L’association Urgence POLT croit en un trajet Paris Limoges


Outre les travaux d'aménagement en cours, une modernisation de la ligne permettrait de relier Limoge à Paris en 2h49 voire en 2h40. Faut-il encore pouvoir la financer.

Photos d'illustration de la ligne POLTLucas D. Creative Commons

Photos d'illustration de la ligne POLT

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Publication PUBLIÉ LE 13/07/2022 PAR Corinne Merigaud

L’association Urgence POLT a rendu sa copie après une étude menée entre octobre et juin dernier. Si la ligne était modernisée, le trajet serait possible en 2h40 d’ici 2026 et même atteignable en 2h30 à moyen terme. Pour y parvenir, elle demande une participation de la Région de 60 millions d’euros.

Aujourd’hui, pour un trajet Limoges Paris, il faut compter 3h15 quand il fallait 2h50 il y a encore quelques années. Mais le terrible accident de Brétigny en 2013 a mis en lumière l’état de vétusté d’une ligne mal entretenue depuis trop longtemps. L’étude commandée par l’association Urgence POLT (acronyme de la ligne Paris-Orléans-Limoges-Toulouse) vient de s’achever et les conclusions sont plutôt optimistes. « Notre groupe de travail est parti du schéma directeur signé par Elisabeth Borne en janvier 2019 lorsqu’elle était ministre des transports explique Jean-Claude Sandrier, président de l’association. L’objectif de 2h40 est atteignable dans le cadre du schéma directeur qui doit s’achever en 2026 ou dans les deux ans qui suivent. »

Mais voilà pour atteindre l’objectif de 2h40 pour deux trains rapides quotidiens, il faudrait déjà lancer une première modernisation qui permettrait un gain de 20 minutes entre les deux villes ramenant le temps de trajet à 2h49 contre 3h09 en théorie aujourd’hui. Dans la pratique, il est dépassé compte tenu des travaux de régénération des voies qui ont démarré depuis quelques mois.

Les membres de l’association Urgence POLT ont rendu leurs conclusions sur le temps de trajet de la ligne ferroviaire Paris-Limoges

Soixante millions attendus de la Région

Et c’est là que le bât blesse, cette phase de modernisation nécessite d’engager 385 millions d’euros. « L’Etat en paiera les deux tiers soit 257 millions détaille-t-il, il reste un tiers du financement à trouver soit 128 millions. La Région Occitanie s’est engagée à hauteur de 10 millions, la Région Centre est d’accord si toutes les régions participent mais la Région Nouvelle-Aquitaine a refusé. S’il manque une partie du financement, il manquera un bout de ligne ce qui posera un problème d’accessibilité. » 

Aujourd’hui, des travaux de régénération des voies (remise à niveau) sont bien en cours sur cet axe ferroviaire. L’État a engagé 1,6 milliards d’euros, prenant à sa charge la totalité du financement. « Il s’agit de remettre en état cette ligne comme elle était il y a 30 ou 40 ans » ajoute le président de l’association.

Seize nouvelles rames à partir de 2023

Par ailleurs, de nouveaux trains rapides, 16 rames au total, doivent être livrées à partir de fin 2023 et ce sur deux ans pour circuler à 200 km/heure. On imagine mal que la totalité de la ligne Paris-Limoges ne soit pas modernisée d’ici là pour que ces trains puissent rouler à pleine vitesse. « Pour la Nouvelle-Aquitaine, c’est un investissement de 60 millions d’euros insiste Jean-Marie Lagedamont adjoint à la Ville de Limoges et vice-président en charge des mobilités de Limoges Métropole, on nous oppose que c’est la responsabilité de l’État, mais 60 millions, ce n’est pas grand-chose par rapport au milliard que la Région a investi pour le Bordeaux-Toulouse. » Et de justifier cet investissement pour favoriser le développement des territoires concernés. « La ligne POLT est la colonne vertébrale qui permet d’irriguer l’économie locale poursuit-il, il y a une demande forte de la part des gens concernés par la ligne POLT, mais en haut, cela ne bouge pas d’un iota ! On ne désespère pas, on va y arriver. »

Le président de l’association n’oublie pas son objectif de 2h40. « On pourra mettre cela en place rapidement après la première étape des 2h49, on imagine que ce sera possible en 2027 espère-t-il, pour cela il reste à régler le financement de la totalité de la modernisation de la ligne. »

Le schéma directeur prévoit 11 allers retours par jour (contre 9 actuellement) mais les membres de l’association en demandent 14 « comme cela existait jusqu’en 2015. » Ils enfoncent même le clou sur le temps de trajet. Un bureau d’études suisse avait travaillé sur l’hypothèse d’un trajet en 2h30. Cette étude dénommée « Arcadis » montrait, dès 2018, qu’il était possible d’atteindre ce temps de trajet après une seconde phase de modernisation. Encore faut-il boucler le financement de la première…

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