La métropole tisse sa feuille de route


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La métropole tisse sa feuille de route

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Temps de lecture 5 min

Publication PUBLIÉ LE 19/10/2017 PAR Romain Béteille

Bilan positif, mais dans un contexte singulier. C’est ainsi que s’est déroulé le dernier exercice d’équilibriste de Virginie Calmels ce jeudi 19 octobre : l’adjointe d’Alain Juppé présentait, notamment aux côtés des présidents de la CCI, d’Invest In Bordeaux et du directeur de l’opération d’intérêt métropolitain Euratlantique, un bilan annuel de mi-mandat et une feuille de route économique pour la ville de Bordeaux et la métropole. On y a décelé quelques données intéressantes, notamment si on les compare au tout récent baromètre de l’attractivité des 20 principales métropoles françaises, établi il y a quelques jours par Jobijoba et Meilleurtaux.com. Ce palmarès contredit quelque peu les discours politiques et l’attractivité galopante de Bordeaux, en plaçant la capitale régionale onzième du classement, loin derrière Lille, Grenoble ou Dijon. En cause, une forte demande de logements et une flambée des prix de l’immobilier (le pouvoir d’achat bordelais en la matière n’est que de 38,68 mètres carrés, dix-huitième du classement devant « seulement » Nice et Paris), un tissu économique qui repose beaucoup sur des TPE et PME, aux salaires moins élevés que les sièges sociaux de plus grosses sociétés, dont le nombre a été jugé « faible » par les deux entreprises responsables de l’étude.

À emplois qualifiés, formations qualifiantes

Ce constat fait, la métropole y a opposé ce matin, par un hasard du calendrier, des données plus enthousiasmantes en matières d’économie et d’emploi. Ainsi, selon des données de l’URSSAF datant d’août 2017, les créations nettes d’emplois grimpent à vue d’oeil sur la métropole bordelaise : 1044 en 2014, 4662 en 2015 et 7665 en 2016, le tout en ayant en tête l’objectif fixé qui reste identique : 7000 créations nettes par an et plus de 100 000 emplois créés à l’horizon 2030/2035. Reste à connaître la nature de ces emplois. C’est un doux euphémisme de dire que les entreprises mises en avant par les élus (Thalès, Dassault en tête dans le secteur de l’aéronautique par exemple), fournissent plus d’emplois « qualifiés » que les autres. Mais ce n’est pas un problème pour Virginie Calmels. « Bien sûr qu’on aimerait avoir les emplois les plus qualifiés possibles. Mais tous emplois confondus, il faut que Bordeaux continue à attirer et à développer cet emploi. Ce qui va permettre d’attirer des emplois qualifiés, c’est la capacité qu’on aura à attirer sur le territoire les formations qualifiantes ». Un discours plutôt bien raccordé aux débats nationaux sur la formation professionnelle et l’apprentissage, donc. 

Mais un discours aussi qui incite à regarder ailleurs. « Dans un pays où il y a six millions de chômeurs, il faut cependant se concentrer sur la résolution du chômage avant de faire la fine bouche sur le type d’emploi que l’on accueille sur le territoire. Le nôtre est plébiscité par les touristes (on est passé de deux à six millions), il y a donc forcément des besoins dans les domaines de la restauration, de l’hôtellerie, du service. Ce n’est pas forcément les emplois qualifiés, et alors ? Il faut plutôt qu’on soit fiers de notre dynamique. Je crois que la multiplicité des secteurs, que notre diversité, fera notre force », a ainsi résumé l’alliée de Laurent Wauquiez dans la campagne de la présidence du parti LR. « Quand je vois qu’à Bordeaux, on arrive à faire reculer le chômage des jeunes sur les 24 derniers mois, on peut s’en féliciter. Celui des seniors est un vrai sujet, il y aura des actions concrètes à mener qui sont déjà en préparation pour décembre prochain ».

La métropole aime expérimenter

Concernant le commerce et l’artisanat, on compte 17% de commerces en plus depuis 2010 et 21% d’artisans supplémentaires entre 2012 et 2016, 4800 salariés et 400 apprentis. Le discours a aussi été, comme à son habitude, tourné vers le décloisonnement et les autres communes de la métropole. Si 23 654 bordelais sont en contact avec la Mission Locale (pour les moins de 26 ans), la Maison de l’Emploi et le PLIE (en charge de la réinsertion des chômeurs de plus de 26 ans), le volet emploi de la feuille de route économique prévoit de nouvelles actions. On pense par exemple à la création d’un nouveau « conseil métropoltain de l’emploi » (avec différents acteurs comme la Direccte, Pole Emploi, Investi In Bordeaux et « les maires des communes qui le souhaitent »).

On pense aussi à des « zones d’expérimentation », toujours en matière d’emploi : la première sera située sur Euratlantique, la seconde sur Bordeaux Aéroparc, « d’autres expérimentations étant possibles, notamment sur Inno Campus qui souhaite s’y inscrire ». On pense, enfin, à une « offre ressources urbaines mobilité ciblée sur l’emploi du conjoint », en train d’être développée par Invest In Bordeaux. De tout cela, on devrait probablement en entendre parler dans les mois qui viennent, sans doute au moment d’une future « conférence métropolitaine des communes sur l’emploi », déjà annoncée pour le premier semestre 2018. Précisons que les fameuses OIM (Opérations d’ Intérêt Métropolitain) et OIN (Opération d’Intérêt National) locales représentent à elles seules 50% de l’objectif des nouveaux emplois de la métropole : 30 000 dans le tertiaire supérieur et le numérique pour Euratlantique, 10 000 dans l’aéronautique, le spatial et la défense pour l’Aéroparc et 10 000 de plus dans la santé et l' »économie de la connaissance » pour Inno Campus.

Une réponse directe

Sur la question du foncier, en revanche, la métropole compte bien mettre son grain de sel. Avec l’Appel à Manifestation d’intérêt AIRE (pour Aménager, Innover, Redessiner, Entreprendre) qui semble vouloir être un peu plus qu’une belle opération de communication. Lancée en juin dernier, elle vise en fait les entreprises, promoteurs et investisseurs et souhaite étendre le parc immobilier d’entreprise. Fermées en septembre dernier, les candidatures sont aujourd’hui au nombre de 73 sur onze sites différents de la métropole (à Bordeaux, bien sûr, mais aussi à Blanquefort, Carbon-Blanc, Eysines, Le Bouscat, Lormont, Saint-Médard-en-Jalles et Villenave-d’Ornon). Le lauréat sur chaque site sera annoncé à l’été 2018 et permettra sans doute d’y voir plus clair dans le nouveau paysage économique que cet appel pourrait dessiner. Le tout, a tenu à souligner la vice-présidente de Bordeaux Métropole, dans un contexte budgétaire de baisse de la dépense publique : la feuille de route économique représenterait ainsi 1,25% du budget de fonctionnement tourisme inclus et le budget hors tourisme sur 2016-2017 a augmenté de 1% (+19% tourisme inclus). À la ville, le budget de développement économique (1,5 millions d’euros) est en baisse de 30% par rapport à 2014 et de 11% par rapport à 2016.

Les fameux sièges sociaux au faible nombre déploré dans l’étude d’attractivité continuent de voir le jour : 1001 pneux, IXXI, Axa Wealth Services, Press Reader, Assystem, Solid’anim, Ubisoft ou OVH sont par exemple cités par la métropole comme les dernières implantations récentes, et les nouveaux emplois grimpent avec elles : entre 1800 et 2000 pour 2017 selon les projections d’Invest In Bordeaux contre 1508 en 2016 ou 1409 en 2015. Quant à savoir si tous ces nouveaux employés disposeront d’un réseau de transports suffisant pour se déplacer dans l’agglomération, c’est un autre débat, qui touche aussi bien les transports sur terre que la desserte de ceux qui sont en l’air… Le prochain bilan économique devrait permettre de voir les premières applications concrètes de tous ces axes que la métropole souhaite développer. Et si Virginie Calmels n’est visiblement pas en accord avec « l’identité heureuse », on est en revanche à peu près sûrs (puisqu’elle est élue jusqu’en 2020) que c’est encore elle qui le fera…

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