Alimentation locale et de qualité : un pacte régional


L'alimentation durable, locale et de qualité a été un des thèmes forts de la présence d'Alain Rousset sur le Salon de l'agriculture de Bordeaux.

Alain Rousset a salué les éleveurs lors de sa venue sur le Salon de l'agriculture Nouvelle-Aquitaine 2022Aqui.fr

Alain Rousset a salué les éleveurs lors de sa venue sur le Salon de l'agriculture Nouvelle-Aquitaine 2022

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Publication PUBLIÉ LE 25/05/2022 PAR Solène MÉRIC

C’est une tradition. A chaque édition du Salon de l’agriculture à Bordeaux, le lundi, c’est la Journée de la Région Nouvelle-Aquitaine ; partenaire de poids de la manifestation, puisqu’elle la finance cette année à hauteur de 300 000 € (salon Aquitanima compris). Mais au-delà de la visite du Salon par Alain Rousset, Président de la Région, cette journée a été l’occasion de mettre en avant le Pacte alimentaire Nouvelle-Aquitaine, plan d’actions régional « pour une alimentation durable et locale », avec un focus sur une initiative portée par les gestionnaires des lycées publics néo-aquitains en matière de restauration.

Comme presque tous les participants au Salon de l’agriculture Nouvelle-Aquitaine 2022, le président de la Région n’a pas caché sa satisfaction à revenir physiquement sur la manifestation. « J’avais hâte de retrouver les têtes et les bêtes ! ».

Soucieux d’axer sa courte prise de parole sur le rôle et les défis de l’agriculture au regard du changement climatique, Alain Rousset a saisi l’occasion d’une rencontre avec des élèves des lycées agricoles pour rappeler les investissements de la collectivité dans ces établissements et leurs exploitations agricoles, afin de soutenir leur nécessaire « bascule vers la transition agro-écologique ». « Il faut impérativement que vous soyez l’avant-garde du monde agricole ! » a-t-il en outre missionné les élèves, tout en les applaudissant pour leur participation active au Salon.

L’alimentation durable et locale: “pas si simple”

Une “avant-garde” sur la transition dont dépend aussi l’alimentation et la souveraineté alimentaire de demain. La formation agricole est à ce titre pleinement intégrée au Pacte alimentaire Nouvelle-Aquitaine. Celui-ci vise en effet à poser des ambitions et stratégie pour développer « une alimentation durable et locale » en Nouvelle-Aquitaine.

Co-construit par l’ensemble des têtes de réseaux néo-aquitaines de la production, de la transformation et de la distribution sous la houlette coordinatrice de la Région, ce Pacte marque la volonté des acteurs de l’alimentation de « s’être pris en main », salue Alain Rousset. Un président d’autant plus satisfait que le sujet n’est « pas si simple que ça et suppose de changer les modes commerciaux, de recréer des réseaux quand on a si longtemps laissé le soin au marché de s’organiser ».

Mais ce Pacte et ses ambitions fortes ne partent pas de rien, souligne Charlotte Nommé, Directrice du service Agriculture à la Région. En effet depuis 2018 et la signature de la feuille de route « Agriculture, Alimentation et Territoires », les indicateurs liés aux circuits courts et aux produits locaux sont déjà en progression, appuie-t-elle.

Enseigner à produire autrement

Coté production, en 2020, 15% des agriculteurs qui se sont installés en Nouvelle-Aquitaine étaient porteurs d’un projet en circuits courts de proximité, et 23,5% des exploitations agricoles néo-aquitaine vendaient déjà une partie de leur production en circuit court. Le pacte pose l’objectif que ces deux indicateurs passe à 25% d’ici à 2025. Dans ce même souci de developper la proximité entre consommateurs et agriculteurs, il s’agirait aussi de passer, à l’échelle de la région, de 86 magasins de producteurs ou assimilés, à 100.

Sur l’aspect de la formation agricole, et dans une logique « d’enseigner à produire autrement » aux futurs agriculteurs, l’objectif à 2025, est que la totalité des exploitations des établissements agricoles soit certifiée Haute Valeur Environnementale, avec au moins un atelier certifié bio.

Enfin, du côté de la restauration collective publique, le Pacte reprend les attentes de la feuille de route Néo Terra qui prévoit, de passer de 35% à 60% de produits locaux dont 30% de bio dans les cantines des lycées publics néo-aquitains.

Signature de la convention de partenarait entre Thierry Pousson, président de l'ACENA et Alain Rouset président de la Régino, sous le regard de Geneviève BarratAqui.fr

Signature de la convention de partenarait entre Thierry Pousson, président de l’ACENA et Alain Rouset président de la Régino, sous le regard de Geneviève Barrat

“Plus de qualité dans les repas des lycéens par la commande publique”
Des objectifs qui sur le terrain inspirent déjà les gestionnaires de lycées réunis au sein de l’association ACENA. Comme l’explique Thierry Pousson son président, « l’association veut se saisir du levier de la commande publique pour apporter des solutions opérationnelles au déploiement d’une démarche d’achat responsable, locale et de qualité, tout en pesant sur la rémunération du monde agricole. » Il s’explique : « Si on réoriente les commandes vers une demande de qualité pour les repas de nos lycéens, alors on privilégie l’offre régionale, car l’offre régionale est de qualité ».

Une initiative innovante qui s’appuie notamment sur la mise au point en juillet 2020 d’un logiciel indépendant OCCENA. Celui-ci mesure la qualité d’un produit au regard de la présence d’additifs, de leur nombre et de la valeur nutritionnelle du produit. L’acheteur peut alors commander en connaissance de cause.

L’ACENA, qui représente 600 adhérents et à travers eux quelque 60 M de repas, peut ainsi indirectement peser dans les choix de recettes et d’approvisionnement des acteurs de la transformation alimentaire si ces derniers ne veulent pas voir leurs produits boudés par les acheteurs publics en raison d’une moindre qualité… « L’objectif est de faire que le logiciel s’impose aux industriels », confie Thierry Pousson.

Une convention de partenariat signée entre l’ACENA et la Région Nouvelle-Aquitaine permet désormais de formaliser et resserrer plus encore des relations déjà étroites et régulières entre la collectivité et l’association dans le but de toujours plus de relocalisation de l’alimentation.


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