous le poison de la division! Votre seule action c’est la négociation et le chantage », avant te passer au tutoiement « la méchante sorcière, mon camarade, c’est toi ! » Pas de quoi pour autant revenir sur la parole donnée par la cheffe du groupe Centre et indépendants, qui votera donc au côté de LR, et de la majorité socialiste et apparentés en faveur de la délibération.

« Une délibération qui peut en cacher une autre », s’amuse, Christophe Duprat pour LR, favorable à cette avance. L’occasion pour lui aussi de pointer une attention, moins catastrophiste que son collègue, sur « les recettes toujours aléatoires et les coûts supplémentaires certains de ce genre de chantier ». Un « pari sur l’avenir » qui au-delà de ces 225 M€, ne devra pas oublier de prendre en compte tout le maillage autour de cette future LGV, suggère-t-il.

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