Les Amis de la Dronne réinsère des publics éloignés


Ces objets sont réalisés à partir de bois de récupération.

Ces objets sont réalisés à partir de bois de récupérationCorinne Merigaud

Ces objets sont réalisés à partir de bois de récupération

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Publication PUBLIÉ LE 13/04/2022 PAR Corinne Merigaud

Depuis quatre mois, un nouveau chantier d’insertion a débuté dans les locaux du centre AFPA bâtiment de Limoges suite à un partenariat original entre l’association Les Amis de la Dronne et le Département de la Haute-Vienne. L’objectif est de construire un parcours d’insertion pour des jeunes de 16 à 25 ans qui fabriquent divers mobiliers avec des bois issus de chantiers de déconstruction. Une manière de lutter contre le gaspillage de cette ressource durable tout en offrant une seconde chance à ces jeunes.

Des dizaines de fenêtres et de portes attendent une seconde vie sous un hangar et à l’atelier menuiserie. Données par des artisans ou récupérées sur des chantiers de déconstruction de logements. Avec un peu d’imagination et un bon tour de main, elles seront valorisées en bacs de jardinage, composteurs collectifs, nichoirs, canapés de jardin, caisses, toilettes sèches et même en abris pour chats errants, avec chatière et griffoir incorporés, une commande passée par la Ligue de défense des animaux.

Créée voilà quatre ans, l’association « Les Amis de la Dronne » pilote depuis quelques quatre mois un nouveau chantier qui associe le recyclage de produits en bois en fin de vie et l’insertion de jeunes âgés de 16 à 25 ans. Depuis sa création, l‘association propose des formations et animations pour les scolaires et les jeunes adultes sur son site « Terres de cabanes » à Bussière-Galant axées sur le jardin, la nature et l’habitat. Elle est agréée pour l’accueil de jeunes en service civique issus des quartiers prioritaires. Son activité s’est diversifiée avec ce chantier d’insertion retenu par le Conseil départemental après un appel à projets sur l’innovation sociale doté de 10 000 euros.

Redonner confiance à des jeunes en rupture professionnelle

Cinq salariés ont intégré les ateliers bois du centre AFPA pour un contrat à durée déterminée d’insertion variant de quatre mois à deux ans à raison de 24 h par semaine. Ces jeunes sont bénéficiaires du RSA ou demandeurs d’emploi de longue durée. « Depuis de nombreuses années, nous travaillons avec des bénéficiaires du RSA avec l‘objectif de les ramener vers l’emploi, explique Jean-Claude Leblois, président du Département. Pour cela, il nous faut des structures associatives comme celle-ci pour organiser des chantiers d’insertion, prendre en charge ces personnes, les remettre dans une ambiance de travail et leur apprendre certains gestes qui vont leur donner la possibilité d’entrer dans une entreprise avec un CDD ou un CDI. »

Le président du Département et le directeur des Amis de la Dronne ont visité le chantier d’insertion à l’AFPA de Limoges

Le matériau bois n’est qu’un support pour leur redonner confiance et retrouver la voie de l’insertion professionnelle tout en les éveillant à l’économie sociale et solidaire. « Avec des bois de récupération, ils font des meubles et divers équipements poursuit-il, ce chantier a plusieurs intérêts, permettre à des jeunes de travailler et récupérer des matériaux qui partaient à la déchetterie pour leur redonner une deuxième vie. »

Cet ancien ostréiculteur par exemple a trouvé sa vocation à l’atelier menuiserie où il s’épanouit depuis quelques mois. «J’ai quitté mon métier pour suivre l’amour et cela m’a mené jusqu’à Limoges. Il me reste quatre mois pour restaurer tous ces petits meubles, comme ce tabouret et j’irai chez les Compagnons. Comme cela, j’aurai un peu d’avance sur les autres…»

Un parcours d’insertion individualisé

Certains jeunes sont également adressés par la mission locale après avoir décroché du système scolaire. A l’aube de ses 18 ans, Léo est arrivé en janvier pour un service civique de huit mois. « J’aime bien bricoler et travailler le bois », confie-t-il, « j’ai eu un parcours scolaire chaotique, j’ai quitté l’école en collège 4ème, victime de harcèlement. J’ai décroché malgré les cours que j’ai suivis au CNED. » Le jeune homme cherche encore sa voie mais ce contrat lui a donné la motivation. « Avec ce que j’ai appris ici, j’ai réparé mon canapé dit-il fièrement, j’ai encore le temps de réfléchir à mon avenir. Comme je suis un peu artiste, j’aimerais trouver un petit emploi pour avoir le temps de développer mes passions artistiques et pourquoi pas dans le bois ?»

Pour le directeur de l’association, chaque parcours de vie est à prendre en compte afin de réussir une insertion durable. « Il faut prendre le temps avec ces jeunes déscolarisés depuis longtemps, leur redonner des règles et des contraintes » assure Marc Jeannot. « Quand ils arrivent, je leur demande ce qu’ils aiment et ce qu’ils n’aiment pas pour construire un vrai projet individuel. Et pour la vie de groupe, j’impose un repas partagé le midi. »

Chaque année, trente places sont disponibles pour les 16-25 ans afin de leur remettre le pied à l’étrier. « Nous avons accueilli 28 jeunes l’an dernier et 24 sont entrés en formation, en apprentissage pour la majorité d’entre eux, tandis que certains sont retournés dans la vie active. » Les objets fabriqués sont ensuite vendus à prix modestes voire offerts. Ils trouvent leur place dans des écoles, des centres sociaux, des associations, au PNR Périgord-Limousin… L’atelier sera prochainement équipé d’un parc machines avec notamment une toupie et raboteuse quatre faces. Cinq salariés supplémentaires intégreront ce chantier d’insertion d’ici l’été.

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