Débat sur l’utopie européenne à Bordeaux


Yoan Denéchau

Débat sur l'utopie européenne à Bordeaux

Copier le lien Partager sur FaceBook Partager sur Twitter Partager sur Linkedin Imprimer
Temps de lecture 2 min

Publication PUBLIÉ LE 21/01/2019 PAR Yoan DENECHAU

Parler de ce que l’Europe fait, ce qu’elle a permis, et ce qu’elle deviendra. Tel est l’objectif de la table ronde « L’Europe, une utopie réalisable ? », organisée par le Mouvement Européen de Gironde. Cette utopie s’est toutefois fragilisée. Depuis plusieurs années, l’Europe est bouleversée par la crise migratoire. Cette dernière a provoqué la montée en puissance de mouvements nationalistes, parfois eurosceptiques, notamment en Europe de l’Est, mais aussi en Italie, sans oublier le Royaume-Uni, dont la procédure de sortie de l’Union Européenne patine. Le député européen Alain Lamassoure est revenu sur un concept qui, selon lui, a favorisé la montée de l’euroscepticisme dans certains pays européens : « Des Fake News, on est passé à la Fake History. Il arrive que l’Histoire soit modifiée, transformée, pour la tourner de sorte à montrer que l’Europe est néfaste ».

Connaissance et ouverture d’esprit : deux vertus indispensables

« Il faut cesser d’avoir peur les uns des autres ». C’est ainsi que Jérôme Vignon résume le mode d’emploi pour la réalisation de l’utopie européenne. Selon lui, c’est notamment par les voyages que se résoudrait cette peur. C’est pourquoi il suggère l’élargissement du dispositif Erasmus à des corps de métiers, afin de permettre une meilleure mobilité européenne à plus de jeunes, et issus d’autres filières. « J’aimerais voir des Erasmus pour les apprentis, et pour les diocèses, raconte Jérôme Vignon. Par exemple quand on est mécanicien, on pourrait voir comment les autres réparent, quand on est médecin, on voit d’autres manières d’exercer notre métier. Pour les artisans, ils pourraient voir comment fonctionne l’artisanat en Allemagne ou en Belgique. Savoir comment font les autres, c’est commencer à apprendre à les aimer ». Pour Alain Lamassoure, l’amour est également un élément clé de la construction européenne : « L’Europe est une utopie, fondée sur des valeurs, mais surtout fondée sur un amour fécond ».

Monseigneur Ricard, Archevêque de Bordeaux, reconnaît lui aussi la valeur émotionnelle de la construction européenne : « l’Europe n’est pas un ensemble de règles à observer, ni un simple protocole à suivre. C’est une vie, une manière de concevoir l’Homme à partir de sa dignité ». Selon lui, à la création de l’Europe, la collaboration entre les pays du continent européen qui ont été en guerre et qui veulent ouvrir une forme de réconciliation est un témoignage fort porté aux yeux du monde entier. « L’Europe est avant tout humaniste et solidariste », ajoute l’archevêque. Mgr Ricard a également évoqué six points qui, selon lui, permettent la réussite de l’Europe : le respect, le sens de la justice, la solidarité, le vivre ensemble, la fraternité et la démocratie… A l’approche des élections européennes, ces six vertus devront, selon l’archevêque, être dans l’esprit de tout le monde.

Partagez l'article !
Copier le lien Partager sur FaceBook Partager sur Twitter Partager sur Linkedin Imprimer
Laissez vos commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

On en parle ! Gironde À lire ! POLITIQUE > Nos derniers articles