Benoît Biteau: « bassines: ce rendez-vous avec l’histoire »


Eurodéputé Vert et agriculteur en Charente-Maritime, Benoît Biteau est un fervent opposant aux réserves d’eau qui divisent le monde agricole. Il propose un grand débat public pour sortir de la crise des bassines.

Le député européen EELV Benoît BiteauJulien Bonnet

L'eurodéputé Vert est un fervent opposant aux réserves d'eau

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Publication PUBLIÉ LE 07/11/2022 PAR Virginie Valadas

Opposant de la première heure à ce qu’il appelle une bassine, Benoît Biteau était présent parmi les manifestants face aux forces de l’ordre le 29 octobre. Quelques jours après les incidents qui ont émaillé cette manifestation interdite à Sainte-Soline (Deux-Sèvres) contre une nouvelle réserve de substitution d’eau, Benoît Biteau évoque une possible sortie de crise, grâce à un grand débat public, la prise en compte des avis scientifiques et un nouveau tour de table.

Aqui.fr : Comment sortir de cette impasse qui opposent deux visions de l’agriculture où chaque côté campe sur ses positions ?

Benoît Biteau : C’est à l’Etat, au gouvernement de remettre tout à plat et surtout d’intégrer que ces projets ne sont pas bons. C’est la raison pour laquelle j’étais à Sainte-Soline. Quand une manifestation interdite réunit 8000 personnes (moins selon les forces de l’ordre, ndlr), on se demande comment l’Etat peut rester sourd à autant de mobilisation.

Aqui.fr : Un débat apaisé sur le sujet est-il encore possible après les événements de Sainte-Soline?

On a confiné ce débat dans la sphère agrico-agricole où la FNSEA verrouille tout. Sauf qu’on parle de notre alimentation, de notre santé, de la biodiversité, du réchauffement climatique, de ressources vitales comme l’eau, comme l’air. Sur ses enjeux là, on a un rendez-vous avec l’histoire. C’est donc le rôle de l’Etat de replacer ce sujet au cœur d’un vrai débat de société, avec les éclairages scientifiques dont on dispose. On explore l’idée que la Commission nationale du débat public (CNDP) organise la discussion, la concertation, la médiation, afin que, de façon équilibrée, on replace les échanges dans un débat de société.

Aqui.fr : Faut-il un référendum comme pour l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique)?

Un référendum n’est pas la bonne réponse. Ce dont on a besoin, c’est d’amener de l’objectivité dans le débat. De nombreux scientifiques nous expliquent le fonctionnement hydrologique des bassins versants. Ils nous disent que le seul bon moyen de stocker de l’eau, c’est de la stocker en souterrain. Nous devons créer toutes les conditions pour que l’eau soit à nouveau disponible dans les nappes phréatiques : remembrer les cours d’eau, recréer des haies et des bocages, recréer des zones humides, planter des arbres dans les champs en agroforesterie, de manière à retenir l’eau sur les bassins versants et éviter qu’elle aille à la mer. On pourra alors satisfaire tous les usages de l’eau : l’eau potable bien sûr mais aussi l’irrigation en agriculture.

Aqui.fr : Y a-t-il d’autres exemples en Europe de réserves d’eau comme celles projetées en France ?

Oui il en existe, notamment en Espagne et en Italie et malheureusement, c’est un désastre. En Espagne, des immenses bassines ont été créées pour stocker trois années d’irrigation. En 2022, ces stockages étaient vides. Les retenues d’eau derrière, avec des barrages étaient à sec car les cours d’eau étaient à sec. Cela montre bien l’impasse de ces logiques. Il faut absolument créer les conditions de rechargement des nappes souterraines. Ce n’est pas la stratégie ni de l’Espagne ni de l’Italie. Ils viennent de vivre avec cet été 2022 un échec cuisant, sans vilain jeu de mot.

  • *La manifestation était organisée à l’appel de 150 associations et collectifs.
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