INRAE : comment adapter l’agriculture au manque d’eau


L’INRAE étudie depuis plusieurs années un nouveau modèle agricole moins gourmand en eau

Le site expérimental Siclex à Lusignan (86)INRAE

Le site expérimental Siclex à Lusignan (86)

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Publication PUBLIÉ LE 14/03/2022 PAR Anne-Lise Durif

Le changement climatique est une des préoccupations majeures de l’agriculture depuis plusieurs années. Les changements de température et des épisodes de sécheresse important sont une des problématiques étudiées de près par l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE). Le laboratoire URP3F, du centre Inrae Nouvelle-Aquitaine Poitiers, s’intéresse en particulier au fonctionnement et à l’amélioration des prairies semées, aux contraintes de son milieu. A Lusignan, un simulateur de climats extrêmes permet de mener des expériences sur l’adaptation des prairies au changement climatique.

Du point de vue de la Science, une prairie est « une communauté végétale herbacée pérenne, essentiellement constituée de graminées et de légumineuses, destinée à être fauchée, pour le foin ou l’ensilage, ou à être pâturée », selon la définition de l’INRAE. Elles représentent 41% de la surface agricole européenne (dont 13 millions d’hectares en France), qu’elles soient en herbe, en grandes cultures, en maraîchage, en arboriculture ou en viticulture. Quel que soit leur usage agricole, elles ont toutes un rôle à jouer dans l’équilibre de l’écosystème qu’elles occupent : qualité de l’eau, stockage du carbone, maintien de la biodiversité, limitation de l’érosion des sols, durabilité des terres, etc. Leur état de santé est donc primordial.

Le laboratoire URP3F du centre INRAE de Poitiers s’est penché dernièrement sur leur capacité de résistance et d’adaptation au changement climatique. Les chercheurs ont mis en place à Lusignan un dispositif unique nommé Siclex. Cette sorte de grande serre mobile de 550 m2 est équipée d’innovations simulant des climats extrêmes sur des parcelles tests de l’INRAE. « Cet abri mobile intercepte la pluie au-dessus des parcelles pour simuler une sécheresse, un dispositif de chauffage crée des conditions de chaleur d’intensités variables, et un dispositif d’enrichissement de l’air en CO2 complète l’ensemble », explique Jean-Louis Durand, directeur de l’unité de recherche pluridisciplinaire Prairies et plantes fourragères.  Des capteurs d’humidité, de température de l’air, du sol et des mesures automatisées permettent d’évaluer l’impact de ces conditions climatiques sur la croissance de la végétation à long terme. 

Adapter les cultures au changement climatique 

En place depuis mars 2018, cette expérience permet d’enrichir la connaissance. « Actuellement, on sait décrire les phénomènes individuels liés à la sécheresse, à l’élévation de la température ou à l’augmentation de la teneur en CO2 de l’air, mais on ne connaît pas l’évolution d’une prairie d’une composition donnée dans des conditions climatiques évoquées par les climatologues du GIEC, avec lesquelles nous sommes susceptibles de devoir composer dans 30 ans », poursuit le chercheur. L’objectif est donc de trouver des solutions pour s’adapter.

Selon les chercheurs, l’adaptation passera par une gestion différente des prairies, notamment par celle de l’eau, et par la sélection d’espèces résistantes. L’INRAE étudie notamment les effets des déficits hydriques sur les plantes, en particulier fourragères. Le laboratoire explore deux pistes. La première est l’hybridation entre deux espèces, en l’occurrence la fétuque et le ray-grass d’Italie. « La première a des racines profondes qui lui permettent de résister à la sécheresse.  L’autre, le ray-grass d’Italie offre une grande vigueur de croissance, un herbage de grande qualité nutritionnelle et une utilisation optimale de l’eau du sol », indique l’INRAE.  Le croisement entre plantes d’origine tempérée et méditerranéenne au sein d’une même espèce est également à l’étude.

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