Création d’une ferme bio et solidaire en Charente-Maritime


Aux portes de La Rochelle, la ferme de l’Aubreçay va dédier 50% de sa production aux plus démunis

La ferme de l'Aubrecay place la solidarité dans des chantier d'insertion ou participatif, comme ces bénévoles des Fermes Urbaines venus prêter main forte aux agriculteurs.Anne-Lise Durif | Aqui

La ferme de l'Aubrecay place la solidarité dans des chantier d'insertion ou participatif, comme ces bénévoles des Fermes Urbaines venus prêter main forte aux agriculteurs.

Copier le lien Partager sur FaceBook Partager sur Twitter Partager sur Linkedin Imprimer
Temps de lecture 3 min Nombre de vues

Publication PUBLIÉ LE 22/02/2022 PAR Anne-Lise Durif

Dans le matin glacé de cette mi-février, ils sont une vingtaine à s’activer dans un champ en bordure d’une route de campagne, au croisement entre les communes de Saint-Xandre, Nieul-sur-Mer et Marsilly. Ces bénévoles d’une association locale sont venus prêter main forte à Boris et Mathilde, 43 et 33 ans, à créer leurs premières rangées de légumes de l’été prochain. Leur mission du jour : transvaser du compost vers les champs pour former de légères buttes.

A leurs côtés, des tunnels d’ails sont en train de prendre forme. Boris George est fier de ces premiers résultats. Ce sera sa première récolte, avec son associée Mathilde Lacoste. Ces deux anciens camarades de promo de BP REA du lycée agricole de Saintes ont répondu en 2020 à un appel à projet lancé par L’Entraide protestante locale.

La moitié de la production dédiée à l’aide alimentaire

« L’association possédait deux parcelles de 1,5 et 2,9 hectares sur ce secteur, dont elle avait hérité en 1916. Le legs spécifiait que les terres devaient être consacrées à la production alimentaire en vue d’aider les plus démunis à se nourrir », explique Nathalie Bottos, membre de l’Entraide protestante. Tout en plantant des pieds de fraises, elle raconte : « Au départ, notre objectif était d’installer des maraîchers bio pour qu’une part de leur production bénéficie aux 70 à 80 familles que nous aidons, à La Rochelle, par des distributions de nourriture. Puis il a été décidé d’étoffer le projet pour en faire un tiers-lieu alimentaire en vue de lutter contre la précarité et la discrimination dans l’accès à la nourriture bio.»

En plus du maraîchage, l’activité de la ferme de l’Aubreçay tournera autour de la production de fruits du verger (pommes, poires, kiwis, noix, prunes, abricots…) et de plants. Une partie des terres est dédiée à la création de jardins partagés, d’un jardin pédagogique, d’un jardin expérimental et d’une aire naturelle pour accueillir les Éclaireurs de France. La moitié de la production du potager et du verger sera dédiée à l’aide alimentaire. 

Travailler dans le respect du vivant

Les terres, elles, ont longtemps été gérées par un ESAT. « A notre arrivée, il restait le verger et quelques serres », se souvient Boris. Les plus abîmées ont été enlevées et remplacées. Le verger, débroussaillé et taillé avec des apprentis du secteur horticole. La terre a été nourrie avec du fumier, le temps de retrouver son biotope d’origine.

Boris et Mathilde entendent travailler dans le respect du vivant, en symbiose avec l’écosystème du sol, son environnement faunistique et floristique. « L’idée, c’est de ne plus travailler le sol pour laisser les bactéries et les micro-organismes de surface faire leur œuvre », explique le duo qui travaille essentiellement avec du compost, du broyat de bois et de la paille. Une seule exception dans ce règne de la nature : « On a peint les arbres avec un mélange de bouillie bordelaise, d’argile et d’huile de sésame pour éviter les insectes. Et on travaille depuis peu avec la LPO pour mettre en place des nichoirs à oiseaux, qui mangeront les insectes et nous éviterons des invasions d’étourneaux ».

Les deux maraîchers ont la chance de ne pas avoir à passer par les trois ans de conversion au label AB. « Ici, les terres ont toujours été en bio. Jusque dans les années 1980, Regain (devenu Biocoop) cultivait ici une partie de la production de ses magasins. A leur départ dans les années 1990, l’ESAT a continué à cultiver sans pesticides, jusqu’à sa fermeture en 2017 », explique le maraîcher.

Insertion professionnelle

Mathilde et Boris en ont conscience : un tel site agricole en bio demande de la main d’œuvre. Pour respecter la charge du legs, le duo a proposé « d’associer à la partie aide alimentaire un modèle de chantier participatif ». Une partie de l’activité sera dédiée à l’insertion professionnelle par l’agriculture. Plusieurs conventions ont été passées avec des associations prenant en charge des personnes éloignées de l’emploi  – handicapés, réfugiés, chômeurs de longue durée. Deux apprentis mineurs du CFA de Melle (79) ainsi qu’un jeune en bachelor en Economie social et solidaire seront bientôt recrutés. Les élèves des formations agricoles et horticoles du lycée de Saintes seront également accueillis régulièrement pour s’essayer à la taille et à l’élagage. « On s’appuie sur toute la palette de l’ESS », se réjouit Boris. « L’idée, c’est que tout le monde puisse vivre ici en harmonie ».

Ça vous intéresse ?
Partagez l'article !
Copier le lien Partager sur FaceBook Partager sur Twitter Partager sur Linkedin Imprimer
Laissez vos commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

On en parle ! Charente-Maritime À lire ! AGRICULTURE > Nos derniers articles