En route pour le code grâce à l’établissement médico-social


Au sein de l'établissement médico-éducatif social départemental de Isle en Haute-Vienne, Bakasso termine sa préparation au code de la route tandis que Maxime vient de l’obtenir

Bakasso termine sa préparation au code de la route au sein de l'EMESD de l'Isle tandis que Maxime vient de l’obtenirEMESD

Bakasso termine sa préparation au code de la route au sein de l'EMESD de l'Isle tandis que Maxime vient de l’obtenir

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Publication PUBLIÉ LE 19/07/2021 PAR Corinne Merigaud

L’accès à la mobilité n’est pas une formalité pour les jeunes présentant une déficience intellectuelle légère. A l’établissement médico-éducatif social départemental de Haute-Vienne, situé à Isle, certains d’entre eux ont la possibilité de suivre des cours de code en interne pour un prix modique et d’être accompagnés pour se préparer au permis AM ou B. Une initiative qui prouve que l’égalité de chances se joue sur tous les fronts.

Maxime a le sourire et il peut être fier de lui. Après un an et demi de formation entrecoupée par la crise sanitaire, il a décroché son code de la route. Le rendez-vous est pris le 22 juillet pour sa première leçon de conduite. “L’examen est compliqué, je retenais certains trucs et pour d’autres, j’avais du mal sur la compréhension des termes reconnaît le jeune homme de 18 ans, mais j’étais bien préparé. Je suis arrivé très motivé, j’étais sûr que j’allais l’avoir, j’ai fait quatre fautes.” Avec ce sésame en poche Maxime, qui va commencer son CAP de magasinier à la rentrée, est rempli d’espoirs. “Je vais m’accrocher pour avoir le permis” nous assure-t-il. Son camarade de classe Bakasso, 18 ans également, attend quant à lui, une date pour passer le code. “J’ai commencé le code de la route il y a huit mois, ma mère voulait m’inscrire à l’auto-école mais c’était trop cher explique-t-il, l’établissement a accepté de me former, cela ne coûte que 10€, plus les 30€ pour s’inscrire à l’examen.” Elève assidu, il fait plusieurs séries de 40 questions chaque semaine en se connectant sur le code Rousseau. “J’en fais jusqu’à six par semaine, je regarde bien les corrections pour noter les fautes et ne pas les refaire. Et quand je n’ai pas tout compris, Stéphane me réexplique.”

Stéphane, c’est l’homme clé de cette formation sur-mesure au code de la route. Educateur à l’établissement médico-éducatif social départemental d’Isle, il a endossé la casquette de moniteur auto-école grâce au BEPECASER qu’il avait obtenu juste avant d’être admis à l’école d’éducateur. Entre les deux métiers, il fallait choisir… Finalement, il a pris les deux à bras le corps pour accompagner ces jeunes déficients légers qui rencontrent des difficultés pour passer leur permis. L’établissement a financé la mention moto qui lui manquait pour encadrer le permis AM.

Une série en deux heures et des entraînements chez soi

Depuis la rentrée 2019, il a mis en place des cours de code individualisés avec une séance de deux heures chaque lundi après la classe. “Le code de la route est quasiment inaccessible pour nos jeunes fait remarquer Stéphane Roulaud, ils n’ont pas les mêmes capacités d’analyse que leurs copains du milieu ordinaire. On fait une série, je passe beaucoup de temps à réexpliquer les termes techniques et à décrypter les situations et tous les petits détails car il faut répéter pour qu’ils enregistrent bien”. Chacun passe à son tour, donne ses réponses en les justifiant ce qui permet de vérifier leur raisonnement. En plus de la séance hebdomadaire, les candidats au code doivent travailler à la maison des séries en ligne. “Les deux heures de cours ne suffisent pas, je leur demande de faire trois séries pendant toute la formation complète-t-il, le forfait code est ouvert en ligne pour six mois, on peut le renouveler une fois ou plus si besoin pour 10 €, montant facturé aux familles par l’établissement. En auto-école, ce serait impossible de prolonger l’accès au-delà d’un an”.

Les deux premiers candidats présentés récemment ont planché entre 18 et 24 mois pour un taux de réussite de 50%. Pour la rentrée, il espère qu’un an suffira pour les préparer à l’examen. Les conditions changeront pour renforcer leur motivation. “Ils se découragent vite en voyant qu’ils font 20 fautes, j’étais obligé de tout reprendre ensuite. L’établissement facturera 40€ et, à la fin de la formation, on leur remboursera la moitié pour s’inscrire à l’examen du code. Cela couvrira juste l’achat des accès.” Il espère étendre la formation à l’Institut de rééducation Suzanne Léger situé à Oradour-Saint-Genest et aux services d’éducation et de soins spécialisés à domicile qui dépendent de l’établissement.

Des candidats pour le permis AM et B

Le dispositif de formation ne s’arrête pas au code de la route. Le premier projet a démarré en 2012 avec la préparation au permis AM (cyclos de moins de 50 cm3) proposée à certains jeunes en partenariat, à l’époque, avec l’auto-école sociale Aléas. Quatre à six élèves par an ont été accompagnés. Le coût était alors très modique, autour de 50 € par an, auxquels s’ajoutent aujourd’hui 30 € depuis l’obligation d’être inscrit à l’ANTS par une auto-école pour passer l’examen, en l’occurrence l’auto-école de Carole Boulesteix. L’établissement a investi dans des scooters. “La formation est de 8 h en auto-école classique et il n’est pas rare que nous soyons à 40 ou 50 h avec des cours de conduite en interne pour la maîtrise du véhicule puis en externe pour se confronter aux situations de conduite en milieu ordinaire. Cela fonctionne bien, nous avons toujours une demande.”

L’établissement a ensuite eu des demandes de préparation au permis B. Une voiture équipée d’une boîte automatique et de double commande a été achetée mais l’accès au permis ne s’est pas révélé plus simple. En outre, les jeunes arrivent en fin de cursus à l’établissement au moment où ils pourraient se présenter au permis B. “Nous allons peut-être commencer les cours de code encore plus en amont” envisage l’éducateur. Enfin, un projet lui tient à coeur, le permis AM pour conduire une voiture sans permis, des jeunes ayant des difficultés à tenir en équilibre sur un scooter. Un appel au mécénat est lancé pour s’équiper d’un tel véhicule.

Nathan et Romain, accompagnés de la gérante de l’auto-école d’Ambazac, passent le permis AMEMESD

Nathan et Romain, accompagnés de la gérante de l’auto-école d’Ambazac, passent le permis AM

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