FDSEA et JA pointent l’urgence sur la rémunération agricole


La rentrée syndicale de la FDSEA 64 et des JA 64 est chaque année l'occasion d'une rencontre et d'un échange entre le monde agricole et le préfet.

Eric Spitz, préfet 64, Franck Laborde (FSEA64) Mathieu Amadine, et Sylvain BordenaveAqui.fr

Eric Spitz, préfet 64, Franck Laborde (FSEA64) Mathieu Amadine, et Sylvain Bordenave

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Publication PUBLIÉ LE 30/08/2022 PAR Solène MÉRIC

Installé depuis 2015 sur l’exploitation familiale à Berenx, Mathieu Amadine élève un troupeau de vaches allaitantes de 45 mères en Blonde d’Aquitaine. Outre la production de broutards, il engraisse une dizaine de vaches sous label Rouge IGP Boeuf de Chalosse par an. Mais pour cette année, les choses ne sont pas encore tranchées pour ce qui est de l’engraissement. La sécheresse notamment pose question quant à la meilleure stratégie à adopter. C’est chez lui que Franck Laborde, président de la FDSEA 64 et Sylvain Bordenave, président des Jeunes Agriculteurs 64 ont accueilli le préfet Éric Spitz, et les parlementaires, à l’occasion de leur rentrée syndicale.

Les 77 hectares de SAU non irrigués de Mathieur Amadine (sauf un hectare de kiwis), dont une grande partie est consacrée à l’alimentation de ses animaux, ont subi de plein fouet la vague de sécheresse : ses productions de maïs, luzerne ou encore de sorgho fourrager (ensilage), sans oublier ses 45 hectares de prairies dédiés au pâturage, sont impactées et les pertes de rendements sont importantes. « Le maïs est grillé sur pied. L’impact ne sera pas partout le même selon les parcelles, mais sur plus de la moitié des surfaces je serai à environ 25 quintaux par hectare, sur une autre parcelle je suis à moins de 70 quintaux… L’an dernier, j’étais à plus de 100 quintaux partout. »

Qui dit moins de récoltes, dit plus d’achats d’alimentation à l’extérieur. Or, avec la crisé liée à guerre en Ukraine, « c’est difficile ; les prix de l’alimentation sont particulièrement hauts », pointe l’agriculteur. Sans oublier les coûts liés aux augmentations d’énergie notamment. « Si le prix de la viande augmente aussi, alors j’engraisserai. Mais pour l’heure ce n’est pas le cas, donc je suis vraiment dans l’incertitude ».

Loi Egalim 2 : “rien ne vient”

Au-delà des demandes de soutien auprès du gouvernement, en partie entendues par le ministère de l’agriculture, avec la reconnaissance de calamités agricoles et diverses exonérations de taxes en lien avec la sécheresse, Franck Laborde et Sylvain Bordenave ont répété leur attente d’une répercution des coûts de production sur la rémunération des producteurs. « La loi Egalim 2 aurait dû entrer en vigueur en janvier, nous sommes en septembre et nous ne voyons toujours rien venir !» a ainsi souligné le président des JA 64, rappelant que le revenu moyen d’un agriculteur est de 700 € par mois.

« Avec des ”petites” semaines à 60 heures de travail, notre revenu est de 2,50€ de l’heure… C’est de l’exploitation! Nous faisons un métier-passion, mais on est en train de s’en dégoûter ». Une « urgence en matière de rémunération », qui doit se résoudre « au-delà de la crise actuelle ;  il faut que demain on puisse vivre de notre métier » avertit-il.

“Le Varenne doit aller jusqu’au bout!”

Franck Laborde pour sa part, « fait appel au courage des législateurs » notamment sur la question de la gestion de l’eau : « Le Varenne de l’eau, qui a tant mobilisé, doit aller jusqu’au bout ». Lors des conclusions du Varenne, en février dernier, Jean Castex alors Premier ministre, s’était prononcé en faveur « d’une meilleure utilisation des ressources en hiver », et « pour capter l’eau excédentaire et la stocker jusqu’à l’été suivant ». Face à une sécheresse rarement connue et à des économies d’eau fortement assumées par le monde agricole, la FDSEA 64 réclame plus d’action après les paroles.

Dans l’attente, le préfet Eric Spitz a informé les acteurs agricoles de sa volonté de modifier les arrêtés concernant les installations classées et leur consommation d’eau : « Je suis sûr que l’on peut gagner des marges de manœuvre, a t-il affirmé. Il n’est pas normal que seuls les agriculteurs doivent faire des efforts d’économie ».

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