Dezeuze/Marquet en miroir


Musée des Beaux-Arts

Dezeuze/Marquet en miroir

Copier le lien Partager sur FaceBook Partager sur Twitter Partager sur Linkedin Imprimer
Temps de lecture 2 min

Publication PUBLIÉ LE 28/09/2017 PAR Alizé Boissin

Pour découvrir l’œuvre délicate et aérienne de Daniel Dezeuze, il faut d’abord passer devant les gigantesques toiles des peintres classiques. Plus loin, au bout du couloir, une pièce plus sombre accueille les 124 feuillets que l’artiste a réalisé entre 1962 et 1963.

« Un genre singulier »

Hachures, pointillés, traits, obliques… le graphisme des dessins de Dezeuze (ci dessus) impressionne par son assurance et sa légèreté. L’inspiration de cette collection, il l’a tirée du peintre Albert Marquet, un des artistes emblématiques de la ville de Bordeaux. Peintre, mais aussi dessinateur, Marquet (ci dessous) croquait les passants, les bateaux, et tous les autres paysages qu’il pouvait observer depuis sa fenêtre. Le dessin, ce « genre singulier, qui a son autonomie » selon les mots de Daniel Dezeuze, voilà ce qui rassemble les deux artistes. Dezeuze, lui,  dessine des ports, des oiseaux, des portraits. Les ressemblances sont frappantes; pourtant, l’artiste contemporain souligne les quelques différences, quasi invisibles aux yeux du spectateur : « Marquet aime surplomber, il dessine d’en haut. Moi la grue je suis passé en dessous donc ma vision est différente ». Il est alors difficile de ne pas se tromper quant à l’origine des dessins présents dans l’exposition : Marquet ou Dezeuze ? 

Albert Marquet, Quai de Galati (Bessarabia), 1933. Encre de Chine à la plume sur papier collé sur carton

Les deux artistes livrent une vision synthétique de la mer et des ports qui fait jaillir la dimension japonisante de leur œuvre.  Mais Daniel Dezeuze est loin d’être un simple imitateur. Au crayon graphite, à l’encre de chine ou bien à la gouache, ses dessins proposent une nouvelle manière d’envisager les paysages. Les traditionnels « trois plans » que supposent le travail du dessinateur ne sont pas toujours présents. Et qu’importe la méthode, le résultat reste séduisant.

« Dessiner l’air, rendre le dessin aérien »

Né en 1942 à Alès, Daniel Dezeuze n’a pas vraiment le souvenir de son premier contact artistique avec Albert Marquet. Il se rappelle simplement de ces après-midis pluvieux en Asturies, où, avec son grand parapluie, il croque les quidams. Que ce soient des bateaux, des vagues, ou des paysages ruraux, son idée reste la même « dessiner l’air, rendre le dessin le plus aérien possible». Une ambition de l’ordre de l’utopie que l’artiste touche du doigt dans son œuvre. Des feuilles qui font alterner le vide et le plein et questionnent, en définitive, la spatialité.

L’œuvre des deux artistes ne s’arrête pas là : une riche sélection de peintures d’Albert Marquet est à retrouver dans les collections permanentes du Musée des Beaux-Arts. Quant à Daniel Dezeuze, une autre partie de ses dessins est exposée au CAPC musée d’art contemporain de Bordeaux. 

Partagez l'article !
Copier le lien Partager sur FaceBook Partager sur Twitter Partager sur Linkedin Imprimer
Laissez vos commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

On en parle !
À lire ! MÉTROPOLE > Nos derniers articles