Émission 4 médias : politique et égalité depuis la rive droite


Charley Zaragoza

Émission 4 médias : politique et égalité depuis la rive droite

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Temps de lecture 2 min

Publication PUBLIÉ LE 04/05/2018 PAR Alix Fourcade

Jeudi 3 mai, Marlène Schiappa, secrétaire d’état à l’égalité entre les femmes et les hommes, a délocalisé son ministère à Trappes, dans les Yvelines (78), pour trois jours. Le but : mieux identifier les projets favorisant l’égalité dans la ville. « Un coup de com’ », pour la conseillère régionale déléguée à l’égalité femme-homme, Naïma Charaï, qui considère que l’initiative revient « à se foutre de la gueule des habitants des quartiers populaires ». Sans langue de bois, les invitées du plateau d’O2 Radio ont critiqué cette initiative, décrédibilisant l’action de ce ministère souffrant « d’un véritable manque de travail de fond », selon Anne-Laure Fabre Nadler, conseillère départementale du Canton de Créon (33).

Pour ces femmes engagées, un même constat : malgré l’instauration de la parité homme-femme, la politique reste un monde masculin. Elles s’accordent donc à dire qu’une place, « ça se prend », comme le revendique Josette Durlin, adjointe à Floirac, qui a joint le geste à la parole sur le plateau en serrant fort son poing sur la table. Celle qui a démarré sa carrière en militant pour le droit à l’avortement dans les années 70, entend défendre « l’humain d’abord » dans ses actions politiques pour l’égalité, « avec les femmes en priorité, mais pas que ». 

« Il y a dix hommes pour une femme aux terrasses de café, en moyenne ». Sur le terrain, dans le quartier populaire de Dravemont, Martine Chevaucherie, adjointe à la Vie Associative à la Mairie de Floirac, a fait ce constat. Au collège Georges Rayet de Floirac, même topo : vingt garçons pour trois filles dans la cour de récréation. Pour autant, « il ne faut pas que les inégalités homme-femme soient un prétexte pour stigmatiser les quartiers populaires », avertit Yves Raibaud, géographe des genres, c’est-à-dire spécialiste de l’étude du fonctionnement des villes par rapport aux genres. Membre du Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes (HCE), depuis mars 2016, et chargé de mission égalité femmes-hommes à l’université Bordeaux Montaigne, le chercheur affirme que les mêmes phénomènes s’observent dans les quartiers bourgeois. 

Vers une « révolution culturelle »

Le problème réside, selon lui, dans le fait que les investissements menés par les villes favorisent les hommes. « Dans les municipalités, il y a une tendance au « tout sport », impliquant l’achat d’équipements masculins ou mixtes », ce qui pénalise ensuite l’aménagement de lieux de mixité. Anne-Laure Fabre Nadler, dénonce, quant à elle, « une politique de l’autruche dans les campagnes ». « Comme il y a moins d’habitants au mètre carré, forcément, cela fait moins de bruit ; mais, comment fait-elle, la jeune fille sans voiture, qui, après un rapport non-protégé, a besoin d’aller acheter une contraception d’urgence ? ».

Avec un budget de la région à hauteur de 1,7 millions d’euros pour l’égalité femme-homme, Naïma Charaï entend inverser la tendance. Il s’agit d’opérer une véritable « révolution culturelle », selon celle qui est notamment à l’initiative du mois de l’égalité en mars en Gironde. « Brisons ce plafond de verre qui empêche les femmes diplômées d’arriver aux mêmes postes à responsabilité que les hommes », exhorte-t-elle. Cette « violence sociale », comme le définit Yves Raibaud, constitue un véritable défi pour l’avenir de l’égalité. « La mixité est un plaisir, il faut donc que les mentalités évoluent pour que les jeunes générations comprennent que les femmes sont égales aux hommes ».

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