Un plan mathématiques pour les enseignants périgourdins


Clayde-Hélène Yvard
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Publication PUBLIÉ LE 01/10/2019 PAR Claude-Hélène Yvard

“Faire des enseignants heureux d’enseigner les mathématiques”, tel est un des objectifs du plan national Villani Torossian. Le département de la Dordogne fait figure de moteur dans la mise en oeuvre de ce plan au sein de l’Académie de Bordeaux. Anne Bisagni Faure, rectrice d’académie de la Région Nouvelle-Aquitaine, a visité une classe de CE1-CE2 de l’école primaire de Champcevinel, dans l’agglomération périgourdine, pour se rendre compte sur le terrain de cette mise en oeuvre. Sur le tableau, une série de calculs plus ou moins complexes que doivent essayer de résoudre les écoliers. Ils doivent aussi expliquer comment ils y parviennent. Dans la classe, une fois n’est pas coutume : il y a bien sûr leur maîtresse habituelle, Virginie Adrian et un conseiller pédagogique  en mathématiques.  “Les évaluations menées en CP et en CE1 ont montré qu’il fallait conforter chez les élèves certaines pratiques, notamment sur le calcul mental et sur la résolution des problèmes. Les résultats départementaux sont pourtant conformes au niveau national,” explique Jacques Caillaut, l’inspecteur d’académie de la Dordogne. 
“Et cela passe bien évidemment par de la formation auprès des enseignants. Une formation qui ne se veut pas culpabilisante, mais d’échanges de pratiques et de comparaisons”. Virginie Adrian, bénéficie depuis l’an dernier d’une formation innovante dans le cadre du plan Villani Torossian qui concerne le premier degré. Cette formation, qui se déroule hors classe et en classe, doit l’aider à transmettre autrement les mathématiques à ses élèves. Mardi matin, Roland Mariano, maître formateur, devenu conseiller pédagogique départemental en mathématiques, est intervenu en direct dans la classe. “Le parti pris du plan Villani-Torossian, est de dire qu’au vu des parcours à l’université des professeurs des écoles qui doivent exercer une polyvalence -il y a deux tiers de profils littéraires pour un tiers de profils scientifiques- il peut se comprendre que certains professeurs des écoles, dans l’exercice de leur polyvalence puissent rencontrer quelques préjugés, voire quelques inquiétudes dans leurs capacités à enseigner les mathématiques,” indique Anne Bisagni, la rectrice de l’académie de Bordeaux. “L’objectif, c’est donc plus de confiance, plus d’expertise. Car si l’on a un professeur qui est en confiance avec les mathématiques, il va donner confiance aux élèves” conclut-elle.

160 professeurs formés chaque année

En Dordogne, le plan mis en place dès 2018 dans l’ensemble du département permet de former 160 enseignants par an. Ils reçoivent la visite dans les classes de référents en mathématiques, qui leur dispensent sur place conseils et astuces pour faciliter l’apprentissage de la discipline. “Ce qui est historique explique Anne Bisagni, la rectrice de l’académie de Bordeaux, c’est que ce plan s’adresse aux professeurs; nous ne sommes pas sur un programme pour les élèves. Il se déroule pour une partie dans la classe, et pour l’autre lors de séquences théoriques par groupes de quatre à huit professeurs. Cela leur permet d’être en confiance, de partager avec leurs pairs les difficultés qu’ils peuvent rencontrer”.
Un an après avoir suivi la formation, les enseignants observent déjà des différences dans la façon d’aborder les mathématiques. “Quand le formateur prend notre classe. Nous devenons observateurs, cela nous permet de cibler les élèves qui ont le plus besoin d’être accompagnés, et ceux qui sont davantage en autonomie et capables d’aider leurs camarades. C’est une échange de pratiques tout à fait positive, témoigne Virginie Adrian. Comme plusieurs de ses collègues, elle est en demande de voir “ce qui se passe dans les classes des autres, de partager des expériences, des outils pédagogiques, mais cela prend du temps.” Ouvrir sa classe n’a rien d’une démarche évidente. Mais ce type de pratique pourrait être étendue à l’avenir à d’autres matières.

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