La positive attitude de l’artisanat Néo-aquitain


25.000 entreprises relevant de l'artisanat se sont lancées en 2021, "du jamais vu" selon le président de la Chambre de Métiers et de l'artisanat Nouvelle-Aquitaine.

Gérard Gomez, Préisdent de la Chambre des Métiers et de l'Artisanat Nouvelle-AquitaineCMA NA

Gérard Gomez, Préisdent de la Chambre des Métiers et de l'Artisanat Nouvelle-Aquitaine

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Publication PUBLIÉ LE 16/02/2022 PAR Solène MÉRIC

Positif. Voilà l’état d’esprit du nouveau président de la Chambre de métiers et de l’artisanat de Nouvelle-Aquitaine. Elu en novembre dernier, Gérard Gomez, artisan Taxi à Biarritz, bénéficie d’une conjoncture plutôt favorable pour construire son projet de mandature. Une situation économique qui n’était pourtant pas si évidente après 2 ans de crise sanitaire… Et pourtant l’artisanat se relève de la Covid 19, et plus que jamais séduit. Sans nier des points d’attention sur la fragilité financière des entreprises ou plus largement sur le sujet de la reprise de ces TPE, globalement, pourrait-on dire, ça va.

D’après une enquête réalisée auprès des artisans de Nouvelle-Aquitaine en décembre dernier, « 69% des répondants prévoient pour 2022, une augmentation de leur chiffre d’affaires. Ce taux grimpe à 79 % pour les artisans ayant bénéficié d’un accompagnement de la Chambre de métiers et de l’artisanat,», indique le président, Gérard Gomez. Un rebond économique qui suit le fil de 2021, puisqu’après des baisses de chiffre d’affaires, pour 60% des artisans en 2020, ils étaient déjà 60% a affiché une augmentation en 2021. Ce qui se traduit en termes d’emploi: 75% des répondants ont maintenu leur effectif et 16%, envisagent un recrutement à 6 mois. Le moral est bel et bien revenu puisqu’en mars 2021, seules 5 % des entreprises de l’artisanat affirmaient cette volonté de recruter.

Recrutement, nouveaux marchés : un besoin d’être accompagné
Mais, un point noir tout de même ressort de l’enquête : 53% des répondants déclarent que leur entreprise est en situation de fragilité financière, en particulier pour les entreprises de moins de 3 ans d’existence (62%). « Nous n’imaginions pas qu’il puisse en être autrement », commente le président de la Chambre de métiers régionale, qui souligne en point supplémentaire de vigilance que cette enquête date « de la veille de la 5ème vague Omicron ».

Des entreprises qui d’ailleurs plébiscitent leur chambre consulaire et reconnaissent un besoin en accompagnement pour 28% des répondants. « Ce besoin d’être accompagné m’a surpris. On sait que les artisans ne viennent pas spontanément vers nous, mais on voit bien que malgré tout il y a une réelle attente. » Et les domaines sont précis, les artisans identifient 3 principaux enjeux pour l’avenir : le recrutement, l’accès aux matières premières et l’accès à de nouveaux marchés. Autour des questions sur le recrutement, Gérard Gomez veut sensibiliser aussi sur l’apprentissage : « quel contrat, comment on le signe et quelle conséquence pour l’entreprise… Nous sommes là aussi pour répondre aux entreprises sur ces questions », affirme-t-il.


Apprentissage en augmentation
D’ailleurs l’apprentissage est un des porteurs de bonnes nouvelles pour cette année 2021. Après plusieurs années de croissance à 5 %, le nombre de jeunes en apprentissage est en augmentation de 9 % en 2021. « Malgré la crise, les artisans n’ont pas décéléré dans leur ambition de former des jeunes », se satisfait Gérard Gomez qui n’est pas dupe :« les aides à l’apprentissage ont indéniablement permis d’obtenir ces bons résultats, c’est certain. Mais nous avons aussi beaucoup investi dans la communication digitale auprès des jeunes, avec une campagne qui va être reprise au niveau national ».

Précisément, ils sont 12 726 apprenants à se former dans les 19 sites de formations de la CMA Nouvelle-Aquitaine, c’est un tiers des apprentis de la région. 33% se forment aux métiers de bouche, 26% dans le secteur des services et 25% à la maintenance des véhicules. Si le Président Gomez plaide pour sa paroisse, c’est que livre-t-il, « 80% des apprentis formés dans nos CFA trouvent un emploi dans les 7 mois qui suivent l’obtention du diplôme. » Des apprentis dont les profils peu à peu évoluent : « si la majorité sort du collège, 22% vient du secondaire ou du niveau universitaire dans le cadre de réorientation, c’est assez notable ». Autre chiffre, encore timide mais en évolution : + de 6% des apprentis ont 26 ans ou plus. L’artisanat se dessine de plus en plus comme une voie pour une nouvelle vie.

L’âge du capitaine

Une dynamique de l’apprentissage avérée dans un contexte qui ne peut être que satisfaisant pour le président Gérard Gomez à savoir l’augmentation de 8 % du nombre d’entreprises artisanales par rapport à l’année précédente. Elles sont en effet 179 000 en ce début d’année contre 165 000 un an plus tôt. 25 000 créations d’entreprise artisanale ont été enregistrées en 2021. C’est 15 % de plus qu’en 2019, « du jamais vu » selon le président de la Chambre consulaire régionale. Sur le profil de ces entreprises, c’est toujours le statut de la microentreprise qui domine avec 79 % des créations, contre 71% en 2019.

Si Gérard Gomez dit « aborder 2022 avec optimisme » et se dit au travail pour dessiner la feuille de route de sa mandature qui démarre, un des sujets qui le préoccupe est, comme dans d’autres secteurs économiques, la pyramide des âges. L’âge moyen des artisans est aujourd’hui de 46,3 ans, mais plus d’un quart d’entre eux (27%) sont âgés de 55 ans et plus. Des tensions sur les transmissions sont à prévoir, avec le point d’acuité particulier en milieu rural, où les plus de 55 ans sont souvent plus nombreux encore. « Dans certaines zones peu denses, un artisan qui cesse son activité, ça peut mettre toute une zone économique en péril », avertit-il.

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