Arte Flamenco laisse trace au musée


A Mont-de-Marsan, le Musée Despiau-Wlérick accueille l'exposition "Danse danse avec la lune" en collaboration avec le festival Arte flamenco

Léopold Kretz Deux versions de La dame au chapeauAqui.fr

Léopold Kretz Deux versions de La dame au chapeau

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Publication PUBLIÉ LE 07/07/2021 PAR Solène MÉRIC

C’est une longue tradition désormais. Le Musée Despiau Wlérick à Mont-de-Marsan est un partenaire à part entière du festival Arte flamenco, accueillant chaque année une exposition en lien avec l’art flamenco. Cette année n’échappe pas à la règle. La structure présente l’exposition, qu’elle n’a pas pu présenter l’an dernier : Danse danse avec la lune. Habituellement très axée sur l’image (photos, affiches, peintures) l’exposition qui se prolonge jusqu’au 29 août allie cette année des oeuvres très variées, tant dans les supports que dans les époques. Mais leur rassemblement souligne un même constat : la danse, qu’elle soit flamenca, populaire, classique ou traditionnelle, c’est un temps suspendu, un trait d’union précieux de mouvements et de rythmes entre l’homme et le cosmos.

Si Danse danse avec la lune, sonne avec le retour du flamenco dans la ville landaise, sa présentation (qui n’avait pas vraiment pu avoir lieu l’an dernier, pour cause de Covid) sonne aussi avec le retour du public dans les lieux de culture, et ici donc au sein du Musée Despiau-Wlérick. De quoi enthousiasmer sa directrice, Mathilde Lecuyer. D’autant plus que le musée, le temps du festival, tout juste achevé, a accueilli en cette année « extra-ordinaire », un certain nombre de manifestations liées à l’évènement : stages, flamenco pour enfants, lecture musicale… C’est donc un public nombreux qui a passé à nouveau les portes du Musée pour sa réouverture. Un symbole cher à la responsable. « C’est le retour à la vie fois 1000 pour l’établissement! » sourit-elle.

Entre oeuvres contemporaines et sculptures classiques
Autre source de satisfaction du Musée autour de cette exposition ”labellisée” Arte flamenco, c’est qu’elle n’est pas tout à fait comme les précédentes : elle fait des ponts entre des œuvres contemporaines et des sculptures classiques issues de la collection du Musée. Et sur ce point, c’est particulièrement Christophe Ricard, conservateur du Musée Despiau-Wlérick et co-commissaire de l’exposition, qui ne boude pas son plaisir. « Contrairement aux années précédentes, l’exposition Danse danse avec la lune, permet de mettre en lumière un certain nombre d’oeuvres de notre fonds d’atelier. Des œuvres sur le thème de la danse et qui sont habituellement assez peu valorisées ». Une occasion pour le public de découvrir ou redécouvrir des sculptures de Robert Wlérick, des reliefs, dont des scènes de danse, inspirés de la mythologie ,et que l’on pourrait croire tout droit sortis de quelques temples romains dédiés à Bacchus… Mais aussi d’autres sculpteurs sans doute moins connus du public.

Premières salle, lunmineuse, de l'exposition ''Danse danse avec la lune'' Musée Despiau WlérickAqui.fr

Premières salle, lunmineuse, de l’exposition ”Danse danse avec la lune” Musée Despiau Wlérick

La mise en valeur de la collection du Musée amène ainsi un autre élément qui dénote un peu des expositions proposées les années précédentes. S’il est certes ici question de flamenco, à travers un certain nombre de propositions artistiques, classiques et contemporaines, c’est bien davantage la danse dans sa globalité qui est mise à l’honneur. Mieux, « cette exposition évoque les relations sensibles entre la danse et les mouvements de l’univers. […] L’humain entre en écho avec le tournoiement des astres, avec le scintillement des étoiles, dans l’ivresse cosmique », explique et présente François Lousteau, commissaire de l’exposition. Deux vidéos de l’artiste Julie Chaffort, mettent notamment le flamenco et sa danseuse en proie et en réponse aux éléments naturels : une danse face et/ou avec un vent tempétueux (Jour Blanc), ou bien dans une vidéo intitulé Barque, au milieu d’un lac, en équilibre sur une petite barque en bois…

La danse en écho à la grande chorégraphie universelle
Côté danses, et arts “classiques”, aux reliefs de Robert Wlérick (1882-1944), aux fusains et pastels de Marcel Mérignargues (1884 -1965) aux petites statues, nombreuses, de Léopold Kretz (1907 – 1990), évoquant souvent des danseurs et danseuses dans des mouvements très aériens, ou encore à la grande et belle figure, Nicole ou la danseuse de Hubert Yencesse (1900-1987) répondent la contemporanéïté d’une peinture vinylique colorée signée en 2020 par Benjamin Artola (Le Chant des coraux), les vidéos de Julie Chaffort, ou bien encore celle de Mélanie Manchot ( Danse (All night, Paris) ), qui transforme le temps d’une nuit, une cour de lycée en piste de bal. Avec cette particularité que chacun, en couple ou en groupe, suit sa propre musique, celle qu’il entend au casque, dans le creux de son oreille. Une observation alors silencieuse pour le visiteur de 10 sortes de danses simultanées, dont le flamenco, au côté du hip hop, valse, danse indienne, tango… 10 danses, cohabitant dans un même espace, entre souffles, sourires et complicité des regards échangés, sous les étoiles. Dans leur oeuvre Dots, Florian et Mickaël Quistrebert mettent quant à eux en scène, aussi sur support vidéo, des derviches tourneurs vus du ciel, pris dans une danse hypnotique et éternelle, comme l’est la rotation de la terre et le mouvement du cosmos.

Au musée Despiau Wlérick l'exposition ''Danse danse avec la lune" marie scultpure classiques et oeuvre contemporaineJulie ALLEAU | Aqui

Au musée Despiau Wlérick l’exposition ”Danse danse avec la lune” marie scultpure classiques et oeuvre contemporaine

En échos à ces mouvements de danses, ces rotations des corps, ces élancements de main vers le ciel, ces impulsions, extensions ou appuis au sol, le cosmos, ou l’univers, est bien l’autre imbrication de l’exposition, comme son titre, tiré d’un poème Federico Garcia Lorca, l’annonce. Danse danse avec la lune. La lune, le soleil, les éclipses, les marrées, le mouvement induit par les forces gravitationnelles, et que les danseurs ne peuvent oublier, sont aussi présents dans toute une première partie de l’exposition. La danse en écho à la grande chorégraphie universelle en quelque sorte.

On pense notamment aux œuvres de Simon Rulquien, dont une, Pendulum, a été commandée pour l’exposition montoise et réalisée sur place, dans la deuxième salle de l’exposition. Une salle sombre et en lien avec les étoiles et l’espace, quand la première paraît lumineuse et solaire. Tel un cheminement que des danseurs pourraient parcourir sur une scène, Pendulum trace de grands arcs de cercles au sol. Ceux-ci sont le résultat de la force gravitationnelle d’un pendule encré, fixé au plafond puis lancé par l’artiste. L’homme a certes créé l’impulsion de départ mais les lois de la physique, entre gravité et équilibre, ont fait le reste. La trace de la danse du pendule menée par la Nature.


Plus d’infos :
Entrée libre et gratuite
Musée Despiau-Wlérick – Place Marguerite de Navarre à Mont-de-Marsan
Après une ouverture non stop du 30 juin au 4 juillet, l’expô reprend du 7 juillet au 29 août de 10h à 12h puis de 14h à 18h
Programmation d’ateliers pour petits et grands, de visites guidées, d’animations et de rencontres avec les commissaires de l’exposition. Détails: https://www.facebook.com/MuseeDespiauWlerick/

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