Gestion de l’eau : expérimenter pour ne pas (trop) manquer


Face à l'urgence, le Parlement de l'eau Adour Garonne cherche à combler le manque d'eau à venir notamment par une plus grande mobilisation des retenues hydroélectriques

La Garonne en période d'étiageEstrade

La Garonne en période d'étiage

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Publication PUBLIÉ LE 22/09/2021 PAR Solène MÉRIC

Le comité de bassin Adour Garonne aussi désigné comme le « Parlement de l’eau » s’est réuni à la mi-septembre en séance plénière. Représentants de toutes les parties prenantes de l’eau, collectivités locales, usagers économiques et non économiques et Etat, se sont retrouvés à Bordeaux, afin d’adopter un plan de mesures visant à sécuriser les usages de l’eau en anticipation du changement climatique et des risques de pénuries liées. Alain Rousset président du bassin Adour-Garonne et Étienne Guyot, préfet coordonnateur de bassin, ont présenté quelques-unes des pistes évoquées lors de cette séance, insistant notamment sur des expérimentations autour d’une plus grande mobilisation des retenues hydroélectriques afin de soutenir le niveau des étiages.

Un des enjeux du Parlement de l’eau du bassin Adour Garonne, à côté de la préservation de la qualité des eaux du bassin, est aussi celle de la gestion quantitative de cette ressource. Or, dans la perspective de changement climatique, c’est un déficit d’1,2 milliard de m3 qui est estimé d’ici à 2050. La mobilisation de l’ensemble des gisements de la ressource, au-delà d’une nécessaire logique d’économies d’eau, s’impose donc. « Mais ça n’est pas toujours si évident, prévient Alain Rousset, Président du comité de bassin ». Au-delà des croyances, convictions, ou vraie fausse idées reçues, il y a une nécessité « à objectiver un certain nombre de défis, en s’appuyant sur les scientifiques, appuie Alain Rousset. Il ne s’agit pas de rechercher des compromis ici, mais bien de dépasser les clivages et de voir comment on lève les obstacles ».

C’est avec cette volonté que lors de la séance plénière du 14 septembre dernier, les membres du Comité de Bassin ont échangé sur différents thèmes pouvant peser sur la gestion de la ressource : « La PAC, le barème de l’eau, la loi 3DS (Décentralisation, Différenciation, Déconcentration, Simplification), la question du « re-use » des eaux usées également… » liste notamment Alain Rousset.

Parier sur une plus grande mobilisation des concessions hydroélectriques
Autant de solutions et de potentiels outils d’accompagnement des acteurs, permettant d’agir tant sur qualité que sur la disponibilité de la ressource. Mais c’est bien ce second aspect de la gestion quantitative de l’eau qui a été au cœur des débats, souligne pour sa part le préfet Guyot, coordonnateur du bassin. Et pour cause, si en 10 ans, la gestion de la ressource et des réserves existantes s’est améliorée, permettant d’économiser 53 milllions de m3 d’eau, il y a selon lui encore des marges de progrès. Evoquant par exemple, la poursuite de la restauration de zones humides, Etienne Guyot veut aussi parier sur une plus grande mobilisation des concessions hydroélectriques, s’appuyant en cela sur les enseignements du rapport Le Coz, présenté lors de la séance plénière.

Ce rapport sur les conditions de mobilisation des retenues hydroélectriques pour le soutien d’étiage sur le bassin Adour-Garonne confirme en effet « l’opportunité et la faisabilité d’une plus forte mobilisation de ces ouvrages, afin de sécuriser la ressource en eau sans fragiliser la production d’électricité ». Le tout bien sûr en continuant l’effort d’économie mis en place… Au total, 320 millions de m3 d’eau pourraient ainsi être mobilisés, soit le double des volumes d’eau actuels, et 30% du déficit annoncé.

Une feuille de route pour mars 2022
Côté mise en œuvre et « parce que le bassin est différent que l’on soit au Nord, au Sud ou à l’Ouest », une expérimentation sera menée au sein de 6 sous-bassins, annonce le Préfet Guyot. A savoir : Tarn, Aveyron, Neste, Garonne, Adour amont et Charente. Avec la volonté de se positionner au plus près des territoires, les établissements publics territoriaux de bassin (ETPB) auront à travers cette expérimentation, la lourde charge d’inventer de nouveaux modèles tant en termes de gouvernance, de tarification ou encore de logique d’investissement. Comme le souligne le représentant de l’Etat, « pour pouvoir payer ces investissements sur les ouvrages, il faudra changer de modèle économique, en raisonnant davantage par usages ; passer d’une logique de fonctionnement à une logique pérenne d’investissement ».

Plus globalement, il s’agira d’élaborer des projets de territoire pour la gestion de l’eau là où les déficits perdurent, d’étudier la possibilité de mobiliser d’autres gisements (gravières, canaux, retenues inexploitées…), de piloter la gestion de l’eau en mobilisant des outils innovants (suivi satellitaire), de faire évoluer les filières agricoles vers la transition agroécologique, etc. Au total, une feuille de route globale, et concrète, est attendue de la part des EPTB afin de passer en phase opérationnelle dès mars 2022. S’il faut aller vite, c’est bien que « sur la question de l’eau, il y a le feu ! », s’accordent les deux hommes.

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