Agora : un week-end « nature »


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Agora : un week-end "nature"

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Temps de lecture 4 min

Publication PUBLIÉ LE 21/09/2017 PAR Romain Béteille

Ils sont nombreux, les appareils photos à immortaliser la scène en ce jeudi 21 septembre. Il faut dire que les nouveaux atours du miroir d’eau, juste en face de la Place de la Bourse à Bordeaux, ont de quoi séduire : une série de six bancs en acier peints de blanc, attire de nombreux curieux. Baptisé « L’observatoire du ciel », ces derniers sont un peu particuliers, surtout de par leur prolongement en fils d’acier, leur donnant l’air de prendre racine. Usant à la fois des reflets du lieu et de ses charmes, cette installation est l’oeuvre de l’artiste argentin Pablo Reinoso. Ce dernier n’est jamais bien loin de son oeuvre, lui qui a démarré cette série baptisée « Spaghettis », initiée en 2006, au départ faite de bois. « Ce matériau ne me permettait pas d’aller à l’extérieur. Quand j’ai commencé à trouver des solutions techniques pour retrouver la même métaphore en métal, ça m’a permis d’aller au delà des espaces intérieurs », raconte-t-il pour présenter son installation, dont deux des bancs seront également exposés devant le Petit Palais pour la FIAC en octobre prochain.

Du vert, partout

Pablo Reinoso n’est pas là uniquement en tant qu’artiste : il est aussi le président du jury du concours de design d’Agora, qui depuis 2008 propose aux créateurs et designers de travailler autour de la conception d’une tasse à café très… personnelle (le prix était ouvert aux étudiants comme aux professionnels). La mairie de Bordeaux a donc profité de sa présence pour lui faire cette commande très particulière, exposée jusqu’au dimanche 24 septembre. « Je suis venu regarder la ville et voir où je pouvais faire une intervention qui serait intéressante. J’avais toujours été fasciné par ce miroir, j’ai voulu faire une sorte de place à l’ancienne qui subisse quand même le rythme de cette fontaine ». Le designer file facilement la métaphore : image d’un banc refuge, reflets pour regarder le ciel, notion « absurde » de la ville inondée… beaucoup de sens peuvent être trouvés dans ce nouvel espace, en plus de la curiosité naturelle des gens, dès l’installation. « On a apporté les éléments démontés et on a commencé à les assembler. Pour une question de délais, la moitié des lattes n’étaient pas installées. Mais les gens étaient déjà assis, comme si ça faisait déjà partie du lieu ». 

Agora 2017

Bien entendu, c’est tout sauf une exception : de très nombreuses oeuvres et évènements se déroulent encore jusqu’à dimanche dans le cadre de cette biennale d’architecture, qui prend à chaque fois un peu plus d’ampleur que l’édition précédente. Il suffit de faire quelques pas et de découvrir ce potager, ces murs végétalisés et ces plantes aromatiques installées en plein coeur de la place de la Bourse pour s’en rendre compte : du jardinage et un espace détente en plein coeur de ville, c’est aussi poétiquement absurde qu’un banc avec des racines… La nature prend en effet beaucoup de place cette année. Par exemple, ces quelques 1800 pieds de différentes variétés de tomates anciennes (mesurant entre trois et quatre mètres de haut) installés sur la ligne des quais, longue de 1,8km. Éphémères, ces dernières seront bien sûr cueillies par des familles des centres d’animation de la métropole et cuisinées en « croque au sel », un évènement ouvert à tous les bordelais ce samedi 23 septembre sur la prairie des Girondins, quai Louis XVIII. Rallye des paysages, visite des jardins, exposition d’un Bordeaux qui « respire » à la Base Sous-Marine… les images ne manquent pas pour laisser place à la nature.

Le Hangar 14 toujours au centre

Si vous souhaitez découvrir les nombreuses conférences organisées encore tout le week-end, il vous faudra forcément passer par le Hangar 14, sorte de hub central dans lequel on retrouvera là aussi ce thème du paysage et de la nature. Notamment au travers d’une grande exposition, « Paysages augmentés » de Bas Smets, une réflexion, autour de dix films dans autant de ville, sur les différents rôles des paysages au sein des grandes métropoles mais aussi l’influence du climat dans les lieux habités. Évidemment, la métropole bordelaise et ses différents cours d’eaux (sous forme de carte mais aussi d’un film d’une quinzaine de minutes) sont explorés. « On a voulu étudier la relation entre la position géographique d’une métropole, le climat et les pratiques de l’homme. Pour Bordeaux, on a parcouru notamment tout le domaine des Jalles et vu qu’elles pouvaient réellement devenir un projet pour renforcer la présence du végétal et de la nature dans la ville », soulignait ainsi l’architecte et paysagiste belge juste avant l’ouverture des portes. 

« Au travers de ces travaux, on voulait aussi montrer cette résilience du territoire, liée à sa topographie. En tout cas, on espère que le visiteur comprendra les enjeux de ce paysage et pourra entamer sa propre réflexion sur le futur ». Ces vidéos sont accompagnées de nombreuses expositions entre le premier étage et le rez-de-chaussée : « paysages sonores » pour écouter la métropole, parcours à vélo filmés et commentés, vues du ciel interactives où l’on commande la caméra par des commandes manuelles ressemblant (très) fortement à des pots remplis de verdure, maquettes, parcours du futur BHNS en photos… on vous laisse un peu de surprise mais sachez qu’il y aura de nombreuses choses à voir et plusieurs angles pour les interpréter. Et si vous êtes plutôt d’humeur à faire la fête, on vous conseille la « surprise » aux Bassins à Flots organisée ce vendredi à partir de 20h30 ou ces fêtes style « bal populaire » sur la place Ferdinand Buisson et à Saint-Vincent de Paul, où là encore les arbres et le panorama joueront un rôle important. La nature est en tout cas en rappel constant. Même en sortant du Hangar 14, on la retrouve par le biais d’une sorte d’igloo ovale (dont la forme est un hommage à un célèbre monument italien, on vous laisse trouver lequel). En poussant les rideaux à l’entrée, on trouve une micro-forêt, une sorte d’expérience qui simule le climat de la nature autrichienne : humidité, odeurs et couleurs : tout y est. C’est très curieux et plus complexe qu’il n’y paraît, mais c’est en tout cas une preuve de plus que dans la tête des designers, pour la métropole, tous les voyants sont au vert.

L’info en plus : Pour découvrir le programme complet des dernières manifestations d’Agora ce week-end (23 et 24 septembre), rendez vous sur www.agorabordeaux.fr

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