La ressource en eau au coeur du programme européen


Les quatorze partenaires du programme européen Life Eau&Climat se sont réunis à Limoges pour dresser un premier bilan

Les quatorze partenaire du programme européen Life Eau&Climat se sont réunis à Limoges pour dresser un premier bilanCorinne Merigaud

Les quatorze partenaire du programme européen Life Eau&Climat se sont réunis à Limoges pour dresser un premier bilan

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Publication PUBLIÉ LE 21/09/2021 PAR Corinne Merigaud

Démarré depuis un an, le programme européen Life Eau&Climat coordonné par l’Office international de l’eau basé à Limoges doit durer quatre ans. Son objectif est ambitieux car il s’agit d’aider les gestionnaires de l’eau à élaborer des stratégies d’adaptation face à des phénomènes observés et prévisibles suite au dérèglement climatique. Un an après son lancement, les quatorze partenaires scientifiques et territoriaux impliqués se sont retrouvés à Limoges pour dresser un premier bilan d’étape et annoncer quelques réalisations.

Comment faire face à la raréfaction annoncée de la ressource en eau ? Voilà tout l’enjeu du programme européen Life Eau&Climat qui a démarré en septembre 2020 sous la houlette de l’Office international de l’eau. Chacun s‘accorde à dire que l’eau va devenir, demain, une ressource rare avec un risque de conflits d’usages. Pour éviter cela, il faut anticiper ce changement de paradigme en appréhendant les effets du changement climatique déjà visibles. Ainsi, les périodes de sécheresse s’enchaînent et la gestion de l’eau devient problématique en raison d’une baisse importante des étiages des cours d’eau.

Les quatorze partenaires du programme Life Eau&Climat cofinancé par l’Union européenne et la Région, ont dressé un bilan de leurs travaux. Les enjeux du changement climatique en Nouvelle-Aquitaine sont importants comme l’a rappelé Mathieu Labrousse conseiller régional. « Il faut prendre compte dans les schémas directeurs d‘aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) les mesures pour accompagner le changement climatique et faire de notre région un territoire de résilience en réinventant les usages de l’eau. Ce programme doit nous aider car d’ici 2050, 40 % des volumes d’eau seront en baisse soit un déficit de mille millions de m³ ». En juin 2018, la Région a mis en place sa stratégie sur la gestion de l’eau déclinée au travers de cinq enjeux, et complétée par la feuille de route régionale Néo Terra qui consacre l’un de ses volets à la préservation et la protection de la ressource.

Baisse des étiages sur le bassin de la Vienne

Selon les données du plan d’adaptation au changement climatique du bassin Adour-Garonne, ce dernier pourrait baisser de 20% à 50% en période d’étiage d’ici 2050. En outre, le recul de l’enneigement dans les Pyrénées est estimé entre 35% et 60% entraînant des diminutions des volumes de recharge des nappes phréatiques de 20% à 50%. Pour Stéphane Loriot, directeur de l’établissement public territorial du bassin de la Vienne, « cette problématique touche toutes les têtes de bassin qui étaient épargnées auparavant avec sur le suivi de l‘écoulement des cours, 40 % d’assec sur 214 stations de mesure depuis dix ans. La baisse des débits atteint 20 % ».

Sur le bassin de la Vienne, les débits sont en baisse de 20%

Ainsi, ce programme entend aider les gestionnaires locaux de l’eau à prendre en compte les effets du changement climatique. Cinq scientifiques épaulent neuf partenaires territoriaux chargés de gérer la ressource. « Sur les 200 SDAGE validés en France, 21 sont dans ce programme, c’est un échantillon varié et représentatif assure Sonia Siauve, coordinatrice du programme à l’OiEau ». Le programme comprend cinq axes dont le premier, le développement d’outils, a été confié au cabinet conseil Acterra. Un diagnostic de vulnérabilité locale de gestion de toutes les ressources en eau, en climat changeant, a été effectué donnant lieu à un guide papier en fin d’année. Un second outil de planification de l’adaptation aux contraintes climatiques sera en accès libre sur le site gesteau.fr, le site officiel de tous les SDAGE français.

Un nouveau portail sur l’eau

Un autre axe de travail, la collecte et la diffusion de données météorologiques, incombe à Météo France en vue de réaliser des études prospectives. « Le but est de développer un portail complémentaire à drias-climat.fr, en ligne depuis 2012 qui met à disposition des gestionnaires de l’eau des données climatiques, précise Jean-Michel Soubeyroux, directeur adjoint scientifique. La volonté avec Life Eau&Climat est de faire le pendant sur les données hydroclimatiques avec drias-eau et un accès mutualisé aux deux portails d’ici décembre 2022 afin de faciliter l‘utilisation de l’ensemble des données ».
Les premières sont publiées ce mois-ci avec un enrichissement qui sera progressif. « Ce premier jeu de données concerne l’évolution de la ressource en eau en France avec des simulations de débits de rivières, l’évapotranspiration, l’humidité des sols ou encore l’équivalent en eau du manteau neigeux car certains cours d’eau notamment la Durance dépendent de régime nival, l’évolution de cette ressource est donc essentielle» estime-t-il. Un rapport sera publié fin septembre qui analysera ces données, mais des tendances fortes apparaissent pour ce spécialiste. «On note un contraste assez fort entre le Nord et le Sud de la France et une évolution à la baisse de la ressource en eau marquée au sud avec un allongement de la période d’étiage » dévoile-t-il. Concernant les zones de montagne, le constat est sans appel. « Le pic de fonte est avancé ce qui entraîne une modification du cycle hydrologique pour les basins de montagne » remarque-t-il. « Quant à la Nouvelle-Aquitaine, c’est sans surprise une baisse des débits de printemps, d’été et d’automne mais surtout l’été avec des étiages plus sévères et plus longs qui nécessitent de continuer à avancer dans les actions pour améliorer la résilience du bassin de la Garonne au risque de sécheresse et de bas débits ». Des résultats inquiétants qui devront favoriser une prise de conscience collective.

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