Béarn: la centrale solaire


L'implantation de cette centrale solaire est porteuse d'un double symbole: transition énergétique et valorisation des friches industrielles

La centrale solaire de Pardies, Os-Marcillon, Parix occupe les friches de l'ancienne centrale thermiqueAqui.fr

La centrale solaire de Pardies, Os-Marcillon, Parix occupe les friches de l'ancienne centrale thermique

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Publication PUBLIÉ LE 16/09/2021 PAR Solène MÉRIC

L’inauguration qui s’est déroulée le 14 septembre sur un terrain commun aux communes de Pardies, d’Os-Marsillon et d’Artix est le symbole fort des enjeux énergétiques en cours, et de la transition à l’oeuvre pour intégrer une plus large part des énergies renouvelables dans le mix énergétique national. L’inauguration en question est celle d’une centrale solaire, sur le site de l’ancienne centrale thermique EDF de Pardies (64). Symbole d’une nouvelle ambition énergétique permettant au passage de valoriser des terrains en friche ne pouvant plus accueillir ni agriculture, ni habitant suite à l’arrêt de la centrale historique.

11 500 panneaux photovoltaïques sur 4,3 hectares, pour une puissance installée de 4MW, soit la consommation annuelle d’environ 2 000 personnes. Voilà en quelques chiffres, la carte d’identité de la toute nouvelle centrale solaire inaugurée sur le Bassin de Lacq en début de semaine. « Une ferme solaire que l’on pourrait classer parmi les plus grandes des petites fermes solaires », décrit David Augeix, directeur régional Sud pour EDF Renouvelables.

Un bond dans la transition énergétique
Une centrale en réalité « typique des centrales construites sur des terrains industriels ». Car c’est en effet là une de ses spécificités ; la nouvelle centrale solaire, d’ores et déjà totalement opérationnelle, s’est construite sur un terrain en friche, appartenant à la Direction Thermique EDF. Le projet vient ainsi revaloriser et reconvertir un site qui durant 30 ans, de 1959 à la fin des années 80 abritait, comme l’a rappelé Martin Leÿs, Directeur Régional EDF lors de la cérémonie, une centrale thermique. Celle-ci exploité, pour l’époque, par le « miraculeux » pétrole découvert là au milieu des années 50 avant d’en exploiter le gaz, et permettant le développement économique et industriel important du secteur avec notamment ici de l’usine d’aluminium Péchiney, à Noguères, particulièrement gourmande en énergie.

Sur ce terrain aux 3 communes, outre la valorisation d’une ressource naturelle en énergie, c’est donc un sacré bon dans la transition énergétique qu’officiels, élus, et dirigeants opérationnels ont ainsi célébré, non sans une certaine fierté. Etaient notamment de la fête, les maires des 3 communes, le président de la communauté de communes de Lacq Orthez, Patrice Laurent, le Président du département Jean-Jacques Lasserre, ainsi que le sénateur Max Brisson et la députée Florence Lasserre.

Dans 20 ans… et après ?
Mais l’idée étant bien ici de « faire » du durable, David Augeix répond volontiers sur l’avenir de l’installation béarnaise toute neuve dont l’existence est pour l’heure assurée pour les 20 ans à venir, durée du contrat de rachat de l’électricité fixée par le Gouvernement. Avec une usure raisonnable des panneaux (pour ceux-là fabriqués en Chine). « Dans 20 ans, la centrale sera à 80% voire plus de sa capacité de production actuelle », estime le directeur. Deux avenirs seront alors possibles pour l’infrastructure : « soit son renouvellement, avec des technologies qui auront sans doute évolué en termes de performance, soit son démantèlement et le site sera rendu à son état initial »… à savoir une friche sur laquelle, pour l’heure en tout cas, ni habitat ni agriculture ne sont envisageables au regard d’une pollution du sous-sol, liée à l’activité précédente…
Une pollution qui alliée à un PPRI du Gave voisin, n’a d’ailleurs pas été sans poser quelques encombres dans la réalisation du projet. L’objectif étant bien sûr que la pose des panneaux ne viennent pas contrarier l’écoulement des eaux, et ainsi aggraver l’étendue de la pollution. Difficulté technique finalement résolue par le semi-enfouissement de blocs de béton sur lesquels sont posés les panneaux.


Démarré début 2020, le projet qui a donc aussi connu les aléas de la crise sanitaire, a pourtant vu le jour dans les temps, soulignent aussi les responsables. Enfin, à noter cette fois dans le processus de financement, sur les 4 M€ investis par EDF Renouvelables pour l’installation de cette centrale, 250 000 € ont été financés par le biais du financement participatif.

Pour Martin Leÿs et David Augeix, un autre élément de fierté s’ajoutait à cette inauguration : la mise en service à quelques centaines de kilomètres de là, en Gironde, d’une autre centrale solaire du même type : la centrale photovoltaïque d’Ambès également implantée sur le site d’une ancienne centrale thermique EDF. Composée de 25 000 panneaux photovoltaïques sur 10 hectares, pour une puissance installée de 10 MW, l’électricité renouvelable qu’elle produira contribuera quant à elle à répondre aux besoins annuels en électricité de plus de 5 000 habitants. Que ce soit sur l’occupation de friches, sur l’exploitation de terrains agricoles, en entente avec les acteurs concernés, ou encore autour d’études de possibles centrales photovoltaïques flottantes, “la région Nouvelle-Aquitaine a vraiment un gros potentiel sur le sujet de l’énergie solaire”, a ainsi affirmé David Augeix.

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