Le port de Bordeaux sort la tête de l’eau


Malgré la crise sanitaire, l'activité du grand port maritime de Bordeaux retrouve des couleurs en 2021 et fourmille de projets pour les cinq prochaines années.

Philippe Dorthe, président du conseil de surveillance du port de BordeauxD.Trentacosta

Philippe Dorthe, président du conseil de surveillance du port de Bordeaux

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Publication PUBLIÉ LE 26/01/2022 PAR Cyrille Pitois

En perte de vitesse depuis 2018, le Grand port maritime de Bordeaux signe une activité 2021 qui le sort de l’ornière, malgré la crise sanitaire. Le trafic atteint 6,7 millions de tonnes, en hausse de 10,3% par rapport à l’année précédente. Appuyé sur un projet stratégique et un programme d’investissements, le moral revient et les perspectives aussi. Comme l’hébergement par le port sur le site de Bacalan de la neuvième technopole de la métropole bordelaise autour de l’innovation industrielle.

Un appel aux territoires

Le président du conseil de surveillance du Grand port maritime de Bordeaux, Philippe Dorthe, ne cache pas les difficultés des années précédentes : « Nous sortons de l’ornière », indique-t-il en présentant les résultats de l’activité 2021 qui conditionnent les 8000 emplois du complexe industrialo-portuaire bordelais, dont 340 salariés directs du port. « Nous sommes un port de territoire qui veut jouer un rôle avec la ville, la métropole et l’interland (les territoires desservis) souligne le président. Mais il faut aussi que les collectivités intègrent que les territoires ont un port.»

Un appel aux partenaires qui se traduit par exemple dans le champ du transport fluvial. « Nos installations sont prêtes à accueillir des barges, » souligne Jean-Frédéric Laurent, directeur général du port. « Nous avons aménagé nos équipements pour l’activité fluviale et fluvio-maritime. Mais il manque un tissu d’opérateurs du fret. Quelques expérimentations ponctuelles de transport de fruits et légumes ou de transformateurs électriques ont lieu. Mais ce n’est pas structuré. Il y a des regroupements de volumes à créer, par exemple en Lot-et-Garonne, qui tardent à émerger. On y travaille mais on revient de loin. Il n’y a plus de péniches comme on peut encore en trouver sur d’autres bassins. Sur les sujets de la traversée de véhicules, notamment de camions, nous sommes prêts à devenir les partenaires de ceux qui voudront lancer la machine. »

Le rebond du trafic et des investissements

En ce début d’année le port voit surtout le verre à moitié plein. « C’est l’arrêt de la chute du port et 2021 marque le rebond du trafic, des investissements et des projets,» plaide Jean-Frédéric Laurent. Le trafic historique d’hydrocarbures ne grossit plus du fait de la crise Covid et surtout de la baisse structurelle de la consommation en écho aux efforts de décarbonation des différentes filières.

Jean-Frédéric Laurent, directeur général du port de BordeauxMA Jamois

Jean-Frédéric Laurent, directeur général du port de Bordeaux

La croisière est restée en grande souffrance avec seulement 19 escales en 2021 également pour cause de Covid. Mais la remise à niveau est attendue dès 2022 avec 60 escales annoncées. Et le port travaille aussi sur la transformation du terminal Airbus à Pauillac. L’avionneur ne l’utilise plus. Il est donc disponible  pour accueillir bientôt des paquebots de 300 mètres de long quand la limite de l’accostage en centre-ville est de 255 mètres. « Pauillac c’est loin de Bordeaux, mais c’est en plein vignoble. Les compagnies de croisières sont en demande pour des escales différentes et des bateaux différents, » prévoit Jean-Frédéric Laurent. A plus long terme une gare maritime pourrait même être construite sur place.

Un Hub de l’hydrogène verte

« La bonne nouvelle ce sont les progressions des trafics issus des filières de territoire, ancrées dans le tissu économique local, en lien par exemple avec les industries de transformation des produits agricoles, des métiers de la construction et surtout du développement de l’économie circulaire, » se réjouit la direction du port. Justement en phase avec le projet stratégique qui prévoit un renouvellement de l’économie portuaire en phase avec la transition énergétique et qui accompagne notamment la production d’hydrogène inscrite en tête de liste des leviers de transformation du port.  « Nous voulons faire de Bordeaux un grand Hub de l’hydrogène verte. »

70 millions d’investissement sont programmés sur 5 ans dont une première tranche de 10 millions en 2022. Pole chantier naval, extension des capacités d’accueil des conteneurs, grues, hangars de stockage, connexions ferroviaires… la toilette du port est un chantier aux multiples entrées. «Nous souhaitons accueillir les projets d’investissement, dans les secteurs de l’énergie, de la construction, de l’industrie, de la mobilité ou des carburants verts qui cherchent à implanter des outils de relocalisation. » Sans oublier les 45 ha de friches à Ambès qui vont accueillir des panneaux photovoltaïques, au service exclusif de la production d’ammoniac vert. « Nous sommes en œuvre pour attirer les molécules bas carbone, notamment l’hydrogène, mais ce n’est pas la seule. »

Gagner une escale de conteneurs pour les exportations  

Pour 2022, l’ambition est de faire grimper le trafic à 7 millions de tonnes, « seuil en dessous duquel le port ne peut descendre sans remettre en cause son niveau de services, » analyse le directeur qui travaille à une deuxième ligne de porte-conteneurs qui fasse escale à Bordeaux. « Avec une escale par semaine, le service n’est pas suffisant pour les exportateurs du territoire. »  

Si le transport maritime puise ses origines dans l’histoire de l’humanité, ca n’empêche pas le port de de s’inscrire dans la dynamique de l’innovation. Pôle Excellence Garonne, la 9 e technopole de la métropole avec une plate-forme d’innovation, de formation et de recherche, hébergera dès cette année des entreprises capables de tester, mettre au point et développer des procédés industriels. « Nous jouerons même le rôle d’investisseur pour accompagner les projets. Nous avons déjà des candidats, » annonce Jean-Frédéric Laurent.

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