Etienne Parin : le re-créateur de la rive droite


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Etienne Parin : le re-créateur de la rive droite

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Publication PUBLIÉ LE 15/11/2015 PAR Romain Béteille

Il a le regard pétillant de ces créateurs sur lesquels les ans semblent ne pas avoir de prise. Au contraire. Etienne Parin dirige le GPV, ce Grand Projet de Ville de la rive droite de Bordeaux depuis 2001. Une opération de rénovation urbaine qui, depuis bientôt quinze ans, a fait sortir un vaste territoire, historiquement relégué, du rang de « mal aimé » à celui de « mieux connu ».Et, donc, enfin considéré. L’ensemble de quatre villes Bassens, Lormont, Cenon, Floirac, quelques 66.000 habitants où les efforts conjugués de l’Etat, des collectivités et les choix urbanistiques et politiques ont été déterminants. L’arrivée du tramway, au cœur de cités, ne fût pas le moindre et il doit beaucoup au consensus qui a prévalu entre Bordeaux, la ville centre et ses banlieues d’hier.  

« Agir très vite »

Dans ce qui allait devenir une opération de très grande ampleur, où les mots démolition et culture devaient faire bon ménage, Etienne Parin a joué les premiers rôles. Sa formation d’architecte et d’urbaniste l’y prédisposait fortement mais son ancrage local, nourri de la connaissance des hommes de terrain, des élus notamment qu’il allait cotôyer dans les rangs de l’opposition municipale à Jacques Chaban-Delmas, lui donnait des cartes maîtresses pour piloter la « requalification » de cette rive droite. Déjà dès 1989, en tant que directeur de l’Association des Hauts de Garonne, à l’initiative d’une de ses figures politiques, Pierre Garmendia, il avait pu prendre la mesure des problèmes à résoudre, pour tourner la page, de façon maîtrisée, de cet urbanisme vertical, « l’échec des années 70 » que pointe avec vigueur dans le ton, et sans langue de bois, Etienne Parin. La reconnaissance de cette rive droite comme zone franche urbaine en 1997, avec les avantages fiscaux qui s’y attachent, allait contribuer à la revitalisation économique du territoire. Encore fallait-il agir pour créer une nouvelle donne et « le faire très vite car ces quartiers étaient en perdition » ajoute le directeur du GPV. 

Un idéal démocratique

Aujourd’hui, même si beaucoup a été fait, non seulement par la démolition-reconstruction des barres d’immeubles mais aussi par la création de remarquables équipements culturels, comme le Rocher Plamer ou la Médiathèque du Bois Fleuri, ce qui n’est pas le moindre des bonds en avant de cette application concrète de la politique de la ville, il reste encore à « terminer le boulot » Par exemple, à Lormont, où il faut réhabiliter quelques 700 logements, à Floirac où au terminus du tramway, à Dravemont, il est devenu impératif de concevoir une manière de centre ville pour les habitants des coteaux. Et, Etienne Parin entend bien y apporter le meilleur de ce qu’il sait et de le faire avec cet idéal démocratique qui est inséparable de son métier de bâtisseur. En écoutant, venant des cités, et demain des conseils citoyens ce qu’il nomme les « bruits faibles qui explosent un jour  parce qu’on ne les a pas entendus ». Heureusement, la rive droite de Bordeaux, et pas seulement façon GPV, figure dans le nouveau programme national de rénovation urbaine qui court de 2014 à 2024, avec pas moins de sept opérations à mener à bien. Etienne Parin n’est pas peu fier, on le sent, d’être aussi au cœur  du pilotage de cette définition d’un plan d’ensemble de la rive droite, entre le fleuve et les coteaux, ces quelques 1.000 hectares qui seront bientôt desservis par le pont Jean-Jacques Bosc. Un ouvrage attendu depuis si longtemps, qui au débouché des boulevards reliera  le bas Floirac au futur quartier des affaires d’Euratlantique. Et, lorsque en janvier 2016 se réunira le comité d’engagement national dont devra sortir le protocole de rénovation et la feuille de route métropolitaine, Etienne Parin qui attend déjà, on le sent, ce moment avec impatience aimerait bien qu’elle puisse déboucher sur le lancement rapides d’opérations qui viendront en quelque sorte, et même s’il ne le dit pas, entériner le formidable travail qu’il a conduit. Viendra alors le temps d’une nouvelle page qui pour un homme, aussi curieux du monde et des gens, ne saurait s’appeler retraite.

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