Le CHU de Bordeaux se cherche un nouveau souffle


Si l'actualité du CHU de Bordeaux reste dominée par la gestion de l'épidémie, sa direction planche sur son projet de modernisation et l'attractivité des métiers.

Le CHU de Bordeaux a tenu sa conférence de presse de rentrée vendrediCHU de Bordeaux

Le CHU de Bordeaux a tenu sa conférence de presse de rentrée vendredi

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Publication PUBLIÉ LE 10/01/2022 PAR Claude-Hélène Yvard

Au sein du centre hospitalier de Bordeaux, les tensions hospitalières demeurent importantes en raison du covid, les équipes soignantes, saturées, et à bout redoutent un nouveau pic de l’épidémie. Pourtant, malgré ce contexte difficile, la direction fait face pour résoudre les gros soucis de recrutement, la gestion des lits, l’absentéisme, en planchant sur l’attractivité des métiers au sein de l’hôpital public et en se projetant sur le projet de modernisation qui devrait voir notamment l’avènement des nouvelles urgences pédiatriques aujourd’hui saturées.

Les hôpitaux français, dans le contexte de l’épidémie sont à bout de souffle, et celui de Bordeaux n’échappe pas à cette situation. La conférence de presse de rentrée du CHU de Bordeaux a été l’occasion de redire que « les tensions hospitalières » subsistent depuis plusieurs semaines, à cause des cas de Covid-19 qui affluent, mais pas que : d’autres pathologies nécessitent des hospitalisations.

Lors de sa conférence de presse de rentrée, le directeur général du site, Yann Bubien, est revenu sur les difficultés que connaît l’hôpital : contexte épidémique, difficultés de recrutement de personnel, difficultés de gestion des lits, cas de clusters dans les services, absentéisme, saturation des urgences notamment pédiatriques.

Si la situation est maîtrisée en raison de la forte mobilisation des équipes médicales depuis deux ans, cela ne signifie pas qu’elle n’est pas compliquée pour les médecins. Avec un flux tendu de 200 passages aux urgences et une moyenne de 1300 appels par jour, les soignant souffrent beaucoup en raison de postes vacants et du nombre de lits fermés (autour de 5 à 600 en période de congés, 260 lits ont rouvert la semaine dernière). Surtout, ils redoutent un pic épidémiologique pour la fin du mois.

127 malades Covid 19

Actuellement, 127 patients sont hospitalisés  à cause du Covid-19 au CHU de Bordeaux, soit le plus grand nombre atteint depuis le début de la crise sanitaire. 45 personnes sont en réanimations et soins critiques, ce qui correspond à peu près à la moitié de l’ensemble des lits de ce secteur.  Le variant qui cause des cas graves, “c’est le variant Delta” explique le professeur Malvy, membre du conseil scientifique. Les différents profils des personnes en soins intensifs sont connus : entre 70 et 80% sont des non-vaccinés. “Je n’ai jamais vu en réanimation des personnes vaccinées avec les doses de rappel”, précise-t-il. Pour les 30% restants, il s’agit de personnes dont le schéma vaccinal n’est pas complet,  ou de personnes immunodéprimées ou avec des facteurs de risque importants. On observe quelques faux pass.

Le variant Omicron est remarquable par son taux de reproduction “de deux jours, explique le Professeur Malvy. Omicron c’est l’épidémie dans la pandémie“. Mais il indique aussi “qu’il est trop contagieux pour laisser la place aux autres variants très facilement. Omicron marque un pas avec un virus plus transmissible mais moins sévère, une vaccination tout à fait opérationnelle. Ce qui nous montre à l’orée 2022 une sortie du tunnel. Mais la distance entre maintenant et la sortie du tunnel, nous ne la connaissons pas“. 

Travailler à l’attractivité de l’hôpital public

 Depuis le mois de septembre, l’équipe de direction du CHU est mobilisée sur l’attractivité, la fidélisation, l’accompagnent ses carrières  au sein de l’établissement. C’est la priorité 2022, car tout le secteur de la santé enregistre des difficultés de recrutement, insiste Yann Bubien. Le CHU ne parvient pas à combler ses besoins en matière de personnels. Pour recruter, fidéliser, pour attirer des professionnels, le CHU de Bordeaux  a mis en place tout un arsenal de propositions et de mesures, pour qu’ils aient envie de travailler pour le service public hospitalier. Parmi celles- ci, on note des embauches directes en contrat à durée indéterminée pour les aides soignants et les infirmiers, en titularisation directe comme fonctionnaire, notamment pour les services de nuit ou les services en tension.

Sont également mises en place des mesures salariales dans le cadre du Ségur de la santé : un volet sur les rémunérations et un volet sur l’investissement des établissements. “Aujourd’hui, une jeune infirmière recrutée en soins critiques, là où l’on en a le plus de besoin,  peut prétendre à une rémunération qui est majorée de 7000 euros bruts par an”, cite en exemple Yann de Bubien. L’établissement souhaite davantage accompagner les carrières, avec des possibilités de montée en compétences, via des formations ou des promotions ; les durées de carrières en milieu hospitalier étant relativement courtes. Autres solutions évoquées, le développement de l’apprentissage, la participation à des salons régionaux pour attirer les futurs étudiants vers les métiers de la santé et l’hôpital public. 

Le CHU de Bordeaux a également lancé son grand chantier de reconstruction pour 1,2 milliard d’euros sur dix ans dont la moitié en reconstruction et réhabilitation et la seconde moitié en construction. Le nouvel hôpital des enfants, en phase d’aménagement,  ouvre le 1er mars. Il devrait permettre un meilleur accueil des urgences pédiatriques qui sont saturées actuellement, grâce au triplement de sa surface. Le nouvel hôpital des enfants aura coûté 34 millions d’euros

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