Les écoliers d’Oradour-sur-Glane racontent leur village


Des élèves d’Oradour-Sur-Glane participent à un projet pédagogique original. Ils remontent le fil du temps afin de redonner vie à leur village avant le 10 juin 1944 et publier deux albums illustrés.

élèves qui dessinentCorinne Merigaud | Aqui

Une soixantaine d'élèves de CM1 et CM 2 préparent deux albums illustrés qui raconteront leur village avant et après le 10 juin 1944.

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Publication PUBLIÉ LE 17/01/2023 PAR Corinne Merigaud

Comme la soixantaine d’élèves de CM1 et CM2 impliqués dans ce projet, Raphaël, Gabriel et Colin terminent la séance de travail animée par Didier Jean, auteur et Zad, illustratrice. Ils sont partis sur les traces de leur village dont le destin bascula le 10 juin 1944 avec l’arrivée de la division allemande « Das Reich ».

Avant cette tragédie, leur village ressemblait à tous les villages avec ses commerces, ses artisans, ses paysans qui vivaient au rythme des saisons, ses fêtes de village, son équipe de football… Les écoliers d’aujourd’hui ont grandi dans le nouvel Oradour, à deux pas des ruines du village martyr.

Le président du Conseil départemental et le maire d’Oradour-sur-Glane sont allés à la rencontre les écoliers.

Ce projet « Raconte moi mon village » va leur permettre de découvrir et de s’approprier l’histoire du bourg pour la transmettre aux générations futures. « Aujourd’hui, on a fait des dessins pour mettre les cabochons, il y aura une vache, le panneau Oradour, un pêcheur, une fontaine, des danseurs, un faucheur, des poules, énumère Gabriel, en plus, ils ont pris mon titre pour l’album “Si seulement ils avaient su” ».

Avant de dessiner, les élèves ont arpenté les rues du village en octobre pour s’imprégner du lieu. « On fait l’histoire de ce qu’il s’est passé avant l’arrivée des nazis » précise Raphaël. Quand on leur demande comment ils imaginent leur village avant ce 10 juin, les réponses fusent. « Joyeux, paisible, campagnard. Il y avait un tramway qui allait à Saint-Junien pour les femmes qui faisaient les gants, il allait aussi à Limoges. Il y avait beaucoup de maisons, deux cafés coiffeurs côte à côte et des agriculteurs. On nous a expliqué tout ça. » Pour la collecte d’informations, les enfants ont bénéficié notamment des ressources du Centre de la Mémoire.
Comme fil rouge, il fallait trouver un narrateur pour conter cette vie d’antan. « C’est le grand chêne d’Oradour qui est encore là et la vigne » dévoilent-ils.

« Parler autrement d’Oradour »

Après le premier tome qui sera finalisé d’ici juin, le second sera consacré au nouvel Oradour. Un coffret devait paraître en 2024 pour la commémoration des 80 ans du massacre. Un travail nécessaire et même attendu comme l’a mentionné Jean-Claude Leblois, président du Conseil départemental.

Il devrait être présenté au Centre de la Mémoire après la reconfiguration de la scénographie comme l’a signalé le maire Philippe Lacroix. « On va justement partir d’Oradour avant le massacre donc c’est quelque chose d’important car Oradour sera le centre de tous les thèmes développés autour de ce futur projet. » Le projet est soutenu par l’Education Nationale, la DRAC, l’Association des familles des martyrs d’Oradour et l‘association des parents d’élèves. « Les enfants ont adhéré de suite témoigne Nadège Mappa la présidente, ils se sentent investis. C’est bien qu’on parle d’Oradour autrement que par le drame et ils ont hâte de montrer leur travail. »

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