Le reconditionnement des pièces d’hélicoptères se pose


L'entrepreneur québécois Toby Gauld et la directrice générale en France, Céline Marchal, s'installent au Pays basque pour recycler des pièces d'hélicoptères.

L'entrepreneur québécois d'Optima Aéro, Toby Gauld et la directrice générale en France, Céline Marchal, s'installent au Pays basque pour recycler des pièces d'hélicoptèresCP

L'entrepreneur québécois d'Optima Aéro, Toby Gauld et la directrice générale en France, Céline Marchal, s'installent au Pays basque pour recycler des pièces d'hélicoptères

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Publication PUBLIÉ LE 06/04/2022 PAR Cyrille Pitois

Toby Gauld, l’entrepreneur québecois fondateur de Optima Aero a fait le voyage à Bayonne pour signer son bail et rencontrer équipes et partenaires. Il créée au Pays basque la copie du modèle qui fait son succès à Montréal depuis onze ans : une entreprise de démantèlement d’hélicoptères et de reconditionnement des pièces. Un business inédit, qui va créer vingt emplois et contribuer sensiblement à la réduction de l’empreinte carbone de l’aéronautique.

Avec son délicieux accent de la belle province, l’entrepreneur Toby Gauld aime rappeler son attachement à la France et son goût pour le Pays basque. «Il y a vingt ans au Québec, quand il s’agissait de travailler avec la France, on savait que ce serait long et compliqué. Je peux témoigner que les choses ont bien changé ! Il s’est passé seulement six mois entre notre première rencontre et l’implantation concrète.»

Un gisement en personnel qualifié

Toby Gauld installe Optima Aéro au cœur de l’Europe pour répondre aux besoins du marché hélicoptères de ce côté-ci de l’Atlantique. « Rapatrier un hélicoptère de l’Europe vers le Québec nous coûte 50 000 dollars canadiens (36 000 euros). Le reconditionner ici nous fait réaliser une économie de 40 000 dollars canadiens (30 000 euros) » explique l’entrepreneur. Il a donc décidé d’investir 10 millions d’euros dans l’agglomération bayonnaise pour reproduire son expérience canadienne et créer 20 emplois, d’ici trois ans. Un premier bâtiment de 1000 m2 va être loué pour la première année, à Anglet. Puis l’activité sera transférée dans un bâtiment de 3000 m2 qui reste à trouver ou à construire. « J’aimerais bien avoir la vue sur la montagne, » rêve Toby Gauld.

Issu du monde industriel, l’entrepreneur a acheté son premier moteur d’hélicoptère voilà 11 ans. « Aujourd’hui nous traitons 9 hélicoptères par an. L’objectif est d’arriver à 15 dès cette année, dont la moitié sur notre nouveau site du Pays basque, » prévoit Toby Gauld.

Il a d’ores et déjà recruté sa directrice générale, Céline Marchal, une ancienne de Safran. Et va recruter progressivement et localement les techniciens supérieurs. « Il y a déjà ici du personnel qualifié aéronautique. Il y a aura seulement besoin de passer les certifications nécessaires à notre métier. »

Le démontage d'un AW 109 par Optima AéroCP

Le démontage d’un AW 109 par Optima Aéro

Réduire le coût et l’empreinte carbone

Les clients susceptibles d’acheter les pièces reconditionnées sont déjà identifiés : Airbus ou Léonardo en Italie. Safran reste encore à convaincre. Avec une activité aussi spécifique et un engagement fort de réduction de l’empreinte carbone dans le monde de l’hélicoptère, l’entrepreneur veut se positionner en Europe, mais aussi au Moyen Orient et en Afrique. « Avec l’utilisation prioritaire des pièces reconditionnées, Optima Aero permet la prolongation économique de la vie des hélicoptères en service. Ceci améliore la disponibilité des pièces, en réduit le coût et l’empreinte carbone liée au cycle de fabrication de pièces neuves, de l’extraction minière jusqu’à l’usinage ou l’assemblage. La fabrication de pièces neuves pèse jusqu’à 18 % de l’empreinte carbone totale de l’industrie aéronautique.»

Un projet pour lequel la Région Nouvelle-Aquitaine, la Communauté d’agglomération et la Chambre de commerce de Bayonne se sont employées à faciliter la localisation: “Il n’y a pas de développement économique sans accompagnement de la production”, estime la vice-présidente de l’agglomération en charge des affaires économiques, Sylvie Durruty. 


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