Conseil régional d’Aquitaine: La campagne électorale s’est invitée à la dernière assemblée plénière


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Grande Région: Des délibérations communes aux 3 régions... sans consensus sur les bancs aquitains

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Publication PUBLIÉ LE 20/10/2015 PAR Solène MÉRIC

Suite au mot introductif d’Alain Rousset, Jérôme Peyrat, Conseiller régional UMP a un peu mis à mal l’idée du consensus vanté en introduction, disant « regretter le calendrier dans lequel il a été voté un prêt à un groupe de presse- Sud-Ouest. ». Sur sa lancée il a également pointé à l’attention du candidat Alain Rousset,« la campagne actuelle qui mélange les genres, entre inauguration et moment de campagne. Si la règle est sans doute respectée, c’est l’esprit de la règle qui ne l’est pas. » Quant au consensus évoqué par Alain Rousset, l’idée n’était visiblement pas partagée par l’élu régional. Pas plus que par Yohan Taris de Forces Aquitaine, qui a également tenu à rappeler au Président de l’Assemblée « qu’il y a des différences entre nous, des différences de fond, des différences républicaines importantes» après avoir dénoncé, a propos de la fusion des régions, « une réforme qui met en place même pas un colosse aux pieds d’argile mais un colosse aux pieds et poings liés, tellement elle est embourbée dans son extraordinaire complexité façon usine à gaz ».

Prêt au groupe Sud Ouest: “arrêter ce débat indigne!”En réponse aux arguments de Jérôme Peyrat, si Alain Rousset a rappelé que « la Région a toujours accompagné les plans de restructuration financier au moment où il le fallait », soulignant par ailleurs que « c’est la première fois que l’on fait un prêt au taux du marché, même pas 0%. »; c’est Stéphane Delpeyrat, Président du Groupe PS qui est le plus fermement monté au créneau, faisant part de son exaspération sur le traitement de la question de ce dossier par ses adversaires politiques. « Maintenant ça va ; ça devient indigne ces attaques. Nous avons consenti un prêt à 3% à la PQR, ça n’est pas un chèque donné, comme j’ai pu l’entendre dire par ailleurs. Toute la presse est en difficulté. Chaque année, la presse bénéficie d’aides à la presse, c’est une question de démocratie et de maintien d’un contre-pouvoir. C’est peut-être ça qui gêne votre candidate », a t-il lancén passablement énervé à la droite de l’assemblée régionale, tandis que l’aile de gauche applaudissait sa requête « d’arrêter ce débat indigne d’un comportement démocratique normal ».

Quant au vote sur la décision modificative d’un montant de 82,06M€ présentée par Isabelle Boudineau, Vice présidente chargée des Finances, Les Républicains et Forces Aquitaine ont voté contre. Pour le groupe Les Républicains/ NC/ CPNT l’importance de ces crédits, outre la clôture anticipée de l’exercice budgétaire, marque aussi l’abandon d’autorisation de programme d’importance, symptomatique à leurs yeux “du retard” de certains projets. Dominique Ducassou citant particulièrement la MECA (Maison de l’Economie créative et de la Culture en Aquitaine), représentant 13M€ de report: « voilà 4 ans que le jury s’est réuni pour le choix du projet, et la construction n’est toujours pas commencée ». Autre critique de l’élu, sur les dépenses nouvelles proposées par cette décision modificative, « 7 M € concernent des dépenses de fonctionnement dont 1 M€ de créances irrecouvrables, soit un total de 17M€ en sommes perdues par la région pour cause de prêts non honorés par les entreprises ».

“La dette n’est pas un jeu de bonneteau”Sur les 82 M€ de cette décision budgétaire, 19,9M € ont en effet été attribués à des dépenses nouvelles, et 62M € permettent de revoir à la baisse la prévision de l’emprunt pour 2015, se satisfait Isabelle Boudineau. « Une annulation d’emprunt très classique, selon Yohan Taris pour Forces Aquitaine. Tellement classique des décisions budgétaires de la Région qu’à chaque fois, on se pose la question de la sincérité de votre prévision budgétaire », lance-t-il. Notant que la DM ouvre des crédits pour une nouvelle politique aéroportuaire menée par la Région, le président de groupe, jugeant “indispensable que la région accompagne les aéroports”, s’est réjoui de voir que « le PS s’affranchit de la tutelle des alliés verts sur cette question », et en a appellé, du même coup « à aller plus loin », invitant la majorité socialiste à une intervention sur le routier pour accompagner les territoires, “d’autant que la région en a sous la pédale”, estime-t-il. Un point de vue sur le routier par ailleurs partagé par le groupe des Républicains et de leurs alliés.
Pour les Verts qui ont voté la décision modificative, c’est justement sur cette engagement nouveau envers l’aéroportuaire, que c’est cristallisé la critique. « Financer le transport aérien, qui est le plus polluant, en période de Cop 21, c’est n’est pas un bon message politique ! » a estimé Bernard Péré au nom de son groupe.
Du côté du Front de gauche, Alain Baché, voit dans cette décision, sur laquelle son groupe s’est abstenu, « la traduction de la politique d’austérité du gouvernement aux conséquences dramatiques sur le quotidien de vie des populations. Alors oui, nous sommes dans une saine situation comptable, mais elle n’est pas bonne sur le plan économique et politique ».

Enfin, le PS à travers la prise de parole de Stéphane Delpeyrat, a tenu à rappeler, que «l’Aquitaine est la 2ème région la mieux gérée de France. Ici, à l’image de la DM, l’essentiel de l’effort porte sur la capacité de désendettement». Le même a, à son tour, appelé la campagne électorale dans la plénière pointant  «la contradiction entre les propos tenus en assemblée appelant à plus de dette et ceux en campagne électorale critiquant le poids de la dette de la collectivité». 
Sur le même sujet du choix de la diminution des emprunts, Isabelle Boudineau, a tenu à rappeler à l’assemblée, que « la dette n’est pas un jeu de bonneteau. Il ne s’agit pas ici de diminuer la dette, mais de baisser les prévisions d’emprunt. Il ne faut pas jouer la confusion. Et pour cause, « la dette progresse. Raisonnablement, mais elle progresse ». D’autant que si la situation reste favorable en Aquitaine, la grande région viendra bouleverser les choses en matière d’encours de la dette, a-t-elle glissé à la fin de son intervention.

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