La jeunesse, priorité d’un budget régional compliqué


« Je n'ai jamais eu autant de difficultés à monter un budget, jamais ». L'aveu du Président de Région, à la veille du vote du budget pour 2023, illustre, y compris pour les collectivités, la difficile gestion de la multiplication des crises.

Alain Rousset en visite en visite dans les ateliers du lycée Jean-Albert Grégoire de Soyaux, discute avec deux jeunes lycéensRégion Nouvelle-Aquitaine - Françoise Roch

En conférence de presse, Alain Rousset a réaffirmé la priorité de la Région sur la jeunesse. Ici lors d'une visite dans les ateliers du lycée Jean-Albert Grégoire de Soyaux (16)

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Publication PUBLIÉ LE 15/12/2022 PAR Solène MÉRIC

Cette fin de semaine, les élus régionaux néo-aquitains sont réunis pour deux jours dans l’hémicycle de l’Hôtel de Région à Bordeaux, pour voter, notamment, le budget primitif pour 2023. Un budget à hauteur de 3,5 Mds d’euros, véritable casse-tête pour l’exécutif, comme en témoignaient devant la presse hier, Alain Rousset et Sandrine Derville, Vice-Présidente en charge des finances.

L’Etat pas fair “  avec les collectivités

« J’ai déjà eu à affronter quelques situations budgétaires difficiles, récentes ou plus anciennes. Mais vraiment jamais je n’ai eu à présenter un budget aussi compliqué à calculer », a répété à plusieurs reprise Alain Rousset. En cause, un manque de visibilité quant aux ressources régionales et aux engagements de l’Etat, « pas fair », selon l’élu, dans les échanges avec les régions. Mais pas seulement : les deux années de crise covid laissent aussi des traces, mais surtout, l’inflation sur les matières premières et la crise énergétique viennent bien évidemment jouer les trouble-fête.

Les dépenses de fonctionnement affichent ainsi une hausse de + 9.5 % ; « un record dans l’histoire des collectivités », estime Sandrine Derville. Pour ce qui concerne les lycées par exemple, le budget 2023 doit tenir compte des plus de 70 M€ de surcoûts liés à la crise énergétique, sans oublier l’inflation pour les produits alimentaires, face à des tarifications de cantine qui elles n’augmenteront pas par solidarité avec les familles. Côté transports, ces surcoûts représentent 60 à 65 M€, estime la vice-présidente. Autre type de surcoût lié à l’inflation, les mesures sur le pouvoir d’achat des agents de la Région. « La revalorisation du Smic, par exemple, c’est pour nous 14 M€ de dépenses de fonctionnement supplémentaires », illustre-t-elle.

Mais pour autant, les deux élus l’affirment, pas question de négliger les compétences structurantes de la Région et son accompagnement dans « les beaux projets » sur le territoire. Ni de négliger les entreprises en retournement, déjà fragilisées par la crise sanitaire, et qui voient pour certaines et avec inquiétude, leurs Prêts Garantis par l’Etat arrivés à échéance. 

La Région creuse le trou de sa dette

Sur les investissements, « nous gardons la volonté d’un niveau fort de nos dépenses avec au budget 1,113 Mds €, une hausse +8% soutenue par les fonds européens qui arrivent en fin de programmation », éclaire Sandrine Derville.

Si du côté des recettes, elles s’inscrivent elles aussi à la hausse (+8%) , « ça ne sera pas suffisant pour couvrir notre surcoût total de dépenses de fonctionnement d’au moins 185 M€». Résultat, la collectivité va creuser le trou de sa dette : + 10% par rapport au budget 2022, « dans un contexte où les taux d’intérêt augmentent ». Conséquence, l’épargne de la Région baisse de 13%. « L’État accompagne les collectivités dont la baisse de l’épargne est supérieure à 15%. Ce n’est pas la prime aux bons élèves », tacle Alain Rousset qui met en avant « l’effort de frugalité » mis en œuvre par la Nouvelle-Aquitaine, et non récompensé par l’Etat. « Et pourtant, toutes nouvelles recettes seraient les bienvenues » doublonne Sandrine Derville.

Jeunesse, emploi, formation…

Sur le contenu des arbitrages et choix politiques de ce budget « la priorité reste la jeunesse », souligne la vice-présidente, citant l’amélioration du bâti des lycées, les travaux sur la géothermie… Au total, la Région consacrera pour 2023, 200 M€ de crédits pour finaliser le Programme Pluriannuel d’Investissement 1 et engager le PPI2, présenté lors de la même session régionale aux élus.

Autre politique soutenue : l’emploi et la formation. Ce budget 2023 lance la future stratégie régionale de formation professionnelle qui représente 500 M € sur 3 ans. Sandrine Derville, souligne aussi l’engagement continu du Conseil régional dans la régénération des petites lignes ferroviaires et des infrastructures (1,5 Mds sur 10 ans) à laquelle elle ajoute les crédits pour les travaux d’urgences et l’achat de 15 nouvelles rames TER. Autre point mis en exergue : les 66 M€ d’investissement pour le déploiement de la fibre et du très haut débit, qui touche à sa fin, ou encore “les 10,5 M€ consacrés au désenclavement de Limoges” par le financement de travaux sur les RN 141 et RN 147.

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