Cuisine mobile, la recette solidaire


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Cuisine mobile, la recette solidaire

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Publication PUBLIÉ LE 26/11/2015 PAR Romain Béteille

Il est aux environs de 10 heures, ce jeudi 26 novembre. Dans les entrepôts de la Banque Alimentaire de Bordeaux et de la Gironde, près de la zone du Lac, de nombreuses mains s’activent et préparent la collecte annuelle du lendemain. D’autres font leur marché parmi les produits frais. Une petite troupe choisit des ingrédients pour cuisiner le jour même, des femmes pour la plupart, menées par Laure. Depuis trois ans, elle est conseillère économique, sociale et familiale au sein de la Banque Alimentaire. Tous les jours, la jeune femme de 28 ans se rend dans un lieu différent de la Métropole bordelaise et du département de la Gironde pour mettre la main aux fourneaux. C’est la conductrice et la gérante de l’atelier de « cuisine mobile », qui favorisent l’insertion sociale et un retour à l’autonomie auprès de publics en difficulté. Ce jeudi, c’est à Bruges qu’elle a prévu de garer son camion, pour y faire avec une dizaine de participants un nouvel atelier au sein de la Maison bourgeoise du domaine du Grand Barnal, qui appartient à la mairie. C’est là qu’une fois par mois, les deux Jacquelines (la première a 68 ans, la seconde 60) se retrouvent entre les casseroles et les fourneaux, pour préparer une nouvelle recette et la déguster avec tous les participants.

La plupart sont d'ailleurs des participantes

La nouvelle recette de l’action sociale

« Chez moi, je ne cuisine pas beaucoup, à part quand j’ai du monde. Mais le but n’est pas uniquement de cuisiner, c’est aussi de se retrouver entre nous. On se connaît tous, maintenant », dit la doyenne du groupe. « Ça me permet d’être un peu moins timide, de rester en contact avec des gens », confie la seconde. Tandis que la préparation des burgers de canard (c’est la recette du jour) avance bien et que les frites de patate douce s’épluchent doucement, Emmanuel Durieublanc, assistant social au sein du CCAS (Centre communal d’action sociale) de Bruges, nous en dévoile un peu plus sur ces ateliers un peu particuliers. « On a commencé à les développer courant 2013, le premier a eu lieu en janvier 2014. L’action de base, c’était de permettre à ces gens en difficulté d’accéder à la culture et au lien social. On organise des marches, des ateliers théâtres et plein d’autres choses ». Tous les participants bénéficient des colis de la Banque Alimentaire. Pour la grande majorité, les fins de mois sont souvent difficiles.

Un atelier solidaire

Corinne, 53 ans, ancienne employée de maison de retraite, est tombée en invalidité pour des problèmes de dos. « Pour moi qui ne travaille plus, qui reste à la maison, ça me permet de partager des bons moments, de voir du monde. Et puis l’ambiance est sympathique ». En juin dernier, les petites mains de l’atelier de Bruges ont remporté un concours de cuisine organisé par la Banque Alimentaire, autour de 8 équipes de 4 participants appartenant à 8 structures différentes. Les assiettes disposées, tous dégustent enfin le fruit des deux dernières heures de travail, comme pour un repas de famille. En 2012, la cuisine mobile avait déjà fait 10 000 voyages dans toute la gironde. Un dispositif simple, mais qui vient renforcer les différentes actions associatives et départementales. Dans le cadre de la semaine européenne de réduction des déchets du 21 au 29 novembre, le département a lancé une campagne « les écomatismes » pour lutter contre la multiplication des déchets, mais aussi contre le gaspillage alimentaire.

Des idées aux fourneaux

Les ateliers, eux, devraient passer d’un à deux par mois d’ici l’année 2016. Puisque la recette semble fonctionner, le CCAS de Bruges compte bien multiplier les projets autour de la cuisine pour l’an prochain, avec ou sans le soutien de la BABG. « On aimerait avoir notre propre cuisine équipée, faire des ateliers spécifiques avec des personnes âgées et des jeunes de missions locales, en créer à destination des diabétiques en partenariat avec une diététicienne. On aimerait également trouver un vrai lieu ressource, où toutes les associations de la commune pourraient venir se servir », confie Emmanuel Durieublanc. « On demande simplement une participation solidaire d’un euro par personne. Le but, c’est d’être en petit groupe réduit, pour que chacun fasse quelque chose », confie Laure en rangeant les ustensiles. Preuve que parfois, le social ne tient qu’à quelques ingrédients dans une assiette garnie. 

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