Des agriculteurs s’engagent en faveur de la biodiversité


Arnaud Laurent, éleveur de limousines, a prévu de planter des haies sur une partie de son exploitation

Arnaud Laurent, éleveur de limousines, a prévu de planter des haies sur une partie de son exploitationCorinne Merigaud

Arnaud Laurent, éleveur de limousines, a prévu de planter des haies sur une partie de son exploitation

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Publication PUBLIÉ LE 15/11/2021 PAR Corinne Merigaud

Au cours d’une journée « Ferme ouverte », une vingtaine de participants ont découvert les projets et actions mis en place par un éleveur bovin dans le cadre du nouveau programme “Agriculture et biodiversité” de la LPO Limousin mené en partenariat avec le Conservatoire des Espaces Naturels de Nouvelle Aquitaine et le PETR Pays Monts et Barrages.

Après voir repris la ferme de ses parents en Corrèze, Arnaud Laurent s’est installé en Haute-Vienne dans une ferme de 43 ha située au lieu-dit “Le Mascrochet” à Champnétery qu’il a convertie en bio. Il élève une vingtaine de limousines et vend sa viande en direct. Depuis cet été, il s’est engagé dans le programme « Agriculture et biodiversité » de la LPO mis en place sur le pays « Monts et Barrages » à l’Est de la Haute-Vienne en janvier et qui prendra fin en juillet 2022. Le Conservatoire des espaces naturels s’est associé à la démarche de la LPO.

« L’objectif est d’accompagner des exploitants volontaires sur ce territoire restreint pour mettre en œuvre des actions en faveur de la biodiversité précise Laura Taysse, chargée de mission biodiversité à la LPO, nous établissons un diagnostic de l’exploitation après discussion avec l’agriculteur, un inventaire ornithologique puis nous proposons des aménagements ». Parmi les actions, cela peut être la pose de nichoirs, la plantation de haies, la restauration de zones humides et de mares ou bien l’installation de piquets à rapaces pour réduire la population de ravageurs comme le campagnol.

Neuf exploitants engagés depuis quelques mois

Neuf exploitants ont adhéré à ce programme pour amener plus de biodiversité dans leurs pratiques agricoles. Ils sont éleveurs de bovins viande ou lait, de caprins, chevaux ou porcs, producteur de châtaignes et maraîcher.

Pour Arnaud Laurent, son engagement répond à un constat inquiétant. « J’ai adhéré pour plusieurs raisons, d’abord parce que je me suis rendu compte après mon BTS gestion et protection de la nature que les paysans étaient l’un des premiers gestionnaires de l’environnement explique-t-il, mais aussi en réaction à la destruction de haies et aux coupes rases de bois, je voulais agir à mon niveau ». Outre sa conversion en bio, il a installé des abreuvoirs gravitaires, clôturé les ruisseaux, optant parfois pour des clôtures déportées, afin que les vaches ne les piétinent pas pour favoriser le retour de la biodiversité.

Et cela marche, la reine des près y pousse bien et des amphibiens y ont trouvé refuge. Des nichoirs à chouettes, effraies et mésanges ont été posées depuis un mois. Il faudra attendre plusieurs années avant qu’ils soient occupés. « J’attends l’accord pour obtenir une subvention afin de planter 300 m de haies ajoute-t-il, c’est un budget de 4 000 à 5 000 €, je dois faire l’avance et la subvention couvrira à 100 %. Cela amènera un peu de refuges.»

Une vingtaine de participants ont découvert la ferme d’Arnaud et les aménagements prévus

Des espèces d’oiseaux à préserver

Le CEN Nouvelle-Aquitaine gère 550 sites soit près de 5 000 ha en propriété et 10 502 ha en convention de gestion, ce qui participe au maintien de la biodiversité. « La Région a accordé 10 millions d’euros au CEN pour acquérir des terrains agricoles et des bois, remarque Amandine Sanchez, nous avons deux projets d’acquisition, l’un pour installer un agriculteur à Saint-Léonard sur 36 ha et l’autre à Champnétery sur 23 ha pour maintenir le lieu de vie du milan royal présent sur la vallée de la Maulde ». Le CEN propose également aux particuliers, exploitants et collectivités de signer un contrat d’obligations réelle environnementale (ORE) devant notaire s’il veulent préserver la biodiversité sur leurs terrains durant 99 ans.

Ornithologue et militant à la LPO du Limousin, Guy Labidoire déplore la disparition de certaines espèces en Haute-Vienne comme le tarier des près. « Il a disparu en tant que nicheur ce qui est très inquiétant, cette espèce est liée au maintien des zones humides donc au maintien de l’élevage, explique-t-il. Il a besoin de lieux ouverts sans pesticides, sans retournement du sol, ni engrais. Cette espèce est menacée dans toute l’Europe avec une chute de sa population vertigineuse. On voit tous les jours des destructions de zones humides, des drainages et des arrachages de haies chaque hiver. Il y a un énorme travail à faire avant de contrer ces tendances lourdes en particulier dans les lycées agricoles. Le tournant décisif n’est pas pris. En Limousin, une partie importante de la biodiversité et des oiseaux dépend du maintien de l’agriculture mais pas de n’importe quelle agriculture. »

 

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