L’Actualité du Roman : Rien pour elle


Laura Mancini : Rien pour elle (niente per lei 2019, traduit de l’italien par Lise Chapuis et Florence Courriol)-Agullo- 281 pages- février 2022- 20,5€-

Laura Mancini : Rien pour elle (niente per lei 2019, traduit de l’italien par Lise Chapuis et Florence Courriol)-Agullo- 281 pages- février 2022- 20,5€-La Machine à Lire

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Publication PUBLIÉ LE 06/07/2022 PAR Bernard Daguerre

Tullia, l’héroïne, est comme un mélange inextricable de révolte et de soumission, tout au long de sa vie. Cette enfant de Rome nous jette son existence, dans une série de chapitres construits comme autant de combats successifs, rythmant une force qui va, une volonté d’affronter avec ses armes de pauvre tous les épisodes comme inscrits d’avance dans la grande roue de l’histoire. Tout commence pendant les années 40, sous les bombes américaines, jusqu’au vingtième siècle finissant.

Aucune fée ne s’est penchée sur son berceau, mais une mère, Rosa, impressionnante de dureté, et de cette force méchante qu’elle déverse sur ses enfants, contre laquelle très tôt Tullia se blinde avant de l’affronter. La voilà donc jetée dans la rue autant qu’elle s’y jette pour gagner quelques sous et son indépendance, certes toute relative. On laissera le lecteur découvrir les moments d’une vie professionnelle tenue plutôt au bas de l’échelle sociale, les tourments et aléas d’une vie sentimentale et d’une vie de famille qui la font mère, puis grand-mère.

Elle sait aussi parler du cadre de son existence, cette ville de Rome où dit-elle «  Tout…n’était que violence. Rome m’apparaissait sous son jour le plus cru. Une marâtre qui ne changeait jamais, poussiéreuse, rafistolée, capable uniquement de repousser ses enfants le long des rues sordides et populeuses, chacune vers une cachette sûre. » ; elle s’y situe avec justesse à son rang de prolétaire « Nous le peuple de Rome avec le goût du comique et une faim de loup, une vie partagée entre poussière et plaisanterie. »

La fureur de vivre chevillée au corps, sans jamais s‘interroger sur les causes des injustices qu’elle subit, elle ne cesse de se battre contre ce, qu’au fond d’elle-même, dans ses entrailles autant que dans son esprit, elle a intégré comme toujours plus fort qu’elle. Dans ces corps à corps et corps à cœur permanents d’où émergent les figures de sa mère et de sa fille, remontant sans se lasser la pente escarpée de sa destinée, Tullia est un Sisyphe contemporain.

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