La Métropole pousse le logement


Bordeaux Métropole

La Métropole pousse le logement

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Temps de lecture 4 min

Publication PUBLIÉ LE 28/10/2017 PAR Romain Béteille

Faire pousser les mûrs

C’est peu dire qu’avec la croissance démographique et le développement économique actuel de la métropole bordelaise, la question du logement est au centre des préoccupations politiques. En tout cas, elles l’étaient clairement ce vendredi lors du dernier conseil de métropole, qui a abordé l’avenir de plusieurs projets importants. Le conseil a en effet acté le lancement officiel de la concertation sur l’aménagement du secteur Brazza. Ce nouveau quartier, situé sur la rive droite au débouché du pont Chaban-Delmas, juste en face de la Cité du vin, prévoit d’accueillir un peu moins de 5000 logements (dont 350 individuels et 500 en « volume capable », soit des logements vendus inachevés) et 127 000 mètres carrés d’activités dont, notamment, deux hôtels-concepts, des surfaces prévues pour les artisans et un nouveau bâtiment dédié à la pratique sportive sur 14 000 mètres carrés et trois étages. En tout, Brazza sera constitué de 53 hectares dont l’objectif est d’accueillir, entre 2020 et 2030, 9000 habitants et 5000 nouveaux emplois, du moins sur le papier. La concertation en question sera ouverte à partir du 13 novembre, sur une zone bien particulière : le quai de Brazza au nord ouest, la rue Charles Chaigneau au nord, le boulevard André Ricard, la rue des Vivants et la rue des Queyries à l’est. La métropole précise aussi que le dossier de concertation sera accessible sur internet, et que cette première phase doit se terminer le 11 décembre. 

Ce n’est pas le seul projet immobilier qui bouge, deux projets ont eux aussi eu droit aux présentations en règle sur le reste de la métropole. C’est le cas, premièrement, de l’aménagement du secteur Terrefort, à Bruges, englobant la clinique Jean Vilar, des établissements de formation et des quartiers résidentiels. Cette concertation prévoit de « finaliser les grandes lignes de l’aménagement de ce secteur ». Pendant deux mois, les registres de concertation s’ouvrent (à l’Hôtel de Bordeaux Métropole, au Pôle territorial du Haillan et à la mairie de Bruges). Enfin, une « zone d’aménagement concerté » a été validée au Haillan sur un périmètre de 4,3 hectares en centre-ville. Le programma prévoit 32 000 mètres carrés de nouveau logements soit environ 500 appartements dont 35% en logement social  et 1000 mètres carrés de commerces et services. Enfin, le projet prévoit l’ouverture d’une nouvelle voie de circulation et d’une dorsale, permettant notamment de relier le secteur à la future station du BHNS qui reliera Bordeaux et Saint-Aubin de Médoc.

L’impact de la loi

En pleine grogne des bailleurs sociaux sur le projet de loi de finance, ces rappels de projets feraient presque figure de note d’intention, alors même que la filière du bâtiment de Nouvelle Aquitaine a récemment alerté sur le fait que la baisse des loyers prévue par le gouvernement constituerait un manque à gagner d’un milliard d’euros. Le maire de Bordeaux a d’ailleurs abordé le sujet devant les élus métropolitains vendredi, en précisant que le Premier Ministre, Edouard Phillippe, en visite à Bordeaux fin octobre, avait affirmé que « la mise en oeuvre (de la loi) serait différente de ce que nous avons connu », que cela amènerait à une « contractualisation des collectivités et n’engagerait pas de dépense de fonctionnement supérieure à +1,1%. Il faudra voir comment cette dépense est réellement calculée et comment on tient compte de la croissance démographique », a précisé le maire de Bordeaux, qui en a profité pour annoncer une réunion des maires et des adjoints aux finances, le 16 novembre prochain, date à laquelle la loi sera certainement adoptée en première lecture, dans le but de renforcer le pacte fiscal entre la métropole et les communes. 

Vers la fin des squats ? 

Ce n’est pas la seule action qu’a annoncé la métropole sur les logements. Un tout autre type d’hébergement s’apprête à être testé, cette fois à destination des familles roms. En tout, l’agglomération compte aujourd’hui quelques 33 bidonvilles ou vivent environ 800 personnes. Face à cette problématique du squat (dont le maire de Bègles a récemment reparlé) et des logements de fortune, Bordeaux Métropole va s’inspirer de l’exemple de la ville de Strasbourg. Concrètement, elle a pour projet de créer « à titre expérimental’ des « espaces temporaires d’insertion » destinés à l’accueil de ces familles roms. « Ces logements temporaires pourront être des caravanes, des chalets en bois comme ceux d’Emmaüs ou d’autres formules » a clarifié le maire de Bordeaux. Ces derniers ne permettront pas de résorber tous les bidonvilles répartis essentiellement sur Bordeaux, Bègles et Mérignac : au mieux. 120 à 180 personnes pourront y être accueillies. 

Précisons aussi que l’engagement devra être réciproque : les familles logées devront s’engager à chercher un emploi, à apprendre le français où encore à scolariser leurs enfants. Un autre moyen de désigner une politique de réinsertion sur la base d’un consentement tacite, toutes les familles n’étant pas forcées d’accepter la proposition. Pour l’instant, ni la période précise ni le coût n’ont été précisés, même si ce dernier serait évalué entre 600 et 700 000 euros. De son côté, la métropole assure que « de nombreux élus attendant par ailleurs que l’Etat s’engage dans l’accompagnement de ce dispositif », mais il ne devrait pas être déployé avant 2019. Plus proche de nous, on sait que le préfet, Pierre Dartout, doit participer à un conseil métropolitain extraordinaire consacré à la politique d’hébergement d’urgence le 7 novembre, certainement afin d’anticiper les complications de la période hivernale.  

Enfin, la dernière mise à jour « logement » de la semaine n’est pas la moins originale. Le conseiller socialiste de Gironde Philippe Dorthe s’est fait remarquer cette semaine pour avoir écrit une lettre à Alain Juppé. Rien de transcendant, me direz-vous. Sauf que cette lettre réagit à l’appel d’urgence lancé il y a quelques jours par l’UNEF, syndicat étudiant, qui incite les propriétaires à rendre des logements disponibles à destination des étudiants qui vivent, depuis la rentrée, une situation particulièrement précaire. Mieux : l’ancien candidat aux législatives a proposé une solution temporaire au maire de Bordeaux : mettre à disposition le River Chanson, un paquebot fluvial actuellement amarré aux Bassins à flots. Ce dernier n’assure plus aucune croisière jusqu’en 2019 et coûterait cher à son armateur, selon Philippe Dorthe qui précise dans sa lettre qu’au total, 44 cabines seraient disponibles pour y loger des étudiants et suggère un loyer de « 250 à 300 euros par mois », le tout avec des occupants « éligibles aux aides au logement ». Pour l’heure, cette demande n’a reçu aucune réponse.

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