Cet été en Gironde : quel mode d’emploi pour les urgences ?


Face aux tensions à venir cet été dans les services d'urgences, l'ARS et les acteurs du soin ont élaboré un plan pour assurer la qualité des prises en charges des "vraies urgences"

Illustration : Panneau d'urgencesShutterstock _ NeydtStock

Illustration : Panneau d'urgences

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Publication PUBLIÉ LE 30/06/2022 PAR Solène MÉRIC

Dans un contexte de tensions après deux années de crise Covid ajoutées à d’importantes difficultés de recrutement de médecins et de personnels paramédicaux, l’été s’invite aussi à l’hôpital. Avec lui, les congés _bien mérités_ pris par les soignants, et les touristes. Soit un fort afflux de population, notamment sur la côté littorale pour une moindre densité de personnels. Tout pour risquer l’embolie des services d’urgences. En Gironde, l’ARS et les acteurs locaux, ont travaillé à un plan de continuité des soins autour d’une formule à connaître par tous : les urgences ce n’est plus automatique !

En Gironde, les vacances ne riment pas avec repos pour les services d’urgences qui voient un nombre de passages élevé sur ces périodes, notamment sur le littoral : plus de 135 000 passages à l’été 2020 et plus de 154 000 à l’été 2021 soit une hausse de 14%, sans baisse de fréquentation en zone urbaine… Un surcroît d’activité que l’ARS et les acteurs du soin tentent d’anticiper en rédigeant une véritable feuille de route visant à « assurer la continuité du soin au grand public », indique Bénédicte Motte, Directrice départementale de la Gironde pour l’ARS.

Premier acteur : le médecin traitant

« Le cœur de ce plan est de réaffirmer la place de chacun des acteurs dans la chaîne du soin. Le premier des acteurs, c’est le médecin traitant ». Bonne nouvelle pour le Département, la Gironde est à la 11ème place des départements les mieux dotés en médecins de ville avec 155 médecins pour 100 000 habitants. Moins bonne nouvelle, selon Fabrice Broucas, président de l’ordre des médecins de Gironde, « cette densité élevée cache des disparités sur le territoire. Le Médoc et le Sud Gironde, sont en déshérence », pointe-t-il. Une situation face à laquelle il souligne la mobilisation de l’ensemble de la profession médicale, « y compris jusqu’au retraité qui assure le service des soins des gardes-à-vue à l’Hôtel de police », et se satisfait « du retour du dialogue entre la médecine de ville et la médecine hospitalière ».

Un dialogue et un échange régulier qui sont à la clé de voûte du plan estival d’accès aux soins girondin. L’ambition du plan est de « recentrer les missions de chacun » afin qu’il y ait « moins de passages aux urgences mais plus de passages pertinents pour pouvoir se concentrer dur ceux-là », synthétise Caroline Delarivière, coordinatrice médicale du réseau territorial des urgences. Catherine Pradeau, responsable du centre de régulation des appels du SAMU33, confirme : « jusque là, les urgences étaient la lumière allumée tout le temps. Désormais aller aux urgences ne sera pas automatique. Face à cette crise, les urgentistes se recentrent. Ne seront prises en charge que les urgences vitales et fonctionnelles : les polytraumatisés, les AVC, les gènes respiratoires, les infarctus, etc… ». Avec des réponses différenciées selon la présence effective ou non de personnels, et selon les territoires et l’organisation des soins sur ces territoires. Mais le tout, toujours dans la coordination.

“On ne lâche pas les patients dans la nature, on réoriente”

Au CHU Bordeaux Pellegrain, comme c’est déjà le cas aux Urgences d’Arcachon, un infirmier d’orientation et d’accueil peut désormais orienter le patient vers un médecin généraliste libéral volontaire de garde assurant des consultations au sein du service. Mais avant de se déplacer la recommandation reste d’abord d’appeler son médecin traitant ou bien encore le 15, qui sauront détecter le caractère ou non d’urgence.

Cela dit, « ne pas être admis aux urgences, ça ne veut pas dire qu’on lâche les patients dans la nature. On ne refuse pas l’accès aux soins. Le patient relevant de soins non-programmés, plutôt que d’une urgence vraie, sera à l’inverse inscrit dans un parcours de soins qui lui correspond », pointe Catherine Pradeaux. Le patient pourra être réorienté, soit par une reconvocation le lendemain aux urgences ou vers une consultation spécialisée, soit encore sur des créneaux auprès d’un médecin libéral ou auprès des différentes structures existantes sur le territoire. Parmi elles, les trois maisons médicales de garde (Libourne, Blaye et Langon), les maisons de santé pluri-professionnelles ou encore vers les communautés professionnelles territoriales de santé actives cet été (Sud Médoc, Sud Bassin d’Arcachon et Val de l’Eyre, Ouest Gironde, Entre Deux Mers, Nord Ouest Métropole, Dropt sur Garonne).

Urgences obstétricales

Les onze maternités du département ne sont pas épargnées par les tenions. Parmi les situations les plus critiques, la maternité de Lesparre qui a déjà fermé plusieurs jours au mois de mai et devra à nouveaux fermer ses urgences obstétriques en août, par manque de ressources humaines. Les femmes suivies par cette maternité arrivant à terme, ont déjà été informées de la situation et sont appelées à se rapprocher selon leur préférence ou leur situation médicale de la maternité d’Ares, de Bordeaux Nord ou de la clinique Jean Vilar. Pour les parturientes en vacances, Marie-Laure Beijas, cheffe de projet périnatalité ARS-Nouvelle-Aquitaine n’a là aussi qu’un conseil à donner : « emportez votre dossier obstétrical avec vous dans la valise, d’autant plus si vous vous présenter à un service d’urgences ».

Infos pratiques !

Au delà des procédures mises en oeuvre dans chaque établissement girondin, l’Agence régionale de santé assure que « dans tous les cas, la prise en charge des urgences vitales reste assurée par les structures mobiles d’urgence et de réanimation (SMUR) 24h/24 et 7j/7, et reste une priorité ».

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